Ce mercredi 13 novembre 2024, l'Insee a dévoilé un rapport selon lequel 172.500 logements restent à construire en 2021 et 2050 à La Réunion en raison de l'évolution démographique. Une évaluation qui tient compte des besoins actuels et futurs de la population, comme l'indique l'Insee dans son communiqué (Photo : sly/www.imazpress.com)
Cette évaluation a été réalisée selon des hypothèses retenues dans le cadre d’un comité de pilotage réunissant de nombreux acteurs publics régionaux.
Ainsi, 115.500 logements seraient nécessaires pour accompagner l’augmentation du nombre de ménages. Cette hausse serait portée pour 50 % par la croissance démographique, pour 33 % par la baisse de la taille des ménages en lien avec l’évolution des modes de cohabitation et pour 17 % par le vieillissement de la population.
De plus, il serait nécessaire de construire 27.500 logements supplémentaires pour tenir compte de deux facteurs : d’une part, parmi les constructions à venir, une partie sera vacante ou destinée à des résidences secondaires; d’autre part, une partie du parc actuel sera amenée à évoluer au gré des destructions, restructurations ou changements d’usage des biens. Par ailleurs, à ces besoins futurs, s’ajouteraient 29.500 logements à construire pour résorber les situations actuelles d’absence de logement ou de mal-logement rencontrées par des ménages réunionnais.
Au-delà du nombre de logements à construire à l’horizon 2050, se pose la question de l’adéquation de l’offre de logements aux besoins qualitatifs de la population.
Ainsi, il s’agira notamment d’offrir des logements à des loyers adaptés aux ressources des Réunionnais, plus petits pour tenir compte de la réduction de la taille des ménages, et adaptés aux seniors pour prendre en compte le vieillissement et les besoins liés au maintien à domicile. Les constructions devront également se déployer sous forme de logements collectifs pour limiter l’artificialisation des sols.
- La croissance démographique explique la moitié de la hausse du nombre de ménages -
À La Réunion, la croissance de la population contribuerait pour 50 % à la hausse du nombre de ménages entre 2021 et 2050. Si les tendances démographiques récentes se maintenaient, la population réunionnaise atteindrait 1,022 million d’habitants en 2050, avec une croissance annuelle de 5 200 personnes entre 2021 et 2050. La Réunion se démarque par son fort dynamisme démographique, porté notamment par une fécondité qui se maintient à un niveau relativement élevé (2,4 enfants par femme contre 1,8 en France en 2020).
L’évolution des modes de cohabitation serait, quant à elle, à l’origine de 33 % de la hausse du nombre de ménages réunionnais. Les séparations de couples sont plus fréquentes, la proportion de familles monoparentales augmente et les ménages réunissant plusieurs familles ou plusieurs générations sont moins nombreux que par le passé.
Le vieillissement de la population réunionnaise expliquerait, quant à lui, les 17 % restants de l’augmentation du nombre de ménages. La part des personnes de 65 ans ou plus dans la population augmenterait fortement, passant de 13 % en 2021 à 21 % en 2050. Cette augmentation des seniors entraînerait une hausse du nombre de ménages composés d’une personne seule et de deux personnes.
Les ménages seront ainsi plus nombreux et de taille plus réduite. En 2050, ils seront composés en moyenne de 2,2 personnes contre 2,5 en 2021 et 2,9 en 2008. La part des personnes seules passerait de 17 % des ménages en 1999 à 30 % en 2021 et 39 % en 2050. Parallèlement, la part des couples poursuivrait sa diminution : 55 % des ménages en 1999, 42 % en 2021 et 33 % en 2050. Ainsi, les types de logements construits devront tenir compte de ces évolutions démographiques et de ces modes de vie.
- 29.500 logements pour répondre aux besoins actuels liés à l’absence de logement et au mal-logement -
À La Réunion, 29.500 logements seraient à construire pour résorber les situations actuelles de non-logement ou de mal-logement. Parmi ces logements à construire, 21.800 seraient destinés aux ménages qui ne disposent actuellement pas de leur propre logement. Il s’agit de 19.200 logements pour les ménages contraints d’être hébergés chez un tiers (qu’il soit de la famille ou non), quand leur niveau de revenu ne leur permet pas d’obtenir un logement indépendant, et de 2 600 logements pour accueillir les personnes sans logement (sans abris, personnes en hébergement social, ou logées à l’hôtel ou en habitation de fortune).
Construire des logements pour lutter contre le sans-abrisme est un objectif du plan logement d’abord lancé en 2017 et qui est entré dans sa deuxième phase en 2023. De plus, 7 700 logements seraient à construire pour résorber le mal-logement et améliorer les conditions de vie des ménages vivant dans des logements qui ne sont pas adaptés à leurs besoins, car ou de mauvaise qualité, ou trop chers ou trop petits pour leurs occupants, que ce soit dans le parc privé ou le parc social.
Le plan logement Outre-mer 2024-2027 de La Réunion a pour objectifs de construire des logements de qualité adaptés aux besoins et aux territoires, mais aussi de réhabiliter le parc social et d’améliorer le parc privé. De plus, les loyers du parc privé sont désormais plafonnés à la relocation dans les neuf communes de l’île classées en zone tendue en 2023. Les EPCI portent par ailleurs la mise en œuvre des plans intercommunaux de lutte contre l’habitat indigne sur leur territoire.
- Des besoins en logements plus importants au Nord -
Les besoins en logements varient selon les intercommunalités de La Réunion. À la Cinor, qui rassemble 26 % des résidences principales de l’île en 2021, le besoin en nouvelles constructions devrait être particulièrement important : 52 200 nouveaux logements seraient à construire entre 2021 et 2050, soit 30 % des besoins de l’ensemble de l’île. La croissance du nombre de ménages y est en effet plus dynamique qu’ailleurs (+ 1,3 % en moyenne par an), sous l’effet notamment de l’arrivée de jeunes actifs.
Au sein de la Casud (16 % des résidences principales en 2021), 26 900 nouveaux logements seraient à construire entre
2021 et 2050, soit 15 % des besoins de l’île. Comme à la Cinor, la croissance démographique participerait plus qu’ailleurs à la hausse du nombre de ménages. En outre, le vieillissement de la population serait important sur ce territoire : en 2050, 25 % des habitants de cet EPCI seraient âgés de 65 ans ou plus (contre 21 % pour l’ensemble de l’île).
À l’Est (14 % des résidences principales en 2021), 22 500 logements seraient à construire entre 2021 et 2050, soit 13 % des besoins de l’île. La Cirest conserverait la plus faible part de personnes seules (34 % des ménages contre 39 % pour La Réunion) et la plus forte part de familles monoparentales (26 % des ménages contre 22 %).
Si les tendances se maintiennent, le TO (24 % des résidences principales en 2021) et la Civis (21 %) auraient besoin chacun de plus de 35 000 nouveaux logements
entre 2021 et 2050, soit pour chacun 21 % des besoins totaux en logements. Dans ces territoires, la croissance des ménages serait plus modérée (+0,8 % en moyenne
par an dans l’Ouest et + 0,9 % à la Civis), mais le vieillissement de la population serait plus marqué. En 2050, 25 % de la population du TO serait âgée de 65 ans ou plus, et 22 % à la Civis.
Ces projections de ménages et de besoins en logements, et leur répartition par territoire, sont estimées à partir des tendances passées. Elles ne prennent pas en compte des politiques d’aménagement de grande ampleur comme l’écocité qui pourront les faire évoluer.
Ce serait bien si on interdisait la location saisonnière sur les nouveaux logements. Bien souvent sur une résidence neuve c’est 20% des logements qui sont pour de la location court terme. Souvent les proprios n’habitent même pas à la Réunion et s’en mettent plein les poches pendant que nous réunionnais on galèrent pour se loger
Comme mon cousin je veux un logement payé par les contribuables à 2 3 00 euros par mois.
On arrondi à 2 800 pour les frais annexes