En visite à La Réunion pour 24 heures, Léon Bertrand, le ministre délégué au Tourisme, a rencontré ce lundi 20 février 2006, les différents partenaires de ce secteur économique particuliÚrement touché par la contre-publicité due au chikungunya. Il a annoncé la mise en place d'un fonds de compensation pour les entreprises en difficulté du secteur, la prise en charge des mises en chÎmage partiel à suite de la baisse d'activité ainsi que des reports d'échéances fiscales, sociales et bancaires.
Le fonds de compensation servira Ă subventionner les entreprises frappĂ©es par une baisse d'activitĂ©. Son montant sera annoncĂ© par François Baroin, ministre de l'outremer qui sera en visite dans l'Ăźle ce mercredi. Mais d'ores et dĂ©jĂ LĂ©on Bertrand soulignait "les dossiers de demandes d'aides seront instruits rapidement et l'argent sera vite dĂ©bloquĂ©". Il ajoutait: "il n'est pas question de laisser le secteur touristique s'effondrer. Des mesures d'urgence de soutien Ă©conomique vont ĂȘtre prises". Ă moyen terme, "nous assurerons la survie des entreprises et nous relancerons des grandes campagnes de promotion de l'image de La RĂ©union" indiquait-il alors qu'il visitait l'hĂŽtel les CrĂ©oles Ă Saint-Gilles (Ouest).1,5 million d'euros de perte
L'établissement hÎtelier, inclus dans un groupe comprenant également les Villas du Récif et les Villas du Lagon à Saint-Gilles, a déposé un dossier de chÎmage partiel. "En quelques mois, sur les trois hÎtels nous avons enregistré une baisse d'activité de 30 à 40% ce qui représente une perte d'environ 1,5 million d'euros" indiquait Olivier Roussellier, directeur des trois hÎtels. "Tous les jours, nous perdons entre 2 et 3 points d'occupation et en plus des annulations, nous n'avons presque plus de réservations" ajoutait-il. Les réservations des touristes locaux devraient légÚrement infléchir cette tendance lors des vacances scolaires de mars prochain, "bien sûr nous pratiquerons alors des tarifs attractifs pour ces clients résidants l'ßle", mais cela ne suffira pas à remonter la pente, notait Olivier Roussellier. "Nous attendons un accompagnement pour sortir de la crise. Nous pouvons le faire si nous sommes aidés" disait-il.
"Pas des mendiants"
Pierre Cadene, vice-prĂ©sident de l'association des professionnels de la mer et gĂ©rant d'un club de plongĂ©e, tenait sensiblement le mĂȘme langage au ministre. "Nos carnets de rĂ©servations sont vides. Actuellement le personnel est uniquement affectĂ© Ă la maintenance des bateaux et du matĂ©riel. Nous dirigeons vers 60 Ă 70% de perte d'activitĂ©. Nous ne pourrons pas tenir longtemps. Nous ne sommes pas des mendiants. Tous autant de nous sommes, employĂ©s et chefs d'entreprise, nous voulons travailler, mais il faut nous aider" expliquait-il.
Quant Ă Franck Foucques, gĂ©rant d'un gĂźte Ă Boucan Canot, il remarquait: "nous avons engagĂ© de lourds investissements. Nous n'allons pas pouvoir les amortir puisque nous enregistrons une perte d'activitĂ© de plus de 30% les deux premiers mois de l'annĂ©e et toutes nos rĂ©servations ont Ă©tĂ© annulĂ©es" disait-il. Pour le moment 4 des 2 bungalows sont occupĂ©s. Les clients sont dans la piscine. "On est mieux ici au soleil que chez nous dans le froid Ă Grenoble" remarquait l'une des touristes. "Vous avez tous raison d'ĂȘtre venus. Je compte sĂ»r vous pour dire que l'on ne craint rien Ă La RĂ©union et qu'il faut y venir" rĂ©pondait LĂ©on Bertrand.
"La réalité des choses "
C'est aussi le langage qu'il tiendra mardi à Paris lorsqu'il rencontrera avec Jocelyne Lauret, présidente du comité du tourisme de La Réunion (CTR), le syndicat des tours operators et celui des agents de voyages. "On ne peut pas leur reprocher de ne pas conseiller La Réunion à leurs clients, ils ne sont pas véritablement informés. Nous allons leur dire la réalité des choses, leur expliquer que la destination Réunion n'est pas risquée et qu'il ne faut absolument pas la rayer des catalogues" notait le ministre. Jocelyne Lauret était visiblement satisfaite. "Avec la prise en charge du chÎmage partiel et la mise en place d'un fonds de compensation, nous avons fait un pas important pour venir en aide au secteur" estimait-elle.
Rappelons que, conséquences des annulations et des non-réservations pour les prochaines semaines, le secteur touristique a enregistré une perte globale de son chiffre d'affaires de 10 millions d'euros en quelques mois.
Léon Bertrand a quitté l'ßle en fin d'aprÚs-midi pour Mayotte. Il y a rencontré les professionnels du tourisme. Il s'est envolé pour Paris en début de soirée.
