Tribune libre de Ary Yee Chong Tchi Kan

Non, à l'escalade militaire anglo-américaine

  • Publié le 13 janvier 2024 à 06:36
  • Actualisé le 13 janvier 2024 à 23:32

Dans la nuit du 12 janvier, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont bombardé le nord du Yémen, au motif que les Hutus s’attaquent à leurs bateaux dans la Mer Rouge. La veille, le Conseil de Sécurité de l’ONU avait voté une résolution appelant les Houthis à "cesser immédiatement de telles attaques, qui entravent le commerce mondial et menacent les droits et libertés de navigation, ainsi que la Paix et la Sécurité régionales".

De nombreuses voix jugent ces bombardements disproportionnés; d’autres réclament de la modération. Les organisations pro-Palestiniennes réagissent sévèrement contre « cette agression » et déclarent qu’elles « n’abandonneront pas Gaza ». Le Hamas affirme que « la région ne connaîtra la sécurité et la stabilité qu’en mettant fin à l’occupation sioniste de nos terres palestiniennes et arables, ce qui exige de Washington et de Londres qu’ils revoient leurs politiques coloniales, et respectent la souveraineté des Etats et les intérêts des peuples arables, qui ne resteront pas les bras croisés face aux crimes brutaux des sionistes , à la guerre génocidaire et aux violations des lieux saints. »

Il est clair que le blocus maritime par les Hutus est une réponse au bombardement de Gaza par Israël qui a déjà fait 30 000 tués. Les 2 événements sont liés : la liberté de navigation civile et la vie civile des Palestiniens. Cette initiative anglo-américaine est aussi une réaction aux propos du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui déclarait, samedi, au Liban « Il n’y a rien à gagner d’un conflit régional. Et j’adresse aussi ce message à Israël. Personne ne sortira gagnant d’un conflit régional. Je suis ici pour faire le point sur la situation et contribuer à une sortie de crise. »

En se faisant justice soi-même, sans l’autorisation de l’ONU, les Etats-Unis coupent court à une sortie de crise par une solution politique. C’est un pied de nez à l’Union Européenne qui doute des capacités militaires d’Israël de gagner un conflit régional. Du reste l’Union Européenne ne s’est pas précipitée pour donner quitus au bombardement du Yémen. L’assassinat d’un haut représentant du Hamas sur le sol du Liban et la destruction du Nord Yémen, deux pays souverains, participent à l’escalade militaire régionale et à l’extension du conflit. Qui sait comment ça va finir ?

Souvenons-nous des Américains et des Anglais qui se sont précipités pour bombarder l’Irak et détruire le gouvernement laïc de Saddam Hussein. Leurs dirigeants l’ont regretté 10 ans après. Le mal était fait. Personne ne les a condamnés pour crime. Ils récidivent maintenant. C'est pourquoi nous disons : non, à l'escalade militaire anglo-américaine.

Pour le secrétariat du PCR, Ary Yee Chong Tchi Kan

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1 Commentaires
HULK
HULK
1 mois

Ce sont les Houtis qui ont commencé, qu'on leur règle leur compte une bonne fois pour toutes. Et quand POUTINE balance des missiles sur les civils, c'est bien?