Harcèlement scolaire 

Un enfant sur huit harcelé à l'école : derrière ce chiffre, une bien triste réalité

  • Publié le 10 novembre 2022 à 09:58

Ce jeudi 10 novembre 2022, marque la journée de lutte contre le harcèlement scolaire. À La Réunion, on estime qu'un enfant sur huit en serait victime. Un chiffre malheureusement bien loin de la réalité, d'après les associations. Derrière ce nombre, se cachent d’autres familles, d’autres enfants qui n’osent pas en parler. Et pourtant ces enfants sont victimes et doivent être protégés. (Photo photo RB imazpress )

Jessy Yongpen de l’association Écoute-moi, protège-moi, aide-moi voit passer des enfants chaque jour. Des enfants, des victimes touchées par le harcèlement scolaire. Elle évoque le cas d’une jeune ado de lycée que les parents ont mis en sécurité parce que sa vie était en danger, d'après ces derniers. « Comment on arrive à ce genre de situation ? » s’insurge-t-elle.

Cette jeune femme, n’est malheureusement pas la seule.

Derrière ces témoignages sur Mee Too Harcèlement scolaire 974, il y a des enfants, filles, garçons, que l’association prend en charge à l’aide de professionnels.

- Le harcèlement, un problème bien plus complexe -

Quand elle entend parler du chiffre du Rectorat d’un enfant sur huit, elle est scandalisée. « C’est un chiffre complètement dérisoire, en-deçà des réalités de terrain », indique Jessy Yongpen. « On a des enfants et des familles qui arrivent en masse. »

Le harcèlement ce n’est pas seulement à l’école, c’est aussi sur les réseaux sociaux. "Ce sont des violences psychologiques, physiques sur l’enfant qui ne doivent pas être prises à la légère, qui doivent être entendues et prises en charge" insiste-t-elle.

Pour l’association Écoute-moi, protège-moi, aide-moi, « il faut sensibiliser dès tout petit ». L’association travaille d’ailleurs avec le Département sur un contenu pédagogique pour les petits. « On veut s’adresser aux moyennes et grandes sections, aux enfants de primaire. » Car oui, le harcèlement peut commencer dès la maternelle. « On a des cas d’enfants qui rentrent avec des vêtements déchirés, des coups de crayon », précise Jessy Yongpen.

« On met la gomme sur le collège et les lycées mais à ce niveau ce sont des piqûres de rappel, alors que tout petit c’est de la prévention et de la sensibilisation. Il faut faire de la prévention pour que ça ne s’aggrave pas », dit-elle.

L’association a également signé une convention avec la Police pour mettre l’accent sur la prévention dans les établissements scolaires. « On veut faire de l’intervention groupée pour toucher le maximum d’enfants. »

- La Réunion manque de moyen -

L’association Écoute-moi, protège-moi, aide-moi estime que les moyens ne sont pas suffisants. « Quand on a un psychologue pour cinq établissements, on marche sur la tête », souligne Jessy Yongpen. « Si les enfants ont des problèmes, combien de temps pour qu’ils soient entendus ? », s'interroge-t-elle.

Mais alors, que faire ? « Les parents doivent prévenir par écrit le directeur de l’établissement scolaire qui est responsable de la sécurité du bien-être et la protection des enfants qui se trouvent au sein de son établissement », explique l’association.

Dans les cas plus graves, faire constater chez un médecin l’état psychologique de l’enfant ( qui justifie de ses absences à l’école et qui justifie la situation de harcèlement) et faire constater s’il y a les traces sur l’enfant pour un dépôt de plainte, sont des pistes possibles.

A norer queue le harcèlement est un délit répréhensible par la justice. « Généralement les parents, souvent dans le déni, sont auditionnés et ça calme majoritairement le harcèlement », précise Jessy.

- Prévenir et accompagner -

Différentes actions sont mises en avant pour prévenir dès l’école, ou encore offrir une aide juridique et psychologique aux victimes. Près de 700.000 enfants sont victimes de harcèlement scolaire chaque année en France, soit 5 à 6 % des jeunes au total.

À la rentrée 2021, l’Éducation nationale a lancé le plan de prévention pHARe, qui propose des formations pour lutter contre le harcèlement à l’école, pour les élèves et les parents. Le programme de lutte contre le harcèlement à l'école est déployé depuis un an dans les collèges publics de l'Académie. Il est étendu depuis la rentrée dans les écoles élémentaires. 100% des collèges de l'académie sont dans une démarche de labellisation de ce programme qui combine plusieurs dispositifs et outils pour prévenir le harcèlement et pour intervenir lorsqu'un cas est signalé, et prévoir plusieurs actions à mettre en place tout au long de l'année scolaire.

Près de 550 personnels adultes ont bénéficié de quatre jours de formation l'année dernière et bénéficieront à nouveau de quatre jours de formation cette année. Ils peuvent ainsi répondre à toutes les situations qui sont signalées et proposer des actions pour faire cesser le harcèlement. Des élèves ambassadeurs sont présents dans chaque établissement pour prévenir le harcèlement.

10 heures annuelles d'apprentissage consacrées à la prévention du harcèlement et au développement des compétences psychosociales sont également programmées pour tous les élèves du CP à la troisième.

Enfin, pour les cas qui ne trouvent pas de solution satisfaisante pour la famille, la référente académique est chargée de suivre les situations de harcèlement qui lui sont signalées, en lien avec les établissements.

La journée nationale contre la harcèlement scolaire est également l'occasion de mieux faire connaître les numéros gratuits et dédiés existants : le 3020 pour les situations de harcèlement entre élèves et le 3018 pour les situations de cyberharcèlement.

https://www.youtube.com/watch?v=gFWq2W0Jly8

Le harcèlement scolaire ce n’est pas seulement ce 10 novembre qu’il faut en parler. Des victimes, il y en a tous les jours. Derrière les anonymes, il y a des situations dramatiques qu’on l’on a trop souvent tendance à minimiser.

ma.m/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

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