Élection présidentielle

Harris ou Trump, l'Amérique à la veille d'un choix historique

  • Publié le 5 novembre 2024 à 02:59
  • Actualisé le 5 novembre 2024 à 09:03

Ce sont les dernières heures d'une campagne haletante pour la Maison Blanche: Kamala Harris et Donald Trump sont sur scène pour leurs ultimes meetings électoraux, à la veille d'un vote aux enjeux cruciaux pour les Etats-Unis et le reste du monde.

Cette présidentielle américaine voit se mesurer deux personnalités radicalement opposées, que près de deux décennies séparent.

D'un côté, l'actuelle vice-présidente démocrate, qui en juillet a remplacé au pied levé le dirigeant vieillissant Joe Biden. Kamala Harris, 60 ans, peut devenir mardi la première femme à diriger la plus grande puissance économique et militaire de la planète.

De l'autre, l'ancien président Donald Trump, 78 ans, auteur d'un retour politique spectaculaire après avoir quitté la Maison Blanche en 2021 dans un contexte chaotique, avoir réchappé à deux procédures de destitution et avoir été condamné en justice.

"Cela fait quatre ans que j'attends ça! Et vous aussi", a lancé lundi le républicain à Reading, lors de l'un de ses derniers meetings en Pennsylvanie.

Il a de nouveau promis de remettre "sur des rails" le pays qui a été "détruit" par les démocrates, notamment en raison de l'immigration incontrôlée selon lui. Les migrants - des "sauvages", des "animaux" - seraient responsables de l'augmentation de la criminalité, a-t-il lâché.

- "Fatiguée des divisions" -

Emaillée de coups de théâtre inimaginables, au premier rang desquels deux tentatives d'assassinat visant Donald Trump, cette campagne a aussi été marquée par toutes les surenchères dans un pays fracturé.

Chacun des deux rivaux se dit confiant dans sa victoire. Mais, en réalité, la compétition est tellement serrée que quelques dizaines de milliers de voix seulement pourraient décider de l'issue du scrutin. Les suffrages les plus précieux sont à arracher dans sept Etats dits pivots, que les deux prétendants à la Maison Blanche sillonnent sans arrêt depuis des semaines.

Les Etats-Unis, pays fédéral, ont en effet un système de suffrage universel indirect, couronnant le candidat qui parvient à rassembler une majorité des 538 grands électeurs, soit au moins 270.

C'est donc logiquement en Pennsylvanie, qui offre le plus de grands électeurs de ces "swing states", que Kamala Harris et Donald Trump jettent leurs dernières forces.

Electrice de cet Etat, Yvonne Tinsley s'est déplacée pour voir la vice-présidente, disant rêver d'"un retour à la normale".

"Je sais que Kamala ne va pas tout changer, mais je sais qu'elle sera au moins capable de remettre les choses sur la bonne voie", raconte à l'AFP cette comptable de 35 ans "fatiguée de toutes ces divisions".

Dans la soirée, la vice-présidente, ancienne procureure puis sénatrice de Californie, née d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, devrait recevoir sur scène le soutien d'Oprah Winfrey, Lady Gaga et Ricky Martin.

Lundi, la mégastar Taylor Swift, qui soutient Kamala Harris, a fait un rappel "extrêmement important" à ses 283 millions d'abonnés sur Instagram pour leur dire d'aller voter.

- "Signe de faiblesse" -

Donald Trump a encore alimenté les tensions d'un pays à cran en commençant à remettre en question l'intégrité des opérations de vote. L'équipe de campagne de Kamala Harris a déclaré lundi "s'attendre" à ce que le républicain se déclare vainqueur de façon prématurée, comme il l'avait fait en 2020.

Y voyant un "signe de faiblesse et de peur de perdre", Ian Sams, porte-parole de la démocrate, a prévenu: "Cela ne marchera pas."

L'ancien magnat de l'immobilier qui qualifie ses adversaires d'"ennemis de l'intérieur" est un "fasciste" animé par la vengeance et sa soif de "pouvoir sans limites" martèlent les démocrates.

Mais dans ces meetings, les trumpistes ne sont pas rebutés par sa rhétorique de plus en plus acide.

Ethan Wells, employé d'un restaurant et âgé de 19 ans, confie son enthousiasme: "Quand Trump était président, personne ne déconnait avec l'Amérique", justifie-t-il.

Près de 80 millions d'Américains, dont Kamala Harris, ont déjà voté de façon anticipée, sur 244 millions d'électeurs. Son rival devrait lui voter en personne mardi près de sa résidence en Floride.

La suite reste la grande inconnue. Les deux camps ont d'ores et déjà engagé des dizaines d'actions en justice, tandis que deux Américains sur trois redoutent une éruption de violence après le vote.

Donald Trump n'a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020, après laquelle ses partisans avaient pris d'assaut le Capitole le 6 janvier 2021.

Au moins trois Etats, celui de Washington, le Nevada et l'Oregon, ont mobilisé les réservistes de la Garde nationale. Ailleurs dans le pays, certains bureaux de vote seront surveillés par drones et des tireurs d'élite sur les toits. Dans la capitale fédérale, des barrières métalliques sont érigées autour de la Maison Blanche, du Capitole et d'autres sites sensibles.

AFP

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1 Commentaires
Francis Benveniste
Francis Benveniste
4 mois

Il ne s'agit pas d'un choix historique, mais simplement d'un vote quinquennal.
Ce n'est même pas la première fois qu'une femme se présente, mais tiens, admettons que la mère Haris l'emporte : serait-ce la victoire d'une femme ? Accessoirement, oui. Mais ce serait surtout la victoire du Democratic Party. On devrait se foutre du genre d'un représentant, de sa religion, de sa couleur et surtout de son parti. On voudrait juste qu'il fasse son boulot.
Les USA n'ont de choix qu'entre voter pour le parti républicain ou pour le parti démocrate. Les bidouilles électorales (découpage, grands électeurs, caucus etc.), ne sont pas pires que les nôtres et le résultat est le même : à la louche 50% des votants s'en sortent frustrés et 50% n'a gagné que le droit de rejouer. 1 sur 2, "divide et impera", diviser pour mieux régner. Comme chez nous. La forme difèrre mais le resultat est là. In fine, pas grand chose ne changera, la haute finance, la grande industrie, les multinationales vont continuer d'arroser sénateurs, gouverneurs et autres ministres via leurs armées de lobbyistes. Des conflits éteints par ici seront allumés par là grâce aux marchands de canons qui sèment haine et discorde comme on plante du blé. Comme chez nous.
Tout cela n'a rien d'historique, ce n'est que la même pantalonnade politique qui se répète depuis qu'on vote con. Que reste-t-il de ce droit de vote arraché de haute lutte par nos ayeux, quand les trafiquants de voix nous forcent à voter pour les pantins qui ont montré patte blanche aux grands du monde ?
Bref, tant qu'existeront lobbyisme et partis, rien ne changera, chaque élu ne servant que les intérêts de son parti, au détriment de ceux de son pays. Non, vraiment, je ne vois rien d'historique là-dedans.