Depuis le 13 janvier 2004 , le cirque Roger Lanzac s'est installĂ© Ă Sainte-Marie . Ă l'arriĂšre du chapiteau, quelques prĂ©fabriquĂ©s et une caravane tiennent lieu de logement aux artistes. Non loin des fauves, s'organise la vie de famille des trapĂ©zistes, des dompteurs et autres clowns. L'aventure du cirque se vit en mĂȘme temps que les obligations du quotidien
Lorsque l'on interroge les artistes et les techniciens, le mot qui revient le plus souvent est celui de "famille". Mariages et alliances diverses sont courants entre grandes troupes de cirque. Si l'on en croit Floerin et Adriana, couple de trapĂ©zistes roumains, un mĂ©nage ne peut durer que si les partenaires appartiennent au mĂȘme monde. Si tous se comprennent si bien, c'est aussi parce qu'ils ont le cirque dans le sang : il existe de vĂ©ritables dynasties de familles de cirque aux noms aussi prestigieux que Zavata, Bouglione, Hart... VĂ©ritable institution, on entre au cirque comme on entre en religion : "c'est une façon de vivre" assure Antonio Mordon, co-directeur du cirque.La vie de cirque : un rythme exigeant
La vie de cirque, c'est d'abord d'incessants voyages, un rythme parfois épuisant. "Nous sommes à La Réunion pour deux mois, mais il nous arrive de ne rester qu'un jour sur un site". Depuis son arrivée dans l'ßle, le réveil du cirque est programmé à 6 heures du matin environ. Les soigneurs s'occupent des animaux. C'est ensuite l'heure de nettoyer le chapiteau, d'installer le matériel des artistes et de mettre en place les stands de ravitaillement pour le personnel et le public. Les jours de spectacles (*) les répétitions ont lieu aprÚs le repas de midi.
Un mélange de nationalités
Sous le chapiteau se cÎtoient plusieurs nationalités: Français, Polonais, Roumains... la vie de cirque c'est aussi l'éloignement de la famille restée au pays. C'est pourquoi les cyber cafés sont pris d'assaut par ces voyageurs peu ordinaires. Heureusement pour ces nomades, l'ambiance est bonne au sein du cirque. "On se parle parfois en anglais, parfois en français, on mange ensemble" souligne Floerin.
Selon Ronny Gan, le clown blanc, il s'agit de trouver le bon recul entre la vie en collectivitĂ© et l'intimitĂ©. On imagine les inconvĂ©nients d'un tel mode de vie, mais qu'en est-il pour les enfants? Alexandre, 10 ans, le fils de Floerin et Adriana, semble ĂȘtre satisfait de ce style de vie. Changer de copains et d'Ă©coles, il connaĂźt. Comme tous les enfants de son Ăąge, il joue aux jeux vidĂ©o et la bĂȘte fĂ©roce de la famille est un caniche.
Un enfant peut-il faire autre chose que ses parents, s'il est né sous un chapiteau? La réponse d'Antonio Mordon est sans équivoque: "il peut essayer de travailler ailleurs et de devenir sédentaire, mais il reviendra au cirque".
Ă croire que la vie de chapiteau, c'est un peu la vie de chĂąteau.
Stéphanie Hoareau
(*) Représentations les mercredi, samedi et dimanche, à 14h30 et 17h30. L'entrée est gratuite pour les moins de 12 ans, à 10 euros en deuxiÚme classe, 20 euros en premiÚre classe. Les billets sont en vente une heure avant la représentation. Le cirque s'est installé pour 9 mois à La Réunion.
