Après le passage du cyclone Chido qui a dévasté l'archipel et coûté la vie à 39 personnes, le gouvernement se mobilise pour la reconstruction de Mayotte. Ce mardi 4 février 2025, le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence pour Mayotte, afin d'accélérer la reconstruction. Mais plusieurs voix juge le texte insuffisant.
Une commission mixte paritaire de sept députés et sept sénateurs, chargés d'aboutir à une version commune, se réunira lundi au Parlement. Le consensus a été trouvé au palais du Luxembourg en raison de l'urgence à venir en aide au département français de l'océan Indien, mais plusieurs groupes ont jugé les mesures très insuffisantes, notamment sur les moyens mis en œuvre par l'État.
- Une décision saluée par Manuel Valls -
Manuel Valls avait chiffré la veille le "coût des destructions" à environ 3,5 milliards d'euros, en ouverture des débats.
Dans un communiqué, Manuel Valls, le ministre d'État, ministre des Outre-Mer, salue l'adoption à l'unanimité par le Sénat du projet de loi d'urgence pour Mayotte. "Ce texte enrichi par les discussions parlementaires constitue une étape essentielle pour répondre à la crise provoquée par le cyclone Chido, qui a durement frappé le 14 décembre dernier un département déjà fragilisé."
Le ministre d'État a tenu à souligner le "travail exceptionnel" lors des échanges. Le texte a été "incontestablement amélioré", grâce au travail parlementaire, avec le soutien ou à l'initiative du gouvernement.
Les avancées comprennent notamment :
• un renforcement de la lutte contre l'habitat illégal,
• des mesures facilitant l'accès des petites entreprises mahoraises à l'effort de reconstruction,
• une plus grande représentation des collectivités territoriales au sein de l'établissement public de reconstruction,
• l'adoption d'un amendement du gouvernement rendant accessible un prêt à taux zéro garanti par l'État pour faciliter la reconstruction par les Mahorais de leurs toits.
Il n'aborde pas la question de la restriction du droit du sol sur l'archipel, qui fera l'objet jeudi d'une proposition de loi de la droite à l'Assemblée nationale.
- Problème structurel -
Mardi, les sénateurs ont longuement débattu d'une mesure visant à faciliter l'attribution de marchés publics à des petites entreprises locales, disposition introduite par la chambre haute. Une part de 30 % du montant des marchés publics pourrait ainsi leur être réservée, à titre facultatif. Ce qui, pour la gauche, n'allait pas assez loin.
Le gouvernement a également introduit une nouvelle mesure pour les propriétaires, qui pourront souscrire un prêt à taux zéro pour réhabiliter leur logement, dans la limite de 50 000 euros. Mesure elle aussi jugée insuffisante sur certains bancs.
La sénatrice mahoraise Salama Ramia (groupe RDPI à majorité macroniste) a ainsi plaidé pour se projeter sur la future loi-programme, "pour englober des sujets de fond et les traiter à la racine". "Mayotte ne mérite pas une vision hors sol pour se reconstruire », a-t-elle alerté, craignant une « situation de saturation".
AFP