L’amendement voté le 24 mars 2025 par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, visant à supprimer les CESER dans le cadre du projet de loi sur la simplification de la vie économique, est une atteinte frontale à l’intelligence collective et à l’expression démocratique dans les territoires.
À La Réunion, cette décision heurte doublement : elle ignore nos réalités et elle piétine le lien fondamental entre société civile et action publique, indispensable à toute République.
Le CESER de La Réunion est la deuxième assemblée régionale par la loi, mais il est surtout un espace de débat, d’anticipation, de veille citoyenne. C’est là que s’exprime la France du quotidien :
- celle des femmes et des hommes qui créent, accompagnent, éduquent, soignent, entreprennent, s’engagent,
- celle des entreprises, des syndicats, des associations, des citoyens,
- celle qui tient debout la République, jour après jour.
Nous ne défendons pas un statut, nous portons une exigence : que la démocratie économique, sociale et environnementale ait toute sa place dans les décisions qui nous concernent, là où elles se jouent réellement dans nos bassins de vie.
Proposés par leur organisation respective, les membres du CESER sont désignés par le Préfet, ce qui nous confère une indépendance institutionnelle au service de l’intérêt général. Nous travaillons hors des logiques partisanes, avec une exigence de fond, d’écoute et de proposition.
Cette indépendance est une richesse démocratique agissant pour notre territoire et sa population.
Aussi, ce 1er avril, le Premier ministre Francois Bayrou dans son intervention au CESE, a reconnu le rôle essentiel des CESER dans la démocratie territoriale.
En citant explicitement les CESER comme appuis puissants pour organiser un débat national sur l’identité française, il a souligné leur utilité concrète pour faire vivre une démocratie sociale vivante, dans les territoires.
Ce soutien confirme que les CESER sont un levier de cohésion et d’engagement collectif, à l’opposé de l’image technocratique que certains tentent d’imposer.
Nous ne sommes donc pas une charge pour les finances publiques. Nous sommes un levier pour de meilleures politiques.
À moins de 0,1 % du budget régional, le CESER produit des analyses, des préconisations, des alertes qui nourrissent concrètement les décisions publiques et évitent parfois les erreurs coûteuses.
Ce n’est pas de "supprimer les CESER" dont nous avons besoin, mais de faire du CESER un Conseil plus visible, plus relié aux citoyens, plus écouté. Cette suppression serait une erreur stratégique, un appauvrissement du débat, et une fracture de plus dans une démocratie déjà fragilisée.
Le CESER de La Réunion et son bureau appellent les parlementaires, et en particulier les députés de La Réunion à peser par leur choix de vote, afin de garantir une démocratie réelle, vivante et enracinée dans notre région ultramarine pour construire l’avenir.
CESER