AprĂšs le cyclone

Garance : plusieurs dispositifs d'accompagnement psychologique mis en place

  • PubliĂ© le 17 mars 2025 Ă  02:59
  • ActualisĂ© le 17 mars 2025 Ă  08:48
Cyclone Garance et la Grande Chaloupe

Presque 15 jours aprÚs Garance, les sinistrés se relÚvent petit à petit du passage de ce violent cyclone sur La Réunion. Un événement qui a laissé des traces bien au-delà des dégùts matériels. Pour beaucoup de personnes, cette épreuve psychologique a été marquée par la peur, le stress et l'angoisse de la perte. Face à cette détresse, plusieurs institutions ont mis en place des dispositifs d'écoute et d'accompagnement (Photo : www.imazpress.com)

Le vendredi 28 fĂ©vrier 2025, dans plusieurs foyers, le cyclone Garance a semĂ© la terreur. À Saint-AndrĂ©, une famille raconte comment elle a dĂ» se rĂ©fugier Ă  cinq dans une buanderie, alors que le vent menaçait d'arracher leur toit. "Le cyclone est entrĂ© dans la maison. Mon mari tenait la façade pour Ă©viter qu'elle ne s'effondre. On a cru qu'on allait mourir", confie la mĂšre de famille, encore sous le choc. Aujourd'hui, elle et son mari sont en arrĂȘt de travail, incapables de reprendre une vie normale aprĂšs cet Ă©pisode cyclonique.

Erick Fontaine, administrateur de la ConfĂ©dĂ©ration nationale du logement (CNL) rapporte des tĂ©moignages poignants : "Certains me supplient de leur trouver un logement, ils ont peur de rester chez eux. Un enfant de 7 ans m’a dit : ‘Mon logement est cassé’. Les gens ont frĂŽlĂ© la mort et ils dĂ©plorent le manque d'Ă©coute". Selon lui, de nombreuses personnes ne sont mĂȘme pas informĂ©es de l’existence des dispositifs d’accompagnement psychologique.

Pourtant, des dispositifs existent bel et bien. Pour tenter de répondre à cette détresse, plusieurs structures ont renforcé leurs services d'écoute et de prise en charge psychologique. 

- Une cellule psychologique mise en place par l'ARS -

L’Agence RĂ©gionale de SantĂ© (ARS) et la Cellule d’urgence mĂ©dico-psychologique (CUMP) ont dĂ©ployĂ© un dispositif spĂ©cifique pour les sinistrĂ©s. Arnaud Pouly, directeur de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidaritĂ©s (DEETS), insiste sur l’importance de se tourner vers ces professionnels spĂ©cialisĂ©s pour ceux qui ressentent un besoin d’accompagnement.

La CUMP OcĂ©an Indien a ainsi Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e par le CHU, siĂšge du SAMU, le 28 fĂ©vrier dernier. Afin de ne pas saturer le dispositif et pour permettre une rĂ©ponse efficiente aux besoins de la population, ce numĂ©ro est disponible uniquement pour les personnes impactĂ©es psychiquement suite au passage du cyclone Garance. "En cas de demande directe d’un patient via un appel au SAMU, la CUMP zonale est mobilisable via le 0262 74 32 75, disponible du lundi au vendredi de 08h30 Ă  16h00", prĂ©cise l'ARS.

Une Ă©quipe mobile mĂ©dico-psychologique est Ă©galement amenĂ©e à se dĂ©placer au sein des communes les plus impactĂ©es pour organiser des prises en charge en prĂ©sentiel et faciliter l’accĂšs aux soins pour la population.

- L'éducation nationale à l'écoute des élÚves et du personnel -

Du cĂŽtĂ© du rectorat, un questionnaire a Ă©tĂ© envoyĂ© aux 22.000 personnels de l’AcadĂ©mie dĂšs le vendredi suivant le cyclone pour recenser leurs besoins. Parmi les 3.250 rĂ©ponses reçues, 150 personnes ont demandĂ© Ă  ĂȘtre contactĂ©es, et 20 ont exprimĂ© un besoin d’accompagnement psychologique. Des assistants sociaux et des cellules d’écoute ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s pour les accompagner.

Concernant les Ă©lĂšves, les Ă©coles ont Ă©tĂ© encouragĂ©es Ă  dĂ©dier un temps d’échange libre en classe dĂšs la reprise des cours ce lundi, afin d’aider les jeunes Ă  verbaliser leurs Ă©motions et d’identifier les enfants en dĂ©tresse. "Si certains Ă©lĂšves expriment le besoin d'un suivi plus rapprochĂ©, nous conseillerons aux parents de les faire accompagner par un professionnel de santĂ©", explique le rectorat.

- Université : un soutien psychologique renforcé -

Le Service santĂ© Ă©tudiante (SSE) de l'UniversitĂ© de La RĂ©union a Ă©galement renforcĂ© son dispositif. D’ordinaire accessible sur rendez-vous, il a Ă©tĂ© assoupli pour accueillir, en urgence, tout Ă©tudiant en dĂ©tresse psychologique. 

"Les étudiants peuvent venir en journée, sans rendez-vous, afin de consulter médecins, psychologues, assistantes sociales et infirmiÚres, sans avance de frais, sur les sites du Moufia et du Tampon", précise la responsable du SSE, Marie Manzano. Une permanence est également assurée à Terre-Sainte.

En complĂ©ment, le Crous propose une plateforme d’écoute gratuite et anonyme, accessible 24h/24 et 7j/7, via le 0800 73 08 15.

- Une souffrance silencieuse, un besoin de mieux communiquer -

MalgrĂ© la mise en place de ces nombreux dispositifs, beaucoup de sinistrĂ©s ignorent leur existence. "Il n’y a pas eu assez de communication sur la cellule psychologique", dĂ©plore Erick Fontaine de la CNL. Dans l’urgence de la gestion post-cyclonique, l’information sur ces aides peine parfois Ă  atteindre ceux qui en ont le plus besoin.

Alors que les dégùts matériels sont encore visibles, les blessures psychologiques, elles, sont plus silencieuses, mais tout aussi profondes. 

Face Ă  l’ampleur de la dĂ©tresse post-Garance, une prise en charge durable et une meilleure diffusion de l’information auprĂšs de la population semble nĂ©cessaire.

vg/www.imazpress.com/[email protected]

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