Débat institutionnel (actualisé)

Le président du Département, douze maires et deux sénateurs disent "non à l’aventure autonomiste"

  • Publié le 25 avril 2024 à 18:52

Le président du Département, douze maires de l’île et deux sénateurs ont publié ce jeudi après-midi 25 avril 2024, un communiqué intitulé "non à l’aventure autonomiste". Cette prise de position intervient dans le cadre de la visite de Pierre Egéa et Frédéric Montlouis-Félicité, nommées par le président de la République pour conduire une Mission sur l'évolution institutionnelle des Outre-mer. Il est aussi une réponse à "l'appel de Fort de France" lancé le 17 mai 2022, "par les dirigeants des assemblées décentralisées de la zone Antilles-Caraïbes, soutenu par la Région Réunion et allant dans "le sens d’une autonomie, ouvertement revendiquée". Nous publions ci-dessous le communiqué de ces élus (Photo conseil départemental)

"Quelques semaines après les parlementaires de la Mission d'information sur l'avenir institutionnel des outre-mer, Cyrille Melchior, Président du Conseil départemental, a reçu le jeudi 25 avril 2024 les deux personnalités nommées par le président de la République pour conduire une Mission sur l'évolution institutionnelle des Outre-mer.

Lire aussi - "Appel de Fort-de-France" : des élus ultramarins demandent un "changement profond de la politique outre-mer de l'Etat"

Pierre Egéa et Frédéric Montlouis-Félicité ont été accueillis à l’Hôtel de La Source en compagnie de neuf des quatorze maires et sénateurs signataires, avec Cyrille Melchior, d’une tribune rejetant catégoriquement l’aventure autonomiste souhaitée par les dirigeants des assemblées de la zone Antilles-Caraïbes, et reprise localement par la Région et quelques parlementaires.

Une demande qui, malgré son absence de fondement dans la réalité sociale et politique réunionnaise, impose un débat entre les partisans de la continuité départementale et républicaine, et les adeptes d’une rupture avec le statut départemental. Les signataires de la tribune réunionnaise l’affirment sans ambiguïté, ils ont choisi leur camp.

Aux deux émissaires d’Emmanuel Macron, Cyrille Melchior a ainsi rappelé l’attachement profond de la population réunionnaise au statut départemental.

Il a également souligné que si des évolutions sont souhaitables, elles sont parfaitement possibles dans le cadre institutionnel actuel. En témoignent la recentralisation du RSA, obtenue par le Département au regard des spécificités locales, ou l’autorisation d’importer des produits du BTP non estampillés "CE" qui chemine actuellement devant les autorités européennes et françaises.

Avec lui, André Thien-Ah-Koon, maire du Tampon, a pointé les vrais problèmes des Réunionnais : le pouvoir d’achat, la pauvreté, l’accession à la propriété.

"Nous voulons rester dans le droit commun, continuait Richard Nirlo, maire de Sainte-Marie. Nous voulons plus de France, plus de République, plus d’Europe. Il y a des gens qui nous entrainent sur des terrains mouvants. Ce sont des populistes".

"Certains essaient de nous faire croire que le pouvoir d’achat, le chômage de masse ou les difficultés de logement se régleront avec une évolution statutaire, c’est faux" poursuivait Olivier Rivière, premier magistrat de Saint-Philippe, quand Bachil Valy, son homologue de L’Entre-Deux, pointait le risque d’abimer le vivre-ensemble réunionnais en érigeant la question identitaire en boussole de la République.

"Nous attendons avec sérénité la poursuite de ces travaux" concluait Cyrille Melchior en remettant aux représentants du Président de la République un dossier contenant les propositions du Département pour clarifier les compétences de chacun et ouvrir des possibilités d’actions sans toucher au statut actuel de l’île.

Parmi ces propositions, l’assouplissement de l’application de la loi Littoral dans les hauts de l’île, la revalorisation des petites retraites en Outre-mer, une différenciation dans l’application de la loi Plein emploi, la délégation administrative et financière d’une part des crédits de la Ligne budgétaire unique qui permet de financer l’amélioration de l’habitat diffus, le financement du grand âge, l’expérimentation d’un contrat de brigade « Biodiversité » ou encore la création d’un conseil des normes Outre-mer.

Pierre Egéa et Frédéric Montlouis-Félicité ont assuré les élus réunionnais que l’avenir des Outre-mer ne sera pas bâti selon un modèle unique. Ils ont également affirmé qu’ils sont à La Réunion pour tenter de répondre aux besoins locaux, y compris par d’autres moyens qu’un changement de statut".

Lire aussi - Oui à un contrat de territoire dans un cadre institutionnel stable, non à l’aventure autonomiste

"En tant que députés nous n'avons été informés qu'à la dernière minute de la possibilité de les rencontrer, le jour pour le lendemain, ce qui n'est pas sérieux vu le sujet abordé. C'est un manque de respect pour les parlementaires de La Réunion" dénoncent Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon.

"Ce n'est pas à deux experts nommés par Paris, qui viennent rencontrer quelques élus, de décider sur un sujet aussi important. Il serait plus juste que d'autres représentants de la population soient consultés dans la plus grande transparence car c'est aux gens du territoire de décider et de mener le processus" ajoutent-ils.

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8 Commentaires
Cab
Cab
3 semaines

Trouve déjà a nou les solutions pour être autonome sur l'alimentation, sur l'énergie, sur les bases de la pyramide de maslow...
Après nous gagne woir...
Sa lé possible, not zile, not paradis...

Insoumis
Insoumis
3 semaines

Pourquoi se sont nos élus qui décident pour nous,c'est que nos élus ont beaucoup a perdre ,si on met l' assemblée unique , beaucoup d' élus resteraient sur le carreau et ça ils n en veulent pas ,leurs intérêts avant celui du peuple.

Tortue y voit pas son queue
Tortue y voit pas son queue
3 semaines

Qu'ils commencent par respecter les règles de la République. Beaucoup dans ces 14 ont des ennuis avec la justice

Jean Mallac
Jean Mallac
3 semaines

Vergès l'a essayé, sans succès. Là c'est comme un prurit, une démangeaison cyclique qui agite la gauche identitaire. Après le déboulonnage de la statue de Roland Garros, le rêve ultime, le Graal serait de "gère nout nation nous-mêmes". Bonjour les dégâts !! Les problèmes actuels puissance mille...

Henri
Henri
3 semaines

Demoune y bataille pou devenir français et là bande bello y veut donne à nous l'indépendance !! Allez marcher dont!!

Boucané
Boucané
3 semaines

Nirlo fait oubli à ou. Après Didier Robert y vient pou ou ka…

HULK
HULK
3 semaines

Parce que faire un referendum c'est donner la parole au peuple, fondement de la démocratie et nos gouvernants,MACRON en tête ne veulent surtout pas que le peuple s'exprime. CQFD.

francais
francais
3 semaines

pourquoi ne pas faire un referendum ???