Le Port - Festival international du film d'Afrique et des Îles

Mohamed Nadif: "Le Maroc est en chantier"

  • PubliĂ© le 3 octobre 2012 Ă  14:01
Mohamed Nadif

2Ăšme jour pour le festival du film d'Afrique et des Ăźles (FIFAI) au Port. Ce mercredi 3 octobre 2012, plusieurs oeuvres de cinĂ©astes africains, des Ăźles crĂ©oles et des diasporas seront proposĂ©es au public. Parmi elles, "Andalousie mon amour", du Marocain Mohamed Nadif, qui sera projetĂ© Ă  18 heures 30 au CinĂ©ma Casino du Port. Cette comĂ©die de 86 minutes, tournĂ©e en 2012, raconte l'histoire de SaĂŻd et Amine, deux jeunes Ă©tudiants de Casablanca, qui rĂȘvent d'Europe. Acteur, homme de théùtre, metteur en scĂšne et rĂ©alisateur, Mohamed Nadif se livre Ă  Imaz Press RĂ©union. Ce dernier confie notamment que les notions de partage et de dĂ©bats avec le public sont trĂšs importantes. Sur ce pays, il affirme que "le Maroc est en chantier".

- Vous ĂȘtes acteur Ă  la base
Comment ĂȘtes-vous passĂ© au “rang” de rĂ©alisateur ?

"La question ne s’est pas posĂ©e. J’ai commencĂ© par le théùtre, le cinĂ©ma puis la mise en scĂšne. C’est une question de maturitĂ© professionnelle. J’ai souhaitĂ© tester un autre genre d’expĂ©rience. J’ai pris le risque en 2005 avec le court-mĂ©trage, "La jeune femme et l’ascenseur". J’ai ensuite enchaĂźnĂ© avec deux autres, "La jeune femme et l'Instit" (2007) et "La jeune femme et l'Ă©cole" (2008), et le long mĂ©trage, "Andalousie, mon amour" en 2012".

- Ce long-métrage évoque le sujet de l'immigration clandestine. Pourquoi avoir choisi de traiter ce sujet en particulier, notamment en le faisant sur le ton de l'humour ?

"C’est un sujet que j’ai dĂ©jĂ  traitĂ©. Mais l’idĂ©e du long mĂ©trage "Andalousie, mon amour" ne m’appartient pas. C’est un jeune scĂ©nariste qui me l’a proposĂ©. Je l’ai trouvĂ© original car l’immigration clandestine n’a pas beaucoup Ă©tĂ© abordĂ©e en tant que comĂ©die. J’ai pris ce risque de le faire de maniĂšre lĂ©gĂšre et cocasse, d’autant que ce sujet est grave. C’est un problĂšme qui doit ĂȘtre rĂ©glĂ© en partenariat avec l’ensemble des pays du Nord".

- Beaucoup de jeunes Maghrébins et Africains voient la France et l'Europe comme un Eldorado. Quel message avez-vous voulu faire passer à travers ce film ?

"Il y a plusieurs messages dans ce film. C’est un tout. Je parle en tant que Marocain des problĂšmes indirects qui poussent la jeunesse Ă  quitter le pays : la politique, la religion, l’éducation".

- Pourquoi avoir acceptĂ© de venir au festival du film d'Afrique et des Îles ?

"Tout d’abord, quand on fait un film, c’est pour le partager avec un maximum de gens. Lorsque j’ai appris que le festival du film d'Afrique et des Îles m’a sĂ©lectionnĂ©, cela m’a fait trĂšs plaisir. Il est trĂšs intĂ©ressant de dĂ©couvrir les rĂ©actions de diffĂ©rents publics et de dĂ©battre avec eux".

- "Andalousie, mon amour" sera projeté ce mercredi à partir de 18 heures 30 au Cinéma Casino du Port, sera-t-il question de partage avec le public réunionnais ?

"Oui, car on apprend beaucoup avec le public. Parfois, certains ne s’attendent pas Ă  ce genre de lecture du sujet traitĂ©".

- En quelques mots, comment présenteriez-vous le Maroc aux Réunionnais ?

"Le Maroc est un pays trĂšs enracinĂ© en Afrique, et en mĂȘme temps, trĂšs prĂšs de l’Europe. Il connaĂźt Ă©galement beaucoup de changement et a Ă©tĂ© secouĂ© par le printemps arabe. Le Maroc est en chantier. C’est aussi un trĂšs beau pays du cinĂ©ma oĂč l’on tourne beaucoup de films".

- Justement, le Maroc est le pays d'Afrique oĂč le cinĂ©ma est le plus prolifique et accueille tous les ans une vingtaine de festivals. Pourquoi l’État marocain mise autant sur le septiĂšme art ?

"Tout simplement car cela apporte beaucoup financiĂšrement".

- Quels sont vos projets ?

"Je travaille actuellement sur le premier jet d’un scĂ©nario, qui tourne autour de la vie de quatre femmes. Le premier titre provisoire est “Les pensionnaires du Pavillon J”".

www.ipreunion.com

‱ Toute la programmation est à retrouver sur le site du festival, www.festivalfilmafriqueiles.fr.

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