Les maires en premiĂšre ligne dans la gestion de crise

Municipales : Bejisa s'invite dans la campagne Ă©lectorale

  • PubliĂ© le 7 janvier 2014 Ă  05:00
lurel

Le ministre des Outre-mer Victorin Lurel a pu le constater ce samedi 4 janvier 2014 : le passage du cyclone Bejisa Ă  La RĂ©union a fait de nombreux dĂ©gĂąts, humains, sociaux et Ă©conomiques. Mais il pourrait Ă©galement faire quelques dommages politiques... À un peu plus de trois mois des Ă©lections municipales - les 23 et 30 mars -, les maires se retrouvent en effet en premiĂšre ligne dans la gestion de cette crise. InterpellĂ©s par une population fortement impactĂ©e par les coupures d'eau et d'Ă©lectricitĂ©, critiquĂ©s par des opposants opportunistes, les Ă©diles rĂ©unionnais candidats Ă  un nouveau mandat laisseront-ils des plumes dans le sillage du cyclone ?

"Ceux qui parlent, ils ont fait quoi ?" La dĂ©putĂ©e-maire de Saint-Paul Huguette Bello a du mal Ă  digĂ©rer que certains de ses adversaires mettent en cause la gestion de la municipalitĂ© dans l’épisode Bejisa. "Moi, je fais mon travail. Il y a beaucoup de dĂ©gĂąts, je m’occupe de ce que j’ai Ă  faire avec les Saint-Paulois. Je ne fais pas de commentaire sur les commentaires...", ajoute-t-elle.

Toutefois, elle n’ignore pas que des voix discordantes s’élĂšvent dĂ©jĂ  pour s’engouffrer dans la brĂšche Bejisa et viser la mairie. "Ceux qui parlent, pendant 50 ans ils n’ont rien fait, ils n’ont pas construit de logements. Nous, on amĂ©nage, on a fait tout ce qu’il fallait pour garantir la sĂ©curitĂ© des Saint-Paulois, tout ce qu’ils n’ont pas fait car ils passaient plus de temps au tribunal..."

Le ton est donné : le passage de Bejisa et la gestion des dĂ©gĂąts risquent bien de devenir des arguments de campagne Ă  l’approche des Ă©lections municipales. DĂšs le premier choc passĂ©, le dĂ©bat politicien eut ainsi tĂŽt fait de reprendre ses droits, Ă  l’image du parti communiste rĂ©unionnais, publiant un communiquĂ© dĂšs le vendredi 2 janvier pour fustiger "les responsables politiques qui sont atteints de myopie en voulant absolument nous enfermer dans des normes Ă©trangĂšres Ă  notre environnement climatique".

C’est dans le mĂȘme esprit qu’est intervenu ce lundi 6 janvier Paul VergĂšs, pointant "la responsabilitĂ© des Ă©lus locaux prĂ©sents et Ă  venir" dans le "manque d’adaptation face au rĂ©chauffement climatique".  Il poursuivait : "Je vois des Ă©lus qui s’étonnent, mais ce n’est pas la premiĂšre fois que ça arrive. Les leçons du passĂ© qui rendaient urgentes des initiatives n’ont pas Ă©tĂ© retenues."

D’ailleurs, selon le sĂ©nateur communiste, le passage de Bejisa "va rendre concrĂštes les positions des uns et des autres" avant les Ă©lections municipales. "Chacun est au pied du mur", souligne-t-il, prĂ©cisant : "Du cĂŽtĂ© des maires en place, ils ne peuvent pas dire votez pour moi et ne rien faire. Quant aux opposants, ils ne peuvent pas dire je suis le meilleur candidat et n’avoir aucun projet."

Surfer sur la vague...

Alors le cyclone Bejisa deviendra-t-il une Ă©pine dans le pied des maires, obligĂ©s de gĂ©rer des situations dont ils ne maĂźtrisent pas tous les tenants et aboutissants, ou leur profitera-t-il, la population ayant parfois tendance Ă  se rassembler derriĂšre le capitaine du navire dans la tempĂȘte ?

Candidat d’opposition Ă  la mairie de La Possession, Jean-Yves Morel ne souhaite pas "utiliser un drame pour l’exploiter Ă©lectoralement et politiquement". Mais il ajoute : "Je m’interroge quand mĂȘme, par rapport Ă  la proximitĂ© des Ă©chĂ©ances Ă©lectorales, sur le fait qu’un Ă©lu ait Ă©tĂ© constamment prĂ©sent sur chaque centre d’hĂ©bergement, ce qui n’était pas du tout le cas l’annĂ©e derniĂšre. Si c’est stratĂ©gique, je trouve ça dĂ©plorable."

Si le candidat possessionnais de l’union UMP-UDI-Objectif RĂ©union assure que "ce n’est pas ma philosophie d’utiliser le malheur des gens", tous n’ont pas les mĂȘmes scrupules et tentent de surfer sur les vagues ravageuses de Bejisa. Ainsi, au Tampon, la question de l’eau tourne Ă  la polĂ©mique entre le maire Paulet Payet et le dĂ©putĂ© PS Jean-Jacques Vlody, candidat Ă  la mairie, le premier ayant diffusĂ© Ă  la presse ce lundi une diatribe contre le second, qui est aussi prĂ©sident de la Saphir (SociĂ©tĂ© d'amĂ©nagement de pĂ©rimĂštres hydroagricoles de l'Ăźle de La RĂ©union), l’accusant "d’immobilisme" et de "se rĂ©pandre en rumeurs sur les rĂ©seaux sociaux" plutĂŽt que "d’assumer ses responsabilitĂ©s".

Ce n’est lĂ  qu’un des exemples de passes d’armes qui ne manqueront pas de survenir dans les prochains jours. Mais s’il a bouleversĂ© bon nombre de foyers rĂ©unionnais, le mĂ©tĂ©ore Bejisa modifiera-t-il pour autant la donne dans la perspective des Ă©lections municipales ?

Pour Paul VergĂšs, la seule certitude est que "ce cyclone a inaugurĂ© dĂšs le 1er janvier le fait que 2014 sera pire que 2013 Ă  tous les plans : chĂŽmage, hausse des prix..." En ce sens, les consĂ©quences sociales et Ă©conomiques du passage de Bejisa ne manqueront pas d’avoir des rĂ©percussions politiques, qui pourraient se retrouver dans les urnes dans quelques mois.

www.ipreunion.com

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1 Commentaires
Le Bon
Le Bon
12 ans

Entre une mairesse adepte de populisme et un candidat populaire, les St Paulois n'hésiterons pas...
Les dÚs sont jetés : le changement POUR St Paul c'est maintenant !