Voici les réactions à La Réunion à la suite de la nomination du gouvernement de Michel Barnier et à celle de François-Noël Buffet, nommé ministre chargée des Outre-mer sous la direction de Matignon.
• Huguette Bello, Pour La Réunion
Le Parti Pour La Réunion (PLR) dénonce avec la plus grande fermeté la composition du nouveau gouvernement dirigé par Michel Barnier. Cette nomination est une insulte aux principes démocratiques et un affront aux choix exprimés par les électeurs lors des dernières élections législatives
Composé de personnalités issues de la droite et du camp macroniste, ce gouvernement rassemble des courants politiques lourdement sanctionnés par les urnes. Ni la droite, ni les macronistes n'ont reçu l'aval du peuple pour gouverner, et leur retour en force au sein de l'exécutif constitue un déni de démocratie inacceptable.
Pire encore, la présence de figures controversées comme Bruno Retailleau, qui incarnent un glissement vers des idées proches de l'extrême droite, marque l’officialisation de l’entrée de cette mouvance au sein de l'appareil d'État. Cela représente une atteinte grave aux valeurs républicaines et démocratiques du pays.
Ce gouvernement ne peut et ne doit pas se maintenir au pouvoir. Il ne représente en rien les aspirations populaires, ni les priorités des citoyens. Son existence même ne tient qu'à la complaisance de l'extrême droite, qui profite de cette situation pour accroître son influence sur les institutions de notre pays.
Le PLR appelle à la mobilisation de toutes les forces démocratiques pour faire tomber ce gouvernement illégitime, et rappelle que seule une majorité issue des urnes peut prétendre gouverner avec légitimité. La voix du peuple ne peut être ignorée ni détournée.
Nous resterons vigilants et déterminés à défendre une démocratie saine, respectueuse des choix exprimés par les électeurs.
• Michel Fontaine, président de la fédération des Républicains
Au nom de la Fédération Les Républicains de La Réunion, je salue chaleureusement l’installation du nouveau gouvernement dirigé par Michel Barnier.
Dans un monde frappé par des crises d’une ampleur inédite depuis la Seconde Guerre mondiale, notre pays se trouve à un tournant décisif. La France souffre, et les Français attendent des réponses claires et fortes à leurs préoccupations quotidiennes.
Il est plus que jamais urgent d’agir : redonner du pouvoir d’achat, valoriser le travail, et restaurer le lien de confiance qui s’est distendu entre les élus et la population. Comme le disait si justement le général de Gaulle : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille."
L’heure n’est plus à la politique politicienne mais à la confiance et à la concorde en ayant une véritable vision gaulienne des politique publique avec la bonne volonté de toutes les forces vive de notre pays pour qu’ensemble nous réussissions à relever les défis de notre temps.
Nous avons toutes confiance dans notre famille politique, de veiller à ce que l’intérêt supérieur de la nation demeure notre priorité absolue. C’est ce message d’espoir que je perçois dans la nomination de figures éminentes de notre famille politique à des postes clés.
Je forme le vœu que ce nouveau gouvernement réussisse à relever les défis qui l’attendent, et adresse mes encouragements et félicitations à l’ensemble de la nouvelle équipe gouvernementale.
• Philippe Naillet, député
Après 61 jours d’attente et de luttes d’influence entre les Macronistes et les Républicains; et ces derniers jours entre le Président de la République Emmanuel Macron, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal et l’actuel Premier ministre Michel Barnier, nous connaissons depuis samedi soir la composition du gouvernement.
C’est le gouvernement des battus du 7 juillet avec presque autant de ministres macronistes que de ministres républicains. C’est le gouvernement le plus à droite depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. On continue la politique libérale qui fracture notre pays
Pour le ministère des Outre-mer, François-Noël Buffet ne s’est pas particulièrement distingué dans le passé sur les questions ultramarines.
Alors que dans le même temps, les plafonds de dépenses prévisionnels pour l’examen du Projet de loi de Finances prévoient une baisse de 200 millions d’euros pour la Mission Outre-mer, ce qui n’est pas acceptable.
200 millions d’euros, c’est moins de crédits pour le logement, moins de crédits pour les aides économiques aux entreprises, moins de crédits pour la continuité territoriale, moins de crédits pour les collectivités territoriales…
Les Réunionnais comme les Ultramarins ne sont pas responsables de la situation budgétaire. Les responsables sont le Président de la République Emmanuel Macron, ses différents Premiers ministres et Bruno Le Maire. Il est scandaleux que nous devions payer pour les cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises et aux plus riches alors même qu’ils n’en avaient pas besoin.
Rapporteur de la Mission Outre-mer pour avis, je serai au combat pour défendre les intérêts des Réunionnaises et des Réunionnais, m’opposer à toute baisse des crédits de la Mission Outre-mer et remettre au coeur du débat le sujet de la vie chère.
• Parti socialiste
La nomination du gouvernement de Michel Barnier est la concrétisation du déni démocratique enclenché par le Président de la République au lendemain du 2nd tour des dernières législatives. Le changement de cap n’a pas eu lieu et nous craignons la poursuite d’une politique toujours plus injuste.
Pire, les choix opérés avec de nombreuses personnalités issues des rangs de l’ancienne UMP, parmi les plus conservatrices, confirment les priorités et orientations politiques qui seront prises dans les mois à venir. À peine nommé, il est déjà question de coupes budgétaires pour les Outre-mer ou la biodiversité.
Or, les crises que traversent notre pays exigent des réponses progressistes, notamment en matière de justice sociale et fiscale, en matière d’emploi, de pouvoir d’achat, et de transition écologique.
Nous attendons des actes forts pour soutenir notre population et notre territoire parmi les plus touchés. Le gouvernement doit impérativement intégrer le réflexe Outre-mer et l’adaptation aux spécificités locales dans son action.
La Fédération Réunionnaise du Parti Socialiste demande à ce que les questions sociales et économiques de notre territoire soient placées au centre des préoccupations nationales.
Nous serons particulièrement attentifs aux mesures qui seront prises pour lutter contre la vie chère, soutenir les emplois locaux et renforcer les services publics, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation, au bord de la rupture.
Nous rappelons que les Outre-mer ne peuvent plus être la variable d’ajustement des politiques nationales. La solidarité nationale doit pleinement jouer et nous appelons Michel Barnier à ouvrir un dialogue respectueux et constructif avec nos élus locaux, afin de répondre aux aspirations légitimes des Réunionnaises et des Réunionnais.
• Cyrille Melchior, président du conseil départemental
Je tiens à saluer la volonté de rassemblement avec des Ministres portés vers l’action et l’engagement. Je tiens surtout à saluer la création d’un ministère des Outre-mer de plein exercice, dirigé par François-Noël Buffet, à qui j’adresse toutes mes félicitations. Cela témoigne de la volonté du Premier ministre de consacrer les Outre-mer comme des territoires à forts enjeux, auxquels la Nation doit pleinement se consacrer.
Je voudrais par ailleurs réaffirmer les attentes fortes du Département sur des dossiers majeurs tels que le financement du rattrapage de l’offre en structures d’hébergement pour les personnes âgées et celles en situation de handicap. Sur cette même thématique, la question de l’augmentation des dépenses relatives aux allocations de solidarité (APA, PCH) qui pèse fortement sur les finances de la Collectivité départementale doit être traitée avec sérieux et pragmatisme.
Parmi les autres sujets importants, celui du logement, de la vie chère ou encore de l’emploi figurent parmi les priorités sur lesquelles nous souhaitons interpeler rapidement le Gouvernement afin qu’un travail soit mené, en étroite concertation avec les Collectivités territoriales.
Je ne manquerai pas de sensibiliser les Ministres compétents sur ces sujets cruciaux pour l’avenir de notre île, tout en rappelant notre attachement à une nécessaire stabilité institutionnelle, gage d’un travail efficace dans un contexte apaisé.
• Audrey Bélim, sénatrice
"Comme attendu, nous n’avons pas aujourd’hui de nouveau gouvernement mais un simple remaniement. Les ministres Renaissance qui sont maintenus dans leurs fonctions sont particulièrement nombreux, loin du « parfum de cohabitation« promis par Emmanuel Macron.
LR obtient également de nombreux ministères malgré une lourde défaite aux législatives (4ème position) : c’est un hold-up démocratique. Le Gouvernement est formé des partis qui ont été le plus rejetés par les Français.
Le déni des élections est de toute façon une politique assumée puisque le Nouveau Front Populaire était arrivé en tête du scrutin. Loin de respecter les règles institutionnelles et la tradition républicaine, Emmanuel Macron a fait le choix d’un Premier ministre LR qui lui est idéologiquement très proche et qui lui sera politiquement inféodé.
Il faut que tout change pour que rien ne change, disait le Guépard joué par Alain Delon dans le film éponyme. Nous y sommes. Tant d’énergie dépensée et de jours perdus pour déboucher sur la continuité !
L’Elysée fait le choix d’être sourd aux attentes des Français concernant la justice sociale et fiscale comme la défense de nos services publics. C’est un choix dangereux.
Enfin, j’adresse mes félicitations républicaines à François-Noël Buffet mais lui dis aussi ma réelle inquiétude face à la baisse de 9% du budget des Outre-mer prévue à ce stade pour 2025. D’autres solutions existent, notamment en augmentant les impôts des plus riches.
Nos territoires seraient grièvement affectés par cette baisse des dépenses publiques, à laquelle s’ajouterait la diminution des dotations aux collectivités locales. Les inégalités augmenteraient tout comme toutes nos difficultés. Cette politique - nous le voyons en ce moment en Martinique - est également périlleuse."