Tribune libre d'Audrey Bélim

4 mois après Belal : préparer La Réunion, protéger les populations

  • Publié le 15 mai 2024 à 18:15
  • Actualisé le 15 mai 2024 à 18:16

4 mois après le passage du cyclone Belal à La Réunion, je souhaite que nous puissions tirer les leçons pour notre île comme pour l’ensemble du territoire national. (Photo photo RB/www.imazpress.com)

Chacun s’en souvient : suite au passage du cyclone en janvier dernier, 150 000 foyers réunionnais soit 35% des clients n’avaient plus accès à l’électricité. Une semaine après son passage, quasiment 10 000 abonnés n’y avaient toujours pas accès. Faute d’accès à l’électricité, de nombreux Réunionnais ont perdu accès à l’eau puisque les stations de pompage sont alimentées par voie électrique. Ces coupures d’électricité et d’eau sont dangereuses pour la santé des Réunionnais et engendrent des pertes économiques. La question unanime était de savoir pourquoi les fils électriques, de la téléphonie et d’Internet n’étaient pas enfouis alors que notre île est une terre de cyclones.

Ce n’est pas qu’un sujet ultramarin. La même problématique se pose dans l’Hexagone. Suite au passage de la tempête Ciaran en novembre dernier, 1,2 millions de foyers étaient privés de courant.

Le changement climatique va conduire à la multiplication des catastrophes naturelles. Il nous faut donc anticiper et nous adapter.

C’est pourquoi j’ai demandé à la Commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable du Sénat l’organisation d’une table ronde pour faire le point sur la résilience des réseaux d’électricité, de téléphonie et d’Internet face aux aléas climatiques.

J’ai souhaité qu’EDF, Enedis mais aussi Maurice Gironcel, en tant que président du Sidélec de La Réunion, soient auditionnés pour définir ensemble comment renforcer notre résilience en prévision des futurs événements climatiques.

Trois constats dominent à l’issue de cette table ronde :

Il est nécessaire que les crédits de l’Etat en soutien à la sécurisation des réseaux (crédits dits de Financement des Aides aux collectivités pour l’électrification rurale) soient augmentés. Ils sont identiques depuis 2018, ce qui revient à une baisse de 10% en raison de l’inflation. L’Etat n’est pas ici à la hauteur des enjeux.

Il y a un réel besoin de coordination entre les gestionnaires de réseaux d’électricité, téléphonie et Internet. Il faut créer des instances de coordination locales permanentes afin de réaliser des économies d’échelle lors des travaux d’enfouissement des réseaux et réduire les interventions successives sur les mêmes voiries. Lors des catastrophes naturelles, il faudra aussi des cellules de crise coordonnées entre les mêmes acteurs car sans les réseaux de téléphonie par exemple, l’électricité ne peut pas être rétablie comme l’indiquait EDF ce matin. L’interdépendance des réseaux est une contrainte fondamentale.

Enfin, il est vital de définir des plans de résilience communs aux différents gestionnaires de réseaux, à l’Etat et aux collectivités. Dans chacun de nos territoires ultramarins, il nous faut nous adapter au changement climatique et à ce que sera le climat en 2050. Nous devons analyser par une cartographie où nos réseaux sont vulnérables et où concentrer nos efforts.

Notre objectif doit être de préparer La Réunion et de protéger les populations.

Audrey BÉLIM

Sénatrice de La Réunion

 

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1 Commentaires
Alé dit partout
Alé dit partout
2 jours

Elle a pondu son long " machin " ...

Attente du prochain feuilleton