Immigration

Accueil des migrants à La Réunion : une obligation du droit international de la mer

  • Publié le 14 janvier 2023 à 09:42
  • Actualisé le 14 janvier 2023 à 17:14

Depuis 2018, de nombreux navires ont accosté à La Réunion, avec à leur bord des migrants sri lankais en quête d'asile. Tous ont été pris en charge par les autorités, qui monitorent les arrivées, plusieurs jours avant leur débarquement. Une prise en charge obligatoire, alors que le droit international de la mer stipule que "en mer, toute personne en situation de péril doit être secourue sans qu’il y ait à se demander pourquoi elle est là, quelles sont sa destination et ses intentions". Un droit rappelé par le préfet Jérôme Filippini à l'occasion d'une conférence de presse organisée ce vendredi 13 janvier 2023.

• Pourquoi la France accueille-t-elle les navires ?

"Le droit de la mer prévoit que lorsqu'un navire approche des côtes et demande de l'aide, il est obligatoire, de façon internationale, de secourir ce navire" a rappelé le préfet ce vendredi.

"Quand un navire se signale en détresse, il faut faire en sorte que les personnes accostent saines et sauves" sans qu’il y ait à se demander pourquoi elle est là, quelles sont sa destination et ses intentions.

Le droit international de la mer "élève ainsi la sauvegarde de la vie mais aussi de la dignité humaine sur les espaces maritimes au rang de principe fondamental" rappelle de son côté le gouvernement.

"Les principes de droit international en matière d’assistance en mer ont été énoncés par la convention de Bruxelles du 23 septembre 1910. Ses dispositions ont été complétées par la convention de Londres sur l’assistance, du 28 avril 1989" détaille-t-il.

L'article 10 stipule que tout capitaine est tenu, sans mettre en danger son propre navire, "de prêter assistance à toute personne en danger de disparaître en mer". De même mentionne-t-elle, dans son article 11, que l’État qui édicte des règles relatives aux opérations d’assistance dans les zones où il en a la responsabilité, doit veiller à assurer une « exécution efficace et réussie » de ces opérations « pour sauver des vies ou des biens en danger […]".

• Pourquoi ne débarquent-ils pas à Maurice ou Chagos ?

“Les migrants passent parfois par les eaux mauriciennes, mais ils ne se signalent pas, parce que leur objectif est de venir en France (…) On a des difficultés dans notre pays, mais comparé à d’autres pays, la France et La Réunion sont un eldorado” a détaillé Jérôme Filippini.

Les navires n'activent effectivement leurs équipements de sécurité qu'une fois dans les eaux territoriales françaises. "Ces personnes ne demandent pas à rester ni au Chagos, ni à Maurice" a souligné le préfet. Il a par ailleurs indiqué qu'aucun navire, à sa connaissance, ne s'était signalé en détresse dans les eaux mauriciennes sans que celui-ci soit secouru.

Il a par ailleurs pointé du doigt le rôle des passeurs dans ces vagues migratoires. "Certains ont donné l'illusion à ces migrants qu'ils allaient pouvoir rester à La Réunion" a-t-il dénoncé.

• Pourquoi sont-ils pris en charge par l'Etat ?

"J'assume de dire que la République française est un endroit où on paye pour traiter dignement les personnes qui sont chez nous, tant qu'elles n'ont pas vocation à quitter notre territoire. C'est aussi un pays qui se donne les moyens de payer des billets d'avion pour faire repartir les migrants" a détaillé le préfet.

"Ce n'est pas de l'argent qui est volé à nos concitoyens : héberger les migrants à l'hôtel n'empêche pas la prise en charge des personnes vulnérables" a-t-il rappelé.

• Pourquoi la majorité sont renvoyés au Sri Lanka

Sur 397 arrivées, 276 personnes ont été renvoyées au Sri Lanka. Après audition de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, il a été déterminé que ces personnes ne présentaient pas une situation justifiant l'asile. Ces derniers ont en effet justifié leur départ par des difficultés économiques. Certains n'ont par ailleurs pas pu prouver qu'ils subissaient des persécutions dans leur pays.

www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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