Patrick Serveaux est producteur de fruits au Port. Suite au passage dévastateur du cyclone Bejisa sur son exploitation, il a perdu plus d'une trentaine de tonnes de sa production de mangues américaines - soit plus de 75 000 euros - et prÚs de 80 % de sa récolte de mangues José, un bilan "dramatique" pour l'agriculteur. Se pose désormais la question des indemnités, l'homme désespérant toujours de toucher celles consécutives au passage de Dumile il y a un an... C'est que selon lui, "l'administration fait tout pour ne pas débloquer les fonds..."
"Nous avons des dĂ©gĂąts trĂšs importants car nous Ă©tions en pleine pĂ©riode de rĂ©colte. Sur la mangue amĂ©ricaine notamment, on doit avoir une trentaine ou une quarantaine de tonnes par terre. Sur les mangues JosĂ© câest pire, car nous Ă©tions au tout dĂ©but de la rĂ©colte, et on a 80 % de la rĂ©colte qui est au sol." Pour Patrick Serveaux, le bilan des ravages du cyclone Bejisa est "dramatique".
Il poursuit : "Si on part sur une base de 30 tonnes de mangues amĂ©ricaines, le cours sur le marchĂ© Ă©tait autour de 2,50 euros, donc faites le calcul... (75 000 euros, ndlr) Sur la mangue JosĂ© on Ă©tait entre 3 et 4 euros du kilo, donc câest une perte importante pour nous. Dâautant plus que, dans tout ce qui est Ă terre, on a notre marge, on a Ă©galement tous les coĂ»ts engrangĂ©s tout au long de cette annĂ©e que lâon ne pourra pas rĂ©cupĂ©rer..."
Câest ainsi une trĂšs grande partie de sa production qui sâest envolĂ©e sous les rafales de Bejisa. Car chaque mangue Ă terre perd toute valeur. "Les mangues ne sont pas exploitables, il aurait fallu les ramasser tout de suite aprĂšs le cyclone pour pouvoir les transformer rapidement, dâautant plus quâil y a Ă©normĂ©ment de mangues actuellement qui partent pour la transformation, et le transformateur ne peut pas absorber des centaines ou des centaines de tonnes dâun seul coup", explique-t-il.
Patrick Serveaux espĂšre dĂ©sormais pouvoir dĂ©poser un dossier dâindemnisation le plus rapidement possible, tout en Ă©mettant des doutes sur la cĂ©lĂ©ritĂ© des pouvoirs publics, lui qui est toujours en attente des indemnitĂ©s consĂ©cutives au passage de Dumile... "Quand on vous demande des documents, quâon vous dit que le dossier est bon, et que six mois aprĂšs on vous dit quâil manque un document sur la TVA alors quâau dĂ©part on ne vous lâavait pas demandĂ©, je trouve que câest un peu gros... Je pense que lâadministration fait tout pour ne pas dĂ©bloquer les fonds", considĂšre-t-il.
"Je rappelle que lâannĂ©e derniĂšre, le cyclone a eu lieu le 2 janvier et que les imprimĂ©s ont Ă©tĂ© disponibles seulement au mois de mars...", ajoute-t-il, souhaitant que les choses aillent plus vite pour Bejisa : "Si lâadministration est moderne, elle peut Ă©ventuellement mettre les dossiers en ligne pour que les agriculteurs, qui eux sont modernes, les remplissent directement. Mais sâils attendent le mois de mars ou dâavril pour les sortir, ils ne pourront pas ĂȘtre rempli avant malheureusement..."
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il a parfaitement raison. il y a des discours, des effets d'annonce. .. on verra bien. Cela concerne toutes les aides aussi bien les agriculteurs que les particuliers