La situation "est grave"

Face à la sécheresse, le mouvement citoyen "Engagés" avancent ses pistes de réflexion

  • Publié le 24 janvier 2025 à 11:13
  • Actualisé le 24 janvier 2025 à 13:02

Le mouvement citoyen "Engagés", mené par Erick Fontaine, organisait ce vendredi 24 janvier 2025 une conférence de presse sur le thème de la gestion de l'eau. (Photo sly/www.imazpress.com)

"Face aux défis croissants de sécheresse, de pollution et de gestion inefficace des ressources en eau, nous estimons qu'il est impératif de repenser notre approche pour garantir un accès équitable et durable à cette ressource vitale", déclare le mouvement.

La gestion de l’eau à La Réunion est aujourd’hui "un problème de plus en plus urgent qui doit nous obliger d’avoir une action commune et immédiate de l’ensemble des élus, collectivités et bien sur l’Etat sans oublier les gestionnaires directes de l’Eau".

"Tous les rapports mettent en évidence qu'on a un problème de qualité de l'eau, mais aussi des risques de rupture, parce que l'eau qu'on consomme vient en grande partie de l'eau superficielle", rappelle Erick Fontaine. "Le dérèglement climatique a rattrapé La Réunion, parce qu'on n'a pas su être attentif. Quand on est aux commandes, on ne peut pas attendre que le feu prenne pour éteindre. Il faut anticiper", souligne-t-il.

La Réunion "a démarré très en retard", estime Erick Fontaine. "Aujourd'hui, il faut réagir. Les pertes en eau sont très importantes, et malgré les recommandations, La Réunion a un taux de rendement de 52% dans l'est."

- Améliorer le rendement des infrastructures -

L'élu de la Cinor fustige "les communes qui n'ont pas investi dans les infrastructures". "Il est l'heure de réagir, de prendre des décisions, les élus doivent arrêter de se rejeter la faute. Les Réunionnais attendent un peu plus de leurs élus", estime-t-il.

50% des alimentés par le réseau d'eau "n'ont pas de garanti sur la qualité de l'eau", affirme Erick Fontaine. "5% des abonnés sont alimentés par des réseaux à risque microbiologique. 28 écoles sont desservies par une eau potentiellement non potable", liste-t-il. "40.000 personnes consomment de l'eau impropre à la consommation", assure-t-il.

Erick Fontaine appelle donc à une grande étude "pour comprendre comment on est arrivé à cette situation", pour mieux prévoir les impacts à l'avenir, "surtout quand on sait qu'il faut continuer à construire des logements". Il dénonce par ailleurs "une bétonnisation à outrance" des nouvelles constructions. "Nous devons avoir une obligation de planter des arbres quand on construit pour permettre à récupérer l'eau des pluies."

Pour l'élu, "l'Etat ne mesure pas les conséquences de cette situation", à La Réunion comme à Mayotte. Il appelle à "prendre des autorisations pour permettre la valorisation des eaux usées et leur utilisation dans l'agriculture". "La Cinor, à travers les sites comme le Grand Prado, produit 25.000 m3 d'eau, et la qualité qui sort est une eau de baignade. Des contraintes réglementaires ne nous permettent pas de renvoyer cette eau dans l'agriculture et dans les jardins publics", cite-t-il en exemple.

Le Conseil départemental a d'ailleurs lancé une consultation sur le sujet. "L'ensemble de La Réunion doit s'engager dans la valorisation de l'eau."

- Déploiement de nouvelles solutions -

Erick Fontaine demande le déploiement d'usines de dessalement de l'eau. "Il faut réfléchir à comment réduire la pollution en lien avec le dessalement, trouver des solutions pour pouvoir déployer le dessalement de la mer, car si on a plus d'eau, pas de pluie, on fait comment ? On n'a pas d'autre choix", estime-t-il.

Les retenues d'eau "sont vitales pour les agriculteurs", ajoute-t-il. "Si on ne peut pas arroser son terrain agricole, comment on fait ? 25% de l'eau qu'on récupère va à l'irrigation des récoltes, il est essentiel de prévoir pour l'avenir."

Il appelle aussi à la mise en place d'un fonds d'urgence pour l'achat des bouteilles d'eau en temps de sécheresse. "L'Etat doit réagir de manière urgente pour accompagner financièrement les publics les plus précaires", dit Erick Fontaine.

"Il faut aussi annuler les factures d'eau des communes touchées", demande-t-il aux distributeurs. "Le Réunionnais paie depuis des années des taxes sur l'eau, qui n'est pas là, ou qui n'est pas consommable", conclut-il.

Des citoyens ont d'ailleurs engagé des poursuites judiciaires envers leur fournisseur, un Saint-Andréen ayant même fait condamner la Cise en raison de la mauvaise qualitée de l'eau distribuée.

www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

guest
1 Commentaires
Antipode
Antipode
2 mois

On ne solutionnera rien avec ceux qui ont contribué à ce que nous en soyons dans l'État actuel de dégradation des services ; mais qui pourra oragniser de rattraper ça et saura le faire accepter, dans un monde qui va être à-court de ressources et d'énergie et où la démagogie façon Trump, Musk, Macron and chaos les droites, vont semer la zizanie et empirer la situation ?
À-part d'énormes travaux, un rationnement de tous avec des cotas par foyers et entreprises, mettre fin à certaines activités non-essentielles qui gaspillent (élevages, golfs, lavage des sols et des automobiles, piscines...), je ne vois pas d'espoir d'y arriver et d'assuré l'avenir ; ça sera interprété comme une perte de la liberté de nuire, j'entends déjà les qualifications d'éco-terrorisme... Bon courage !