Le discours de politique générale du Premier ministre prononcé hier devant l’Assemblée nationale a été marqué par un grand flou servant à masquer la continuité avec la politique menée depuis 7 ans par les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron, synonyme de régression sociale et d’accroissement des inégalités. (Photo photo RB/www.imazpress.com)
Alors que le gouvernement Bayrou est constitué des battus des dernières élections législatives et refuse de se soumettre à un vote de confiance, il lui fallait au moins accepter des négociations exigeantes avec la gauche pour ne pas se mettre dans la main de l’extrême-droite.
Finalement, rien sur les services publics qui se désagrègent, rien sur la transition écologique qui constitue pourtant le défi du siècle, rien sur la crise du logement qui empêche nos concitoyens de vivre dans la dignité (à La Réunion, 43 000 demandes de logement social non satisfaites). Pour nos territoires ultramarins, rien sur la vie chère qui empoisonne les existences et rien sur le décrochage scolaire et professionnel qui frappe nos jeunes. Nos problématiques sont connues de longue date et ne se régleront pas à moyens budgétaires constants ou par la réunion d’un énième comité interministériel.
Sur la réforme des retraites d’Elisabeth Borne, massivement rejetée par les Français et adoptée dans la brutalité institutionnelle, le Premier ministre n’a pas annoncé de suspension et encore moins d’abrogation. On nous promet ainsi un “conclave” et on confie à la Cour des comptes une “mission flash”. Les travaux du Conseil d’orientation des retraites (COR) nous éclairent déjà, le Parlement doit pouvoir en toute transparence trancher et revenir sur cette réforme injuste.
En l’état, le Premier ministre ne nous laisse donc pas d’autre choix que de le censurer.
Philippe Naillet
Député de La Réunion 1ère circonscription
Mais les socialistes sont prêts à ne pas voter la censure... Faudra quand même m'expliquer comment fonctionne Mr NAILLET capable de dire tout et son contraire...