Le résultat d’une étude d’AGRESTE vient d’être publié par la DAAF. Il est très inquiétant. Selon cette étude, plus de 42 % des ménages agricoles étaient sous le seuil de pauvreté à La Réunion en 2020. En juin dernier, une étude d’AGRESTE a indiqué que la superficie plantée en cannes à sucre a diminué de 1900 hectares entre 2019 et 2023. (Photo photo Sly/www.imazpress.com)
Tout ceci montre l’urgence d’une remise à plat du modèle agricole réunionnais. La CGPER plaide pour que ce futur modèle soit construit autour d’une base : un revenu suffisant pour que l’agriculteur puisse vivre dignement de son travail.
A La Réunion, la réforme agraire de la SAFER a transformé les grandes plantations en petites exploitations familiales de 5 hectares en moyenne. C’est ce modèle de petites exploitations en polyculture élevage qui assure principalement la production maraîchère et la plantation de canne à sucre. Il n’est plus viable. L’étude d’AGRESTE indique que le revenu d’une petite exploitation est limité à 17000 euros par an en moyenne.
En conséquence, moins de 40 % du revenu d’une famille d’un agriculteur vient du travail dans l’exploitation. C’est le salaire du conjoint qui travaille en dehors de l’exploitation qui assure la majorité du revenu familial, et pemet donc à l’agriculteur de continuer à travailler.
Ce qui est extrêmement grave, c’est que cela veut dire que 42 % des chefs d’entreprise dans l’agriculture sont sous le seuil de pauvreté, et cela malgré les aides publiques. En 2020, notre profession était sinistrée ! Les conséquences de la crise COVID et de la guerre en Ukraine ont sans doute aggravé la situation.
Comment aller vers la souveraineté alimentaire dans de telles conditions ? Une plus juste répartition des profits des filières envers les agriculteurs ne serait-elle pas une solution ?
La CGPER demande aux pouvoirs publics de s’emparer d’urgence de cette question.
Pour sa part, la CGPER l’évoquera lors de sa prochaine assemblée générale, le samedi 27 juillet à 14h30 à Fleur de Canne au 140 Allée des Gloxinias Bassin Plat, Saint-Pierre.
Le Président de la CGPER
Jean-Michel Moutama
"Tout ceci montre l’urgence d’une remise à plat du modèle agricole réunionnais. La CGPER plaide pour que ce futur modèle soit construit autour d’une base : un revenu suffisant pour que l’agriculteur puisse vivre dignement de son travail.
Comment aller vers la souveraineté alimentaire dans de telles conditions ?"
Transformons effectivement le système agroalimentaire de notre île, pour une vraie souveraineté, non tributaire des importations d'engrais chimiques, de pesticides, d'aliments OGM pour les élevages. Convertissons notre agriculture vers un modèle vertueux, respectueux de la santé de la terre et de ses habitants: l'agriculture biologique, l'agroforesterie sont à notre portée, les mesures agroenvironnementales aussi pour rémunérer de façon juste les producteurs des aliments qui nous sont nécessaires.
Ou alors suçons la canne, canne mapou lé dou...
Non, les planteurs de canne ne sont pas à plaindre eux. Avec toutes les aides dont il bénéficient contrairement à d'autres (subventions trop de pluie, pas assez, trop de soleil, pas assez, cyclones, engrais, aides à la plantation, à la coupe, pas assez de richesse, prime bagasse, prime de ci et de là, etc...)