Depuis le 13 octobre et jusqu'au 6 novembre 2006, le facteur sonnera peut-ĂȘtre Ă votre porte. Pas seulement pour vous dĂ©poser du courrier mais pour vous proposer de donner le goĂ»t de la lecture Ă des enfants. Cela dans le cadre de l'opĂ©ration "Lire et Faire lire" lancĂ©e en 2001 dans l'Ăźle. Les personnes retraitĂ©es sont les premiĂšres visĂ©es mais toutes les bonnes volontĂ©s sont les bienvenues.
Du 13 octobre au 6 novembre, les postiers se mobilisent, partout en France, aux cotés de l'association Lire et Faire Lire pour transmettre le plaisir de la lecture aux enfants et favoriser le lien entre les générations. Ils distribueront des plaquettes de l'association "Lire et Faire Lire" dans les boßtes aux lettres des personnes retraitées pour recruter des bénévoles. Mise en place en 2001 dans l'ßle, le dispositif regroupe aujourd'hui une cinquantaine de bénévoles qui donnent de leur temps et partagent leur passion avec des écoliers. Créée en 1999 par l'écrivain Alexandre Jardin, l'association "Lire et Faire Lire" lutte contre l'échec scolaire et favorise l'intégration sociale. Ainsi, chaque semaine, les enfants bénéficient de moments privilégiés de lecture avec des férus de littérature qui souhaitent avant tout, leur transmettre leur goût des livres. "à la Réunion, 30% des élÚves en CE2 sont en grande difficulté de lecture. La problématique est accrue car beaucoup d'entre eux sont en situation de bilinguisme. Il est capital que toutes les forces se mobilisent pour leur donner une vision positive du livre", explique Patrice Boyer, secrétaire général de la Fédération des Oeuvres Laïques (FOL) et trésorier de l'association Lire et "Faire Lire à la Réunion". Le but est bien sûr d'éviter que ces élÚves ne se retrouvent en situation d'illettrisme qui touche plus de 100 000 personnes dans l'ßle."Ambition Réussite"
L'Ăducation nationale participe au projet dans le cadre du rĂ©seau "Ambition RĂ©ussite", mis en place Ă la rentrĂ©e 2006. L'idĂ©e est de "donner plus Ă ceux qui en ont vraiment besoin", en concentrant les moyens sur l'Ă©lĂšve en difficultĂ©s. Ă La RĂ©union 19 collĂšges et 124 Ă©coles situĂ©s aux quatre coins de l'Ăźle intĂšgrent ce dispositif. Un chiffre important, signe que les zones de prĂ©caritĂ©s sont nombreuses. Car l'une des prioritĂ©s de l'AcadĂ©mie est la maĂźtrise de la langue française, indispensable pour l'enseignement des savoirs fondamentaux. Une prioritĂ© convergente avec celle de "Lire et Faire Lire" qui cherche aujourd'hui Ă amplifier son action en recrutant 200 bĂ©nĂ©voles et visera principalement les Ă©tablissements du rĂ©seau. Du cĂŽtĂ© des enseignants, des enfants et des lecteurs, ces moments partagĂ©s ne procurent que du bonheur. "L'enthousiasme des bĂ©nĂ©voles est Ă la hauteur de l'enjeu et l'imagination des enfants fait le reste. Pour eux, c'est un peu comme si papy et mamie venaient raconter une histoire. Les enseignants mesurent l'impact d'une telle action sur la problĂ©matique pĂ©dagogique quotidienne. C'est un plus", poursuit Patrick Boyer. Car ces moments d'Ă©vasion pris hors temps scolaire laissent s'envoler l'imaginaire et favorisent le dialogue. Quant au partage intergĂ©nĂ©rationnel, il profite Ă tout le monde.
De Mafate à l'école du quartier
L'annĂ©e derniĂšre, "Lire et Faire Lire" a donnĂ© des lectures dans les Ă©coles de Mafate. Des marcheurs du Grand Raid ont emmenĂ© les livres et les lecteurs sont arrivĂ©s Ă pied. Une lectrice qui avait du mal Ă se dĂ©placer a mĂȘme Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e en hĂ©licoptĂšre. Histoires lues dans la case autour du feu avec la famille rĂ©unie... un vĂ©ritable conte de fĂ©e. Mais l'action peut ĂȘtre menĂ©e Ă sa porte. Chaque sĂ©ance peut durer d'une demi-heure Ă trois quart d'heure et la lecture se fait souvent sous l'arbre. Des instants volĂ©s au temps entre l'Ă©cole et la maison oĂč l'imagination se dĂ©bride et s'exprime. Le bĂ©nĂ©vole dĂ©cide bien sĂ»r lui-mĂȘme de son degrĂ© d'implication : il peut ne venir qu'une heure par semaine ou accorder plus de temps. Ceux qui souhaitent s'inscrire peuvent retirer un bulletin d'adhĂ©sion auprĂšs de la FOL Ă Saint-Denis. Une Ă©cole leur sera ensuite attribuĂ©e pour l'annĂ©e scolaire. L'engagement est moral et l'attente des Ă©coliers est forte. "Nous pensons que l'enfant qui a une relation positive avec l'Ă©crit est moins frustrĂ©. Il est aussi plus ouvert et la violence peut ĂȘtre ainsi contrecarrĂ©e", conclut Patrice Boyer.
La lecture aussi, adoucit les moeurs.