Quatre ans après l'assassinat du professeur d’histoire-géo Samuel Paty, le procès des complices présumés du terroriste s’est ouvert à la cour d’assises spéciale de Paris le 4 novembre. Sur le banc des accusés, un Réunionnais aujourd'hui âgé de 22 ans, Louqmane Ingar (Photo d'illustration AFP)
Né à Saint-Denis et étudiant-infirmier à Paris à l'époque des faits, Louqmane Ingar est accusé d’avoir administré et "participé activement" au même groupe Snapchat qu’Ismaïl Gamaev, un co-accusé originaire de Russie. Ce dernier est, lui aussi, mis en examen dans ce dossier
Louqmane Ingar envisageait, selon l’accusation, de quitter la France pour rejoindre l’Afghanistan ou la Syrie "dans les rangs d’une organisation terroriste". Il a passé un an en détention provisoire avant d’être placé sous contrôle judiciaire le 10 novembre 2021.
Pour rappel, avant sa mort, Samuel Paty, 47 ans, professeur du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a été la cible d’une intense campagne de cyberharcèlement.
À l’origine, il y a le mensonge d’une élève de 13 ans accusant à tort le professeur Paty de discrimination envers les musulmans. En réalité, elle n’avait pas assisté au cours d’histoire-géographie et son mensonge, repris massivement sur les réseaux sociaux par des adultes peu scrupuleux, a conduit à la "mise à mort", selon les mots du Parquet national antiterroriste (Pnat), de Samuel Paty.
La jeune fille et cinq autres ex-collégiens ont été condamnés l’automne dernier à des peines allant de 14 mois avec sursis à deux ans dont six mois ferme à l’issue d’un procès à huis clos devant le tribunal pour enfants.
Le procès sera aussi l’occasion d’évoquer Samuel Paty, un homme "esseulé, apeuré, aux abois", selon les magistrats instructeurs. "Je suis menacé par des islamistes locaux", écrit-il à ses collègues le 10 octobre 2020, quatre jours après son cours sur la liberté d’expression.
Triste symbole du sentiment d’insécurité qui l’habitait, un dérisoire marteau a été découvert dans son sac à dos après son assassinat. Le procès est prévu jusqu’au 20 décembre.
www.imazpress.com avec l'AFP
Un sentiment d'insécurité ?
C'est une blague ?