Dans un communiqué publié ce jeudi 9 janvier 2024, la Région déplore "le désengagement de l’État en matière d’apprentissage", notamment concernant l’aide à l’embauche, qui passe de 6 000 euros à 5 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés et à 2 000 euros dans les autres. La collectivité dénonce une mesure qui risque de "fortement diminuer le nombre de contrats d’apprentissage". Nous publions le communiqué ci-dessous (Photo d'illustration www.imazpress.com)
Depuis la loi du 5 septembre 2018, la gestion de l’apprentissage a été recentralisée au niveau national sous l’autorité de France Compétences dont le rôle est de financer et de réguler l’apprentissage en déterminant les niveaux de prise en charge (NPEC) des contrats d’apprentissage et en finançant les OPCO pour le développement et la promotion de l’alternance.
Toutefois, La Région Réunion déplore le désengagement de l’État en matière d’apprentissage, notamment concernant l’aide à l’embauche, qui passe de 6 000 euros à 5 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés et à 2 000 euros dans les autres.
À cela s’ajoutent deux baisses des niveaux de prise en charge des coûts des contrats (2,7 % en 2022 et 5 % en septembre 2023). Ces différentes mesures vont fortement diminuer le nombre de contrats d’apprentissage à La Réunion ainsi que l’offre de formation de la part des CFA. Cela se traduira par une augmentation du taux de chômage de nos marmailles alors que la formation des jeunes par la voie de l’apprentissage participe à un enjeu primordial pour la croissance économique et pour le développement social du territoire.
Pour les entreprises locales, majoritairement des TPE, cette décision risque de remettre en cause leur prévision d ‘embauche des apprentis ou revoir à la baisse le nombre d’apprentis ; ce qui entraînera des difficultés accrues pour nos jeunes dans la recherche de leur contrat d’apprentissage.
En outre, l’apprentissage concourt plus largement à l’élévation des compétences de nos jeunes, en offrant à ces derniers de réelles perspectives de professionnalisation et d’embauche.
C’est pourquoi la Région Réunion, malgré le retrait de la compétence, a poursuivi son effort en faveur du dispositif.
• Le soutien aux centres de formation d’apprentis :
Le soutien aux centres de formation d’apprentis est une initiative clé pour renforcer l’apprentissage et la formation professionnelle sur le territoire par le financement d’équipements et de technologies les plus adaptés aux entreprises, offrant ainsi un appareil de formation attractif, moderne et innovant.
En 2023, 10 centres de formation d’apprentis (CFA) ont bénéficié d’une aide à leur investissement pour un montant total de 1 558 552 euros. En 2024, c’est un montant de 1 645 000 € qui a été engagé. Par ailleurs, la Région Réunion met à disposition des CFA identifiés, notamment les chambres consulaires (CCIR et CMAR), des bâtiments pour l’accueil des apprenants, afin de permettre aux apprentis d’étudier dans de bonnes conditions, en disposant de locaux adaptés. C’est ainsi qu’elle a financé, en mobilisant le FEDER, la rénovation du CFA Léon Legros (Sainte-Clotilde) pour plus de 30 millions d'euros.
• L’aide à la mobilité :
Dans le but d’ouvrir le champ des possibles aux jeunes réunionnais, la Région a mis en place une aide à la mobilité des apprentis, permettant un stage hors de La Réunion dans le cadre de leur parcours d’apprentissage, en complémentarité avec le dispositif mis en place par les OPCO (et LADOM). En 2023 et 2024, la Région a pris en charge la compensation salariale en faveur des employeurs d’apprentis en mobilité pour 4 CFA, pour un montant de plus de 43 000 euros.
Pour financer ces actions essentielles, la Collectivité perçoit chaque année des dotations versées par France Compétences. Cette dotation évaluée à 5M€ en 2023, a déjà subi une diminution significative de 25%, passant à 4M€ en 2024. Les récentes décisions gouvernementales sur l’aide aux employeurs viennent malheureusement confirmer la trajectoire inquiétante prise en la matière.
Pour information en complément du commentaire de Marie qui confirme que depuis le 30 décembre, ce choix était connu.
Communiqué de presse du Ministère
du Travail, de la Santé, des Solidarités
En 2025, le Gouvernement reconduira par décret une aide pour les employeurs embauchant des apprentis. Elle sera d’un montant de 5 000 € pour l’embauche d’un apprenti au titre de la seule première année du contrat pour les entreprises de moins de 250 salariés et de 2 000 € pour les autres entreprises. En l’absence de décision, l’aide n’aurait concerné que les contrats préparant à des diplômes de niveau bac et infra bac et pour les seules entreprises de moins de 250 salariés, soit moins d’un tiers des contrats.
Par cette décision le Gouvernement choisit de préserver une aide pour chaque contrat, quel que soit le niveau du diplôme préparé.
Elle sera accordée sans autre condition aux entreprises de moins de 250 salariés. Les entreprises de 250 salariés et plus, pour en bénéficier, seront soumises aux mêmes conditions qu’aujourd’hui s’agissant notamment de la proportion de contrats d’alternance dans leur effectif total.
Par ailleurs, le montant de l’aide sera maintenu à 6 000 € pour l’embauche d’apprentis en situation de handicap et ce soutien restera cumulable avec les aides spécifiques qui leurs sont destinées.
Le décret instaurant cette aide sera publié courant janvier 2025 après saisine de la Commission nationale de la négociation collective, de l'emploi et de la formation professionnelle (CNNCEFP).
Selon, la ministre du Travail et de l’Emploi, Astrid Panosyan-Bouvet, « par cette décision, nous poursuivons la valorisation de cette voie d’excellence qui favorise l'insertion professionnelle des jeunes. Nous permettons également aux entreprises de bénéficier des compétences indispensables à leur développement. Cette évolution nécessaire permet de continuer à soutenir l’apprentissage dans l’ensemble des entreprises et plus particulièrement dans celles de moins de 250 salariés, qui emploient aujourd’hui près de 80 % des apprentis. »
Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, a indiqué que « le Président de la République s’est engagé personnellement depuis 2017 en faveur de l’apprentissage. Nous avons atteint récemment un objectif qui semblait encore inatteignable ces dernières années : près d’un million d’apprentis dans notre pays. Cette décision attendue par les acteurs du secteur témoigne de notre volonté de maintenir notre ambition et notre mobilisation en faveur de l’apprentissage. »
Cabinet de la ministre du Travail et de l’Emploi
Cabinet de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles
Le ministère du Travail avait déjà annoncé le 30 décembre dernier que les aides à l'embauche d'apprentis seraient revues à la baisse pour l'année 2025, en fonction de la taille de l'entreprise. Pourquoi Mme Bello monte sur ses chevaux qu'aujourd'hui ? Aussi l'abaissement des aides pour les PEC et APPRENTISSAGE était connu depuis le 30 décembre 2024. Un temps de retard pour une présidente de la région est très grave....voire du grand mépris.
Information à l'intention de Mme Bello présidente de la région
Le coup de rabot avait été annoncé par l'ancien Premier ministre Michel Barnier en octobre 2024. Dans un communiqué publié depuis le lundi 30 décembre 2024, le ministère du travail a officialisé les aides à l'apprentissage aux entreprises.
Je suis désolé Mme Bello, si l'information vous soit connue qu'aujourd'hui, c'est que vous êtes déconnectée de la réalité. Sortir un communiqué alors que cette décision était connue longtemps avant, montre vous incompétence Mme Bello.