60 jours après les élections législatives qui ont vu le camp présidentiel subir une deuxième déroute électorale en un mois (après les européennes) passant de 250 députés dans la 16ème législature à 166 dans la 17ème ; (Photo photo Sly/www.imazpress.com)
88 jours après la décision solitaire et immature d'un Président aussi mal conseillé qu'avisé, qui a confondu vitesse et précipitation, et plongé le pays dans une grave crise institutionnelle ;
La France se retrouve avec un Premier Ministre de droite, qui a perdu les élections, désigné par un Président qui a perdu deux élections coup sur coup, qui a provoqué lui-même la plus grave crise politique de la 5ème République et continue de mener sa politique comme si de rien n'était.
La nomination de monsieur Barnier est un triple déni démocratique :
- car la droite qui a perdu les élections (monsieur Barnier est un homme de droite), et les macronistes, qui ont subi deux déroutes électorales en un mois, essaient de passer par la fenêtre quand le peuple leur a claqué la porte au nez à de multiples reprises ;
- car c'est un choix fait pour plaire aux marchés financiers et à la Commission européenne au mépris du choix souverain du peuple français. D'une certaine manière on nous refait à l'échelle nationale, le coup du traité européen de 2005 que l'on nous a fait à l'échelle européenne. Votez, votez braves gens, comme vous voulez, mais à la fin vous aurez quand même l'austérité ! ;
- car monsieur Barnier est un inconnu du grand public. Combien de députés a-t-il derrière lui ? Sur quelle légitimité démocratique s'appuie-t-il ? Quel programme a-t-il présenté devant les électeurs ?
Se posent maintenant deux problèmes :
- Combien de temps le gouvernement Barnier/Macron tiendra-t-il ? Sur quelles forces pourra-t-il s'appuyer à l'Assemblée ? À ces 2 questions les faits nous imposent de répondre à priori : 1/ très peu de temps 2/ très peu de forces.
- À partir du moment où le Nouveau Front Populaire censurera immédiatement ce gouvernement d'usurpateurs, combien de temps le Rassemblement National laissera-t-il en vie un gouvernement macroniste et pro-Bruxelles qu'il prétend combattre par ailleurs ?
À l'échelle nationale il n'y aura d'autres solutions qu'une présidentielle anticipée pour sortir de la crise, comme semble également l'avoir compris l'ancien Premier Ministre, monsieur Edouard Philippe.
Pour nous à La Réunion nous n'aurons d'autres choix que de mettre en place une stratégie réunionnaise vis-à-vis de Paris, par-delà les enjeux partisans, pour faire face aux turbulences nationales qui s'annoncent longues et puissantes.
Pour ma part je vais évidemment voter la censure d'un tel gouvernement et continuer à défendre partout et tout le temps : la justice sociale et écologique, la souveraineté du peuple, l'intérêt général réunionnais.
Perceval Gaillard,
Député de La Réunion.
Un discours aussi partisan et catégorique est indigne d'un élu fut-il légitime.
La fonction il on de premier Ministre a été confié à un homme ayant fait ses preuves par ailleurs.
Laissons le au moins le temps de prononcer son discours de politique générale.
Le peuple ne veut plus accorder aveuglément sa confiance a un "parti".
La seule autre possibilité aurait été que Macron démissionne.
N'est pas de Gaulle qui veut!!