20 ans en arrière, La Réunion disait adieu à Julien Ernest Phileas, surnommé “Le père du maloya”. Pour honorer sa mémoire, c’est dans son quartier de naissance, que son fils Jean Fred Phileas, alias Tinom Lélé, réunit un panel d’artistes exceptionnels autour du maloya ce samedi 14 décembre 2024 au Conservatoire Gramoun Lélé. (Photo photo RB/www.imazpress.com)
Du culte des ancêtres aux scènes internationales, c’est en famille que Gramoun Lélé avait l’art et la manière de faire vibrer le maloya. En fermant les yeux, il a laissé un héritage inestimable : une discographie de 4 albums (Nanouniman, Soléyé, Zelvoula et Dan ker lélé), sa contribution à l’inscription du maloya au Patrimoine Mondial de l’Unesco ainsi qu’une relève plus qu’assurée au travers ses enfants et ses petits-enfants.
- La transmission au coeur du projet -
En amont de la soirée Omaz Gramoun Lélé, des ateliers et masterclass ont été organisés à destination des élèves de Saint-Benoît. Les intervenants se sont rendus à l’école primaire Daniel honoré, au collège Guy Moquet et dans les lycées Nelson Mandela et Patu de Rosemont pour parler de Gramoun Lélé et transmettre la pratique du maloya.
"Les enfants, c'est la relève", note Tinom Lélé, qui organise l'événement. "Il y a 20 ans, ils n'étaient pas né, alors aujourd'hui ils jouent la musique de Graloun, mais ils ne connaissaient pas son histoire. L'objectif de ces ateliers étaient de le faire connaître mon père", souligne-t-il.
Aussi, à travers une exposition qui retrace la vie de Gramoun Lélé, Omaz Gramoun invite le public à mieux connaître le parcours de ce pionner du maloya et prendre conscience de l’héritage qu’il a laissé. Cette exposition sera visible aux horaires d’ouvertures de la salle Gramoun Lélé, ce jusqu’au 21 décembre
- Christian Mousset, un invité d’honneur -
"Le récit de vie de Gramoun Lélé tient une place majeure dans cet hommage, il sera complété par le témoignage de Christian Mousset. Producteur de Gramoun Lélé à l’époque, il l’a d’abord accueilli pour le Festival Musiques Métisses d’Angoulême dont il est le fondateur", détaillent les organisateurs.
"Il a ensuite propulsé la carrière de l’artiste à l’international, ce qui a permis de faire voyager la transe et l'effervescence du ternaire en Afrique, en Inde, en Nouvelle-Calédonie, au Japon, au Canada, en Scandinavie, au Brésil, en Belgique et bien entendu sur la terre de ses origines, Madagascar", ajoutent-il.
Christian Mousset a été "un pilier incontournable de l'exportation de la musique réunionnaise à une époque où elle commençait à se faire entendre au- delà des frontières." Il a notamment contribué à la diffusion d’autres artistes locaux comme Danyel Waro et Lo Rwa Kaf.
Jaojaby, artiste majeur de la Grande Île et ami pour Gramoun Lélé, ne sera finalement pas de la partie. Le “roi du Salegy”, qui a contribué à l’enregistrement du dernier album de Gramoun Lélé intitulé “Zelvoula”, devait être un des invités d'honneur de cet événement.
"Malheureusement, il n'a pas réussi à avoir de visa pour venir à La Réunion", regrette Tinom Lélé. "C'est triste, il tenait à être présent pour rendre hommage à son frère, mais dès qu'il pourra venir, il sera le bienvenue", ajoute-t-il.
- La programmation -
La soirée Omaz Gramoun Lélé promet des moments forts en émotion, elle est de celle qu’on ne vit qu’une seule fois et dont on se souviendra.
Une troupe de 28 moringèr accompagnée par les l’équipe de musiciens des Rouler Killer ouvre le bal. "On a voulu mettre le moring en avant car on a tendance à oublier que, comme pour le maloya, les moringèr ont été réprimés", rappelle Tinom Lélé.
Les incontournables du maloya seront réunis au même endroit : Danyel Waro, Gilbert Pounia, Simangavole, Nono Kiltir & les Kids maloya, Stéphane Grondin, Lindigo, Votia, Tinom Lélé et Madiakanou.
"L'événement est soutenu par la Région, notamment Patricia Profil, sans qui l'organisation n'aurait pas été possible", remercie Tinom Lélé, alors que les équipes travaillent depuis le mois de mars sur l'organisation de l'événement.
Les Tambours sacrés, les tambours réyonés, l’association ODAS, la chorale Ker Faham, les élèves du Conservatoire Régionale et l’école de musique de Saint- Benoît participent également à cet hommage.
L'événement, gratuit, est déjà complet. "On essaie de travailler sur un direct pour que le plus de monde puisse en profiter, Gramoun Lélé n'appartient pas qu'à notre famille, il appartient à La Réunion", conclut son fils.
www.imazpress.com / redac@ipreunion.com