Saint-Denis

Maison de Mayotte: les rites funéraires autorisés dans six mois après des travaux

  • Publié le 28 juin 2013 à 07:00

Les rites funéraires pourront être organisés en toute légalité à la maison de Mayotte à Saint-Denis dans six mois après des travaux, annonce France Mayotte Matin. Et ce, à partir de 16 heures. Suite à une expertise demandée par le conseil général de Mayotte, ces travaux auront pour but de rendre le site "conforme aux normes d'hygiène et de santé publique requises". En avril dernier, le journal mahorais avait révélé que l'organisme, qui assure à la fois le relais avec la communauté mahoraise et la promotion de l'île aux Parfums, "s'était transformé en chambre de rites mortuaires pour les Mahorais défunts afin que les rites musulmans et ancestraux soient appliqués avant l'inhumation". Une pratique illégale dont les services de l'État, interrogés par Imaz Press Réunion à l'époque, indiquaient être au courant. Par ailleurs, en attendant ces travaux, les associations mahoraises devront se rapprocher des mosquées réunionnaises ou des morgues publiques des hôpitaux.

Après des années d’illégalités, les rites funéraires à la Maison de Mayotte seront désormais réglementés. Ces rites s’effectueront à partir de 16 heures et après la fermeture administrative de l’organisme. Selon nos confrères de France Mayotte Matin, c’est la visite de Daniel Zaïdani, président du conseil général de Mayotte, à La Réunion la semaine dernière qui semble avoir accéléré le dossier.

Ainsi, après divers entretiens avec les services de la préfecture de La Réunion, - qui s’était d’ailleurs saisie de l’affaire -, et l’agence régionale de santé de l’océan Indien (ARS-OI), le conseil général de l’île aux Parfums a, en effet, demandé une expertise technique afin de "déterminer la nature exacte des aménagements à réaliser dans la chambre mortuaire du site", indique France Mayotte Matin. Le but : "la rendre conforme aux normes d’hygiène et de santé publique requises".

À la suite de cette expertise, le journal mahorais précise que "des travaux éventuels seront programmés dans les six mois pour permettre aux Mahorais décédés à La Réunion de continuer à être inhumés dans la dignité, comme il était d’usage au cours de ces vingt dernières années". Toutefois, au cours de ces travaux, "les associations mahoraises devront se rapprocher des mosquées réunionnaises ou des morgues publiques des hôpitaux pour procéder aux lavages mortuaires", poursuit-il.

Pour rappel, l’affaire avait fait la une de France Mayotte Matin en avril dernier. Le journal révélait qu’en cas de décès, "au lieu d'être pris en charge par des pompes funèbres ou des mosquées adaptées", les corps des défunts mahorais étaient envoyés à la maison de Mayotte pour y être traités. Cela de manière très régulière, en tout cas plusieurs fois par semaine, à tel point, comme le soulignait-il, "qu'il n'est désormais plus possible d'accueillir du public". "Il n'existe pas à La Réunion de structure légale dédiée pour pratiquer les rites des Musulmans de Mayotte avant mise en terre. Il s’agit de rites lourds, traditionnels et compliqués car la présentation du corps du défunt sur le 101ème département doit suivre une procédure très codifiée", notait France Mayotte Matin.

En effet, "dans un premier temps, on ferme les yeux, la bouche, on couvre le corps et on lui assure un bain mortuaire digne comprenant l'usage d'eau chaude, des plantes aromatiques, du camphre nommé ”Kanuru”, des feuilles de “Mtsinavu” et du coton pour boucher les orifices ainsi que du parfum". Par ailleurs, "la pratique du bain mortuaire doit suivre des étapes précises", rapportait France Mayotte. "Par le biais de massages, on appuie sur l'abdomen du mort pour vider les viscères. Les écoulements et les selles sont recueillis dans un trou fait sous le lit ou dans des bassines placées sous le lit. Cet acte pose un sérieux problème de santé publique lorsqu'il s'agit d'un décès très contagieux", décrivait alors le journal mahorais.

Outre les règles d’hygiène et de sécurité, France Mayotte soulevait également "le problème du transport des corps jusqu'à la maison de Mayotte". "Là encore, les professionnels étant rarement sollicités en raison de leurs tarifs mais aussi parce qu'il paraît difficile de leur demander d'acheminer le corps d'une personne dans une maison accueillant du public, les disparus voyagent bien souvent dans des camionnettes, des coffres de voitures, des banquettes arrière, ce qui est là encore totalement illégal", écrivait France Mayotte.

Pour sa part, à l’époque, Imaz Press Réunion faisait part du témoignage d’un homme d’origine comorienne qui affirmait que les cérémonies funéraires étaient organisées à la Maison de Mayotte "depuis un moment déjà". Selon lui, les organismes habilités pour le transport des corps "n'acceptent pas forcément de s'occuper des défunts mahorais". "Pour ces associations, il ne suffit pas de dire que le défunt était musulman, il faut le prouver. Il faut être en mesure d'établir que la personne défunte allait régulièrement à la mosquée, ou du moins, qu'elle respectait les rites religieux et notamment qu'elle ne buvait pas d'alcool", disait-il.

Par ailleurs, interrogés par Imaz Press Réunion, les services de l'Etat à La Réunion indiquaient "être au courant parce que le conseil général de Mayotte a saisi la préfecture dans le courant du mois d'avril pour demander l'autorisation d'organiser ces rites funéraires à la maison de Mayotte".

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1 Commentaires
RIPOSTE
RIPOSTE
10 ans

Les rites funéraires pourront être organisés en toute légalité à la maison de Mayotte à Saint-Denis dans six mois après des travaux .
Question : Qui paye ces travaux ?
le conseil général de Mayotte ?
les services de l'Etat à La Réunion ?
Le comorien , le mahorais ?