Rencontre avec un producteur de fruits du Port aprĂšs le cyclone Bejisa

"L'administration fait tout pour ne pas débloquer les fonds"

  • PubliĂ© le 8 janvier 2014 Ă  11:49
cyclone bejisa

Patrick Serveaux est producteur de fruits au Port. Suite au passage dévastateur du cyclone Bejisa sur son exploitation, il a perdu plus d'une trentaine de tonnes de sa production de mangues américaines - soit plus de 75 000 euros - et prÚs de 80 % de sa récolte de mangues José, un bilan "dramatique" pour l'agriculteur. Se pose désormais la question des indemnités, l'homme désespérant toujours de toucher celles consécutives au passage de Dumile il y a un an... C'est que selon lui, "l'administration fait tout pour ne pas débloquer les fonds..."

"Nous avons des dĂ©gĂąts trĂšs importants car nous Ă©tions en pleine pĂ©riode de rĂ©colte. Sur la mangue amĂ©ricaine notamment, on doit avoir une trentaine ou une quarantaine de tonnes par terre. Sur les mangues JosĂ© c’est pire, car nous Ă©tions au tout dĂ©but de la rĂ©colte, et on a 80 % de la rĂ©colte qui est au sol." Pour Patrick Serveaux, le bilan des ravages du cyclone Bejisa est "dramatique".

Il poursuit : "Si on part sur une base de 30 tonnes de mangues amĂ©ricaines, le cours sur le marchĂ© Ă©tait autour de 2,50 euros, donc faites le calcul... (75 000 euros, ndlr) Sur la mangue JosĂ© on Ă©tait entre 3 et 4 euros du kilo, donc c’est une perte importante pour nous. D’autant plus que, dans tout ce qui est Ă  terre, on a notre marge, on a Ă©galement tous les coĂ»ts engrangĂ©s tout au long de cette annĂ©e que l’on ne pourra pas rĂ©cupĂ©rer..."

C’est ainsi une trĂšs grande partie de sa production qui s’est envolĂ©e sous les rafales de Bejisa. Car chaque mangue Ă  terre perd toute valeur. "Les mangues ne sont pas exploitables, il aurait fallu les ramasser tout de suite aprĂšs le cyclone pour pouvoir les transformer rapidement, d’autant plus qu’il y a Ă©normĂ©ment de mangues actuellement qui partent pour la transformation, et le transformateur ne peut pas absorber des centaines ou des centaines de tonnes d’un seul coup", explique-t-il.

Patrick Serveaux espĂšre dĂ©sormais pouvoir dĂ©poser un dossier d’indemnisation le plus rapidement possible, tout en Ă©mettant des doutes sur la cĂ©lĂ©ritĂ© des pouvoirs publics, lui qui est toujours en attente des indemnitĂ©s consĂ©cutives au passage de Dumile... "Quand on vous demande des documents, qu’on vous dit que le dossier est bon, et que six mois aprĂšs on vous dit qu’il manque un document sur la TVA alors qu’au dĂ©part on ne vous l’avait pas demandĂ©, je trouve que c’est un peu gros... Je pense que l’administration fait tout pour ne pas dĂ©bloquer les fonds", considĂšre-t-il.

"Je rappelle que l’annĂ©e derniĂšre, le cyclone a eu lieu le 2 janvier et que les imprimĂ©s ont Ă©tĂ© disponibles seulement au mois de mars...", ajoute-t-il, souhaitant que les choses aillent plus vite pour Bejisa : "Si l’administration est moderne, elle peut Ă©ventuellement mettre les dossiers en ligne pour que les agriculteurs, qui eux sont modernes, les remplissent directement. Mais s’ils attendent le mois de mars ou d’avril pour les sortir, ils ne pourront pas ĂȘtre rempli avant malheureusement..."

www.ipreunion.com

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1 Commentaires
erick, depuis son mobile
erick, depuis son mobile
12 ans

il a parfaitement raison. il y a des discours, des effets d'annonce. .. on verra bien. Cela concerne toutes les aides aussi bien les agriculteurs que les particuliers