Épice incontournable

Safran péi : le produit couleur or se fait (un peu) rare et son prix augmente (un peu)

  • Publié le 9 novembre 2024 à 17:42
  • Actualisé le 10 novembre 2024 à 04:09

Ce week-end prolongé du 9 au 11 novembre 2024, la ville de Saint-Joseph accueille la fête du safran péi (le curcuma pour les puristes). Cette épice aux couleurs d'or est toujours autant plébiscité par les Réunionnais. Cela même si la majorité du curcuma vendu sur l'île est importée. Localement, le produit est victime de la météo et de l'augmentation des prix générées par les difficultés de la filière (Photo : www.imazpress.com)

"Cette année c'est une très mauvaise année", explique Guibert Hoareau, producteur à la Plaine des Grègues (Saint-Joseph). "On essaye de faire avec ce que l'on a", confie France-May Lebreton, productrice. L'agricultrice cultive le curcuma de manière traditionnelle, à l'ancienne, "kom dann tan lontan", dit-elle.

Elle met les difficultés de la filière sur le compte du cyclone Belal et des fortes pluies  du début d'année. "Le cyclone a balayé les terres du coup nous avons moins de rendement", dit-elle.

- Les prix en hausse -

Face à une récolte maussade, les producteurs sont obligés d'augmenter les prix. "Cette année nous allons mettre à 30 euros le kilos contre 25 euros l'année passée", explique Guibert Hoareau.

Le produit péi, cultivés essentiellement à Saint-Joseph et à Saint-Phiippe, est concurrencé par les quelque 80 tonnes importées chaque année d'Inde ou de Madagascar. "Des produits de moins bonne qualité", estime le producteur.

Le curcuma de La Réunion se reconnait par son odeur dans les karis et sa couleur. "Pas besoin de mettre plusieurs cuillères pour avoir le goût", lance l'agriculteur.

Il a aussi bienfaits antioxydants, anti-inflammatoires bien connus.

Plusieurs agriculteurs tentent d'ailleurs de l'exporter vers la l'Hexagone. "Les producteurs commencent à faire du bio et à travailler avec les acheteurs de l'extérieur et pas seulement pour la cuisine", notre Frédéric Vienne, président de la Chambre d'agriculture. "Monsieur Vitry travaille avec un laboratoire cosmétique dans l'Hexagone", cite-t-il en exemple.

- La main-d'œuvre elle aussi se fait rare -

Autre problématique que rencontrent les producteurs de safran, le manque de main-d'œuvre. "J'ai mon fils et une personne de 69 ans qui m'aident mais ce n'est pas suffisant", explique Guibert Hoareau. Selon lui, il lui faudrait "au moins quatre personnes toute l'année sur les champs". "C'est un métier manuel. On commence à mécaniser mais ce n'est pas évident."

France-May Lebreton cultive elle de manière purement traditionnelle. "On enlève de la terre, on laisse poser au sol, après on secoue, puis on apporte au hangar et on nettoie", explique-t-elle. "On lave, on hache à la main, on fait les lamelles qui vont sécher naturellement avant d'être apportées au moulin pour devenir de la poudre", poursuit l'agricultrice.

Un procédé "difficile" qui selon elle "se perd face à la mécanisation".

"Il faut beaucoup de manipulations pour le safran et si autrefois les familles étaient nombreuses et que la main d'œuvre ne manquait pas, aujourd'hui la solidarité est moins importante et moins exprimée", déplore Frédéric Vienne.

- Une filière à l'honneur ce week-end -

En poudre, en vinaigre, en gelée, en huile, en petits rochers à déguster… les Réunionnais pourront venir retrouver le curcuma péi à la Plaine de Grègues à Saint-Joseph lors de la manifestation "Safran en fête".

Au programme également, des animations sportives, touristiques, des concerts, l'élection de Miss Saint-Joseph, le trail du curcuma ou encore le rendez-vous de la troisième jeunesse.

Près de 30.000 visiteurs sont attendus pour l'événement.

Retrouvez le programme ici.

Lire aussi - Casud : des navettes gratuites mise à disposition pour la fête du safran

ma.m/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

guest
0 Commentaires