Tribune libre de Patrice Selly

Campagne sucrière : nous avons besoin d’un véritable Plan Marshall pour la canne réunionnaise

  • Publié le 1 août 2024 à 13:40
  • Actualisé le 1 août 2024 à 13:43

Le Maire Patrice Selly s’est rendu sur deux exploitations agricoles, à Saint-Benoît, spécialisées dans la canne à sucre afin d’échanger avec des agriculteurs touchés de plein fouet par une campagne sucrière qui s’annonce déjà catastrophique : "J’ai pu, en effet, prendre la mesure de la situation critique dans laquelle se trouve actuellement engouffrés nos agriculteurs bénédictins et réunionnais. Le contexte 2024 est défavorable en raison notamment d’une baisse de la richesse et du tonnage de la canne" (Photo : www.imazpress.com)

Ajoutons à cela, une conjoncture difficile marquée par des niveaux de charges élevés liés à une hausse de l’inflation, une pénurie de main d'œuvre agricole, une réduction drastique des solutions phytosanitaires pour désherber et un recours à la mécanisation de la coupe qui se traduit nettement par une réduction des résultats économiques.

"La filière est clairement dans une spirale négative depuis 2018, que la convention canne et les plans de relances ne parviennent pas à endiguer. Les syndicats et la Chambre d’agriculture tirent aujourd'hui, à juste titre, la sonnette d'alarme car le risque de l’effondrement de notre filière et de notre agriculture péï est réel".

"En tant qu’élus nous ne devons plus être spectateur, mais soutenir et accompagner véritablement les demandes de concertations (hors champs convention) autour de l'avenir de la filière pour que des solutions puissent émerger rapidement pour répondre à une problématique structurelle".

La disparition des solutions phytosanitaires sans alternatives, la raréfaction de la main d'œuvre compensée par le recours à la mécanisation ont été des bouleversements importants qui ont affectés la stabilité de la filière : "Il appartient aux professionnels industriels et planteurs, soutenus par les décideurs, de redonner un cap clair à la filière avec un objectif ambitieux,  mais nécessaire en produisant à nouveau 1,8 million de tonnes de cannes. Il est, enfin, primordial que l’Etat accompagne les professionnels du secteur dans la pérennisation de notre modèle agricole. Car sans pivot canne, c’est inévitablement la souveraineté alimentaire de toute l'île qui serait compromise".

Patrice Selly
Maire de Saint-Benoît

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2 Commentaires
Dom
Dom
8 mois

Autonomie alimentaire.
Tu veux nous faire bouffer de la canne !

Missouk
Missouk
8 mois

Non mr SELLY, ce n'est pas de cela dont notre agriculture a besoin, tout le monde sait que cette filière va droit dans le mur. Au contraire, qu'on aide financièrement les agriculteurs à se lancer dans d'autres filières qui vont permettre une meilleure prise en compte de notre indépendance alimentaire