Après plus de trois semaines

Dekra Réunion : une fin de grève sous contraintes pour les travailleurs

  • Publié le 19 septembre 2024 à 18:55
  • Actualisé le 19 septembre 2024 à 21:26

Ce jeudi 19 septembre 2024, après plus de trois semaines de grève pour les salariés de Dekra Réunion : l'heure est à la fin des mouvements. Une fin de grève qui se fait sous contraintes. Le collectif d'un commun accord a décidé d'arrêter le mouvement de grève pour des raisons économiques mais surtout "parce que le patron nous a menacé de baisser la PPV si on ne reprenait pas d'ici mercredi". Une réaction qui laisse un goût amer aux employés devant reprendre du service (Photo : sly/www.imazpress.com)

C'est une déception pour la soixantaine d'employés de Dekra Réunion : ils ont été contraints de mettre un terme à leur grève. 

Après plus de trois semaines de lutte pour rééquilibrage salarial et une prime d'ancienneté, aucun de ces deux points n'a été accepté par la direction de l'entreprise. Les employés qui avaient jusque-là, obtenu de la direction de meilleures conditions de travail ainsi qu'une revalorisation de la PPV à hauteur de 1.200 euros, aurait eu droit à des menaces, selon leurs dires.

Lire aussi - Dekra Réunion : aucun accord entre employés et employeurs après trois semaines de grève

Ibrahim Zakaryah, trésorier de Dekra automobiles Réunion et délégué syndical de la CFDT explique : "le patron nous a menacé de baisser la prime de partage de valeur (PPV) si on ne reprenait pas d'ici mercredi et passer d'une revalorisation de 1.200 euros à 950 euros c'est clairement impensable". Il ajoute : "c'est pour ça qu'avec l'ensemble des grévistes nous avons pris la décision de mettre fin à ce mouvement sans pour autant avoir obtenu gain de cause". 

Le délégué syndical confie : "même si les salariés étaient prêts à continuer de militer, il fallait aussi y mettre un terme pour des raisons économiques. Même si bon nombre d'entre eux avaient le soutien de leurs partenaires, les employés ont pour la plupart des familles à charge". "On a réussi à obtenir l'étalement des jours de grève sur les deux mois pour permettre à chacun de ne pas finir dans le négatif à la fin du mois car la revalorisation obtenue pendant cette grève couvrirait à peine la perte des jours non-travaillés", explique ce dernier. "Ce mois-ci on nous retire deux semaines de grève quant au mois d'octobre on nous enlèvera une semaine et trois jours pour essayer de repartir financièrement". 

Mais même sur les accords trouvés entre la direction et les employés, des modifications ont été apportées : "La prime exceptionnelle de 22.000 euros qui sera versée ce mois-ci sera divisée en 52 salariés, ce qui fait environ 400 euros par salarié. Mais la PPV de 1.200 euros qui devait être versée au mois d'octobre ne le sera pas avant le mois de novembre, c'était la condition du patron". Une situation aberrante pour les employés qui devront se serrer la ceinture en octobre avec leur une semaine et trois jours retirés sur le mois. 

Le trésorier reconnaît : "nous avons tiré une bonne leçon de tout ça et nous attendons la prochaine négociation annuelle obligatoire (NAO) prévue en début 2025 pour faire valoir notre point de vue".  

cn/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

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1 Commentaires
Pierrot 974
Pierrot 974
6 mois

Les patrons préféreront toujours perdre un pognon de dingue, plutôt que lâcher une miette à leurs salariés, même si ce sont bien ces salariés qui travaillent, créent la richesse et les engraissent.
Félicitations aux grévistes pour leur détermination exemplaire.