[VIDÉO] L'ambassadeur convoqué par le Quai d'Orsay

Israël : l'arrestation de deux gendarmes français à Jérusalem provoque un incident diplomatique

  • Publié le 8 novembre 2024 à 09:11
  • Actualisé le 8 novembre 2024 à 09:14

La France va convoquer "dans les prochains jours" l'ambassadeur d'Israël à Paris pour protester contre l'entrée de la police israélienne "armée" et "sans autorisation" dans un domaine national français à Jérusalem, l'Éléona, que le chef de la diplomatie française s'apprêtait à visiter jeudi 7 novembre.

Jean-Noël Barrot a dénoncé une "situation inacceptable" et refusé de pénétrer dans l'Éléona, un site de pèlerinage appartenant au domaine national français en Terre sainte, alors que la police israélienne a arrêté deux gendarmes français sur place, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Je ne vais pas entrer [...] aujourd'hui, parce que les forces de sécurité israéliennes y sont entrées de manière armée, sans obtenir auparavant l'autorisation de la France et sans accepter d'en sortir", a-t-il affirmé devant la presse.

"Cette atteinte à l'intégrité d'un domaine placé sous la responsabilité de la France est de nature à fragiliser les liens que j'étais pourtant venu cultiver avec Israël, dans un moment où nous avons tous besoin de faire progresser la région sur le chemin de la paix", a-t-il souligné.

De son côté, la diplomatie israélienne a assuré que les questions de sécurité avaient été "clarifiées" à l'avance avec l'ambassade de France à Tel-Aviv.

La présence de personnels de sécurité israéliens avait pour "objectif de garantir [la] sécurité" de Jean-Noël Barrot, a assuré le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Une affirmation démentie par des sources diplomatiques françaises qui affirment qu'"à de nombreuses reprises en amont de la visite" il avait été indiqué "qu'aucune sécurité armée israélienne ne serait autorisée sur le site".

- Incident avec la police israélienne -

Juste après le départ du ministre, un nouvel incident a impliqué des policiers israéliens en uniforme et deux gendarmes français en civil, a constaté la journaliste de l'AFP.

Lors d'un échange très tendu, les policiers israéliens ont empoigné l'un des gendarmes en le jetant au sol avant de l'emmener dans une voiture de police. Le gendarme, qui s'était identifié, a hurlé plusieurs fois : "Ne me touche pas !"

Les deux gendarmes ont été ensuite relâchés, un responsable de la police expliquant qu'ils n'étaient pas en uniforme et qu'ils n'avaient pas montré leur carte diplomatique.

"Ils savent que nous travaillons au consulat général de France", lui a répondu l'un des deux agents du consulat en désignant les policiers qui l'avaient interpellé.

La police israélienne a affirmé dans un communiqué que "deux individus, au départ non identifiés" avaient "refusé l'entrée du site aux agents israéliens chargés de la sécurité du ministre".

Les sources diplomatiques françaises ont quant à elles fustigé "les allégations mensongères diffusées par les autorités israéliennes".

- Quatre domaines nationaux français -

L'Éléona, au sein duquel se trouve un monastère bénédictin, est situé sur le mont des Oliviers, à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël depuis 1967.

Construit sur la grotte dite "du Pater", où le Christ aurait enseigné la prière du Pater à ses disciples, il fait partie des quatre domaines nationaux français à et près de Jérusalem, avec le Tombeau des rois, la Basilique Sainte-Anne et l'ancienne commanderie croisée d'Abou Gosh avec leurs églises romanes.

"Le domaine de l'Éléona [...] est un domaine qui non seulement appartient à la France depuis plus de 150 ans, mais dont la France assure la sécurité, l'entretien avec énormément de soins", a affirmé le ministre. "L'intégrité des quatre domaines dont la France a la responsabilité ici à Jérusalem doit être respectée", a-t-il insisté.

Le 22 janvier 20202, la visite du président français Emmanuel Macron avait également été marquée par une bousculade devant la basilique Sainte-Anne. Le président avait lancé en anglais à un policier israélien "I don't like what you did in front of me" ("Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi").

L'incident le plus connu reste celui de 1996, quand le président Jacques Chirac s'était aussi emporté contre des soldats israéliens qui l'encadraient de trop près en lançant "Do you want me to go back to my plane ?" ("Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion ?"), avant d'exiger que les militaires sortent du domaine de Sainte-Anne.

AFP

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2 Commentaires
pouet
pouet
4 mois

ben? depuis quand on se permet de critiquer israel? Il faut appeler la licra, et porter plainte contre Macron (mdr, lui qui veut rendre toutes critique de ce "shithole country" condamnable ça serait drôle). Quel monde de débiles, tout ça grâce à nos amis les croyants, quels qu'ils soient: cathomusulmansprotestantsbouddhistetamouletc, on devrait tous les mettre dans des arènes et fermer les portes, le QI international ferait un bon gigantesque et on pourrait enfin parler de civilisation...

Indignation à 2 vitesses
Indignation à 2 vitesses
4 mois

Ils vont arrêter de leur vendre des armes alors?