38 ministres bientôt nommés

Barnier promet enfin une annonce imminente de son gouvernement

  • Publié le 20 septembre 2024 à 12:13
  • Actualisé le 20 septembre 2024 à 14:13

Deux semaines après sa nomination, le Premier ministre Michel Barnier s'apprête à présenter aux Français la composition de son gouvernement, qui devrait compter 38 membres, le dernier obstacle étant les vérifications déontologiques en cours pour une annonce "avant dimanche".

Le Premier ministre a donné un vif coup d'accélérateur à la formation de son équipe et aux efforts de résolution de la longue crise politique créée par la dissolution de l'Assemblée nationale, même si toutes les embûches ne sont pas levées.

Il s'est rendu dans la soirée à l'Elysée pour un échange qualifié de "constructif" avec le chef de l'Etat, selon Matignon, qui a précisé que le gouvernement qu'il a proposé "respecte les équilibres". Emmanuel Macron "ne récuse aucun nom" parmi ceux qui lui ont été soumis, a d'ailleurs assuré une source au sein de l'exécutif.

Signe que les blocages des derniers jours, entre la droite et le "bloc central" macroniste, semblent en partie levés, les services du Premier ministre ont annoncé que le gouvernement serait "présenté avant dimanche, au regard des vérifications déontologiques habituelles".

Un échange "constructif" d'une cinquantaine de minutes où le Premier ministre a présenté "l'architecture et la composition de son gouvernement qui respecte les équilibres" entre les différentes formations qui le constitueront, a indiqué Matignon.

Le président de la République, qui avait eu mardi un déjeuner tendu avec son chef du gouvernement, selon plusieurs sources, l'a raccompagné en lui disant "merci beaucoup, à demain".

"En tout cas, il ne récuse aucun nom", a précisé un proche du chef de l'Etat à l'AFP.

Selon Matignon, l'exécutif devrait être présenté avant dimanche, "au regard des vérifications déontologiques habituelles", en d'autres termes le feu vert de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) à la nomination des futurs ministres.

Le gouvernement devrait comprendre 38 membres, dont 16 ministres de plein exercice, parmi eux 7 macronistes et 3 Républicains (LR), 2 MoDem, un Horizons ou encore un du parti centriste UDI.

Parmi les trois ministres issus de la droite, figure Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, qui devrait être nommé au ministère de l'Intérieur, ont indiqué plusieurs sources de la droite et du bloc central.

Laurent Wauquiez, le patron des députés LR qui nourrit des ambitions élyséennes pour 2027, a pris les devants en annonçant qu'il renonçait à entrer au gouvernement après avoir refusé le poste de ministre des Finances.

Du côté des "macronistes", le ministre MoDem (centre) démissionnaire des Affaires européennes Jean-Noël Barrot va être proposé pour les Affaires étrangères, tandis que le ministre des Armées Sébastien Lecornu devrait être reconduit, selon un responsable du bloc central.

Une répartition qui ne semble pas convenir à tout le monde dans le camp macroniste, une source du MoDem assurant que ses députés étaient en colère, très "remontés".

- Qui pour Bercy? -

Alors qu'il peine à trouver des personnalités de gauche, auprès desquelles il a essuyé plusieurs refus, seul un "divers gauche" figurerait parmi ces ministres de plein exercice. Le nom de Didier Migaud, actuel président de la HATVP et issu du Parti socialiste, a circulé pour entrer dans l'équipe Barnier, à la Justice.

Mais l'identité de la personne qui occuperait Bercy avec la lourde tâche de redresser les finances du pays, reste pour l'instant inconnue.

Donnant un sérieux coup d'accélérateur pour former son équipe, le Premier ministre a réuni jeudi à Matignon les dirigeants des formations qui devaient y participer, avec l'intention de mettre fin aux tensions qui ont émergé ces derniers jours.

Selon plusieurs participants, il affirmé qu'il n'augmenterait pas les impôts pour les classes moyennes, une décision qui a satisfait Gabriel Attal, le chef de file des députés "macronistes", qui avait fixé cette condition pour la participation de son parti au gouvernement.

- Dati ou Spillebout à l'Education ? -

Face à des partenaires qui faisaient monter les enchères, Michel Barnier, lui-même membre de LR, a assuré que les consultations de jeudi étaient les "dernières" avant la formation "rapide" d'un gouvernement.

A la recherche d'un difficile équilibre, il leur a annoncé envisager un gouvernement paritaire de 38 ministres dont 16 de plein exercice, parmi lesquels sept macronistes, trois issus des Républicains (LR), deux MoDem, un Horizons, le parti d'Edouard Philippe, ou encore un du parti centriste UDI.

Alors qu'il peine à trouver des personnalités de gauche, auprès desquelles il a essuyé plusieurs refus, seul un "divers gauche" figure parmi ces ministres de plein exercice. Le nom de Didier Migaud, président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique venu du Parti socialiste, a circulé, pour la Justice.

A droite, côté LR, plusieurs noms ont été cités à la suite de la réunion de Matignon. Outre Bruno Retailleau, les députés Patrick Hetzel et Annie Genevard sont pressentis respectivement pour l'Enseignement supérieur et l'Agriculture. En plus de ces trois ministères de plein exercice, LR hériterait de six autres portefeuilles, dont celui de la Laïcité pour le conseiller régional d'Ile-de-France Othman Nasrou et l'Outre-mer pour le sénateur François-Noël Buffet.

La possible arrivée à la Famille de la sénatrice Laurence Girard a aussi suscité un début de polémique à gauche. L'eurodéputée LFI Manon Aubry a exprimé sa "folle colère" en invoquant des positions "contre le droit à l'IVG" dans la Constitution et contre le mariage pour tous.

Le bloc central devrait se voir attribuer le Travail pour la députée Astrid Panosyan-Bouvet (Renaissance) et la Santé pour sa collègue Geneviève Darrieussecq, membre du MoDem de François Bayrou, selon un cadre l'ex-majorité.

Pour l'Education, le nom de la ministre sortante de la Culture Rachida Dati a circulé tout l'après-midi, mais dans la soirée, une source proche des discussions évoquait plutôt celui de la députée Renaissance du Nord Violette Spillebout, tout en prévenant que les noms qui filtrent ne sont pas forcément gravés dans le marbre.

Lors de ces échanges, Michel Barnier a aussi tenté d'apporter des clarifications sur les sujets qui avaient nourri des tensions avec ses partenaires. Il a affirmé qu'il n'augmenterait pas les impôts pour les classes moyennes, selon plusieurs participants.

- Déclaration de politique générale -

Cet engagement sur la fiscalité est "vital pour nous", a déclaré Gabriel Attal. Les députés macronistes avaient menacé de ne pas participer à un gouvernement prévoyant des hausses d'impôts malgré le dérapage de la dette et des déficits et la délicate préparation du budget 2025.

Michel Barnier a confirmé à ses interlocuteurs qu'il prononcerait le 1er octobre sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale.

Selon un communiqué de ses services, Michel Barnier a affirmé qu'il entendait "améliorer le niveau de vie des Français et le fonctionnement des services publics, particulièrement l'école et la santé, garantir la sécurité, maîtriser l'immigration et faire progresser l'intégration".

Il souhaite aussi "encourager (les) entreprises et (les) agriculteurs et conforter l'attractivité économique de la France, maîtriser (les) finances publiques et réduire la dette écologique".

Le Premier ministre a affirmé mercredi avoir découvert une "situation budgétaire très grave". La France fait, avec plusieurs autres pays membres de l'Union européenne, l'objet d'une procédure européenne pour déficits excessifs.

Le temps presse côté budget, dont le calendrier a été retardé par la dissolution de l'Assemblée nationale - la chambre basse du Parlement - en juin et la nomination très tardive d'un nouveau Premier ministre.

Le projet de "loi de finances" pour 2025 est censé être présenté au Parlement début octobre, "puis le plan budgétaire national de moyen terme que le gouvernement doit transmettre à la Commission (européenne) quelques jours après", a rappelé mercredi le premier président de la Cour des comptes française, Pierre Moscovici.

 

Sur l'immigration, autre dossier délicat, le Premier ministre a souhaité mettre en oeuvre le Pacte européen sur la migration et l'asile, selon un participant.

"Il y a eu plutôt un esprit de responsabilité,un soutien au Premier ministre et surtout la volonté d'apporter des réponses", a résumé un participant.

Mais un autre responsable du camp présidentiel s'est montré moins enthousiaste. Sur le programme, "on n'a levé aucune ambiguïté", a-t-il déploré après la réunion, estimant qu'il fallait encore des explications avant de pouvoir adouber le futur gouvernement.

Les embûches s'étaient accumulées ces derniers jours pour le Premier ministre.

Des tiraillements ont notamment pointé au mardi entre Emmanuel Macron et Michel Barnier, le camp présidentiel s'inquiétaient notamment du poids des LR dans le futur gouvernement.

L'ancien commissaire européen de 73 ans aura mis près de deux semaines pour parvenir à former son gouvernement, après de longues semaines pendant lesquelles le pays a été dirigé par l'équipe démissionnaire de Gabriel Attal.

AFP

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
6 mois

Je n'en peux plus de cette attente insupportable, quel suspense, quel scénario... Bon bref, à part en rire, c'est quand qu'on vire toute cette bande de profiteurs-magouilleurs qui considèrent que l'argent public est le leur ?