Assemblée nationale

Plein emploi : Frédéric Maillot et Emeline K/Bidi dénoncent une loi "inadaptée pour La Réunion"

  • Publié le 30 septembre 2023 à 16:28

Alors que le projet de loi sur le plein emploi est débattu actuellement à l'Assemblée nationale, les député.es Frédéric Maillot et Emeline K/Bidi ont souhaité faire le point sur les avancées du débat ce samedi 30 septembre 2023. Tous deux dénoncent un projet de loi ne prenant pas en compte les spécificités des Outre-mer, et de La Réunion en particulier. Ils s'inquiètent par ailleurs des atteintes au droit du travail que ce projet de loi pourrait créer s'il est voté en l'état (Photo sly/www.imazpress.com)

"La quasi-totalité des députés ultramarins ne veulent pas de l’application de cette loi en Outre-mer en raison de nos spécificités" rappelle Frédéric Maillot. Pour autant, aucun amendement prévoyant des adaptations aux territoires ultra-marins n'est pour l'heure prévu.

"Ce qui va être décidé va l'être à huis clos dans le bureau du ministre du Travail. Le gouvernement se réserve le droit d'adapter cette loi par ordonnances pour nos territoires. Quand nous proposons des amendements, ils sont systématiquement rejetés" dénonce le député de la 6ème circonscription.

Lui et sa collègue estime que ce projet de loi a été crée "pour punir les chômeurs". "Le gouvernement considère les chômeurs comme des feignants, mais il semble oublier que de nombreuses personnes au RSA sont des aidants familiaux, d'autres sont sans-abri et éloignés du système de Pôle emploi, certains souffrent d'illectronisme..." liste Frédéric Maillot. Ecoutez :

Si le texte de loi prévoit une adaptation pour les publics les plus fragiles, les député.es restent sceptiques quant à son application.

- Manque de moyens -

"Je ne suis pas contre la création d'une liste unique pour les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires du RSA, une personne ne peut pas se contenter des minima sociaux, personne n’aspire à vivre sous le seuil de pauvreté. Cependant c'est bien le seul point sur lequel je suis d'accord dans ce projet de loi" explique de son côté Emeline K/Bidi.

"Il y a à La Réunion 230 000 bénéficiaires du RSA, et 43 000 emplois vacants. Comment le gouvernement souhaite-t-il atteindre le plein emploi ?" s'interroge-t-elle.

Les deux députés se questionnent par ailleurs quels moyens humains et matériels le gouvernement va débloquer pour la prise en charge des bénéficiaires du RSA par France Travail. "Les agents devront prendre en charge et les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires du RSA, mais comment ? Nous craignons que la nature même de leur travail change et qu'ils ne deviennent que des agents de répression pour les personnes qui ne réaliseraient pas leurs obligations" s'inquiète Emeline K/Bidi.

"La sanction n’est pas une solution miracle. On est entrain de revoir complètement les missions de Pôle emploi. Je crains que les agents ne soient submergés" ajoute-t-elle.

Les élus craignent par ailleurs des atteintes aux droits du travail. "Le gouvernement veut forcer les gens à travailler 60 heures par mois. C'est une façon d'obliger la population à aller travailler dans les secteurs en tension, pour moins que le salaire normal. Cela s'appelle des travaux forcés" tacle la députée de la 4ème circonscription

Alors que La Réunion a fait partie des 18 départements pilotes, le projet de loi est aujourd'hui différent de ce qui a été mis en place dans l'île.

"2500 personnes ont testé le dispositif à La Réunion sur la base du volontariat. Nous n'avons recu aucun bilan pour l’instant. Nous ne sommes donc pas en mesure de constater si l’expérimentation a été bénéfique. On ne sait pas combien de personnes auraient pu être ramenées à l’emploi si l'expérimentation avait été menée à son terme, on ignore ce que ça va donner sur le long terme. De plus, on ne sait pas quelles retombées auront les sanctions" dénoncent Emeline K/Bidi et Frédéric Maillot.

Enfin, alors qu'un "réflexe Outre-mer" avait été garanti par le gouvernement pour l'élaboration des projets de loi, les deux députés regrettent que "ce que disent les ministres lors de leurs visites à La Réunion, ils l'oublient une fois de retour à Paris".

"Il y a un suel article dans ce projet de loi, qui renvoit à des ordonnances dans un délai de six mois. Si le gouvernement veut adapter la loi, il le fera sans les députés" conclut Emeline K/Bidi. Regardez :

A noter que, bien qu'en congé marternité, la députée Karine Lebon s'est prononcée elle aussi contre ce projet de loi.

 

Les débats reprendront la semaine prochaine au sein de l'Assemblée nationale. Avec aucune garantie que les demandes des élus ultra-marins ne soient entendues.

as/www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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3 Commentaires
Çélimaime
Çélimaime
5 mois

Capon!

Marc
Marc
5 mois

L'extrême gauche dans toute sa splendeur. Des inadaptés

Contribuable
Contribuable
5 mois

Que propose t ils ,on veut des assistés a vie pour avoir des voix afin de se faire élire .?

De