Célébration de l'abolition de l'esclavage

20 Désanm : il y a encore tant de libertés à conquérir

  • Publié le 20 décembre 2023 à 15:50
  • Actualisé le 20 décembre 2023 à 16:02

Ce mercredi 20 décembre 2023, La Réunion célèbre le 175ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage, six mois après ses compatriotes d'Outre-mer qui eux l'ont célébré en mai. Une date capitale dans l'histoire des territoires ultra-marins, mais qui résonne particulièrement cette année alors que de nombreux peuples à travers la planète se battent toujours pour leur droit à exister et à vivre dignement (Photo rb/www.imazpress.com)

De la Palestine à la République du Congo, de la Libye au Soudan, de l'Iran à l'Afghanistan, les peuples continuent d'être réprimés, oppressés, exploités et massacrés par leurs dirigeants ou leurs voisins.

Depuis plus de deux mois désormais, le monde assiste dans un silence assourdissant au massacre de populations civiles dans la bande de Gaza mais aussi en Cisjordanie. Près de 20.000 personnes, dont 5.000 enfants, tuées pour les punir d'un massacre qu'ils n'ont pas perpétré.

Depuis deux mois, certains essaient de justifier ce que la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) qualifie de génocide, aveuglés par un désir de vengeance face aux exactions du Hamas. Oubliant sciemment les 75 ans de colonisation et d'exactions réciproques qui ont précédées l'attaque du 7 octobre.

Non loin d'Israël et de la bande de Gaza, sur le continent africain, ce sont 5,6 millions de personnes qui ont été chassées de leur foyer au Soudan sur fond de "guerre des généraux". Des massacres, débutés en avril 2023, ont déjà causé la mort de 9.000 personnes ciblées en raison de leur ethnie. Un "des pires cauchemars humanitaires de l'histoire", d'après le secrétaire général de l'Onu.

- Travail forcé et ressources naturelles -

Un peu plus au sud, les pillages des ressources naturelles de la République du Congo provoque une myriade de crimes contre l'humanité : travail forcé d'enfants, viols de masse, massacres…

Depuis plus de 30 ans la population est soumise aux différents conflits, pour la plupart motivés par les richesses naturelles présentes sur le territoire – 80% des réserves mondiales de coltan (utilisé pour les smartphones) s'y trouvent. 6 millions de personnes ont été tuées sur cette période, sans que grand monde ne s'en émeuve.

La situation des Ouïghours ne s'est toujours pas améliorée, malgré les tentatives de diverses associations humanitaires à mettre en lumière le travail forcé et les crimes contre l'humanité auquel ils sont assujettis.

Détentions arbitraires de masse, actes de torture, disparitions forcées, surveillance de masse, persécution culturelle et religieuse, séparation de familles, travail forcé, violences sexuelles et atteintes aux droits reproductifs : les exactions recensées par les associations humanitaires sont nombreuses. Et la Chine, qui nie toujours tout crime contre ces populations, ne semble pas vouloir évoluer.

- Les femmes, grandes oubliées mais grandes victimes -

Les femmes, grandes oubliées parmi les victimes des conflits, se battent toujours pour leur liberté un peu partout dans le monde. Les attaques contre leurs droits sont incessantes, notamment quand il s'agit de contrôler leur corps.

En Iran aujourd'hui, elles risquent toujours de mourir pour un voile mal porté. La peine est double si elles ont le malheur d'appartenir à une minorité ethnique, à l'image de Mahsa Jina Amini, tuée en 2022, et Armita Garawand, tuée en octobre 2023, par la police des mœurs, toutes deux d'origines kurdes iraniennes.

En Afghanistan, depuis le retour des Talibans au pouvoir en 2021, les femmes ont été reléguées au statut de citoyennes de seconde zone. Interdites de travailler, confinées chez elles, certaines se suicident de désespoir. Les jeunes filles y sont vendues tant la famine ravage certaines familles.

Cette liste pourrait continuer encore longtemps : massacres contre des Arméniens au Haut-Karabagh, mise en esclavage de migrants subsahariens en Libye, 46,6 millions de personnes à travers le monde vivant en situation d'esclavage moderne, 160 millions d'enfants concernés par le travail dont la moitié dans les formes les plus dangereuses…La liberté des peuples n'est pas et n'a jamais été acquise.

Albert Camus écrivant dans la Peste, "ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu'il y aura des fléaux". Peut-être est-ce l'occasion de s'en rappeler.

La rédaction d'Imaz Press Réunion / redac@ipreunion.com

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4 Commentaires
Alain
Alain
2 mois

Érythrée? Ethiopie?

Eve
Eve
2 mois

Ou est la liberté , la liberté de quoi faire ? On est plus esclave des chaînes mais plus encore des esclaves des gens qui nous gouverne qui font les lois pour nous mais ne s applique pas à eux .

Ded
Ded
2 mois

Rien à rajouter , hélas!
Le monde est devenu fou ( en fait , il l'est depuis que l'homme a inventé les armes et que certains se sont crus supérieurs à d'autres , et ça , c'est malheureusement encore le cas dans la plupart des pays y compris ceux qui se disent des démocraties!

Romuald
Romuald
2 mois

Avant 1848, esclaves des gros blancs esclavagistes, et depuis... esclaves du patronat !
Le combat n'est pas terminé !