Politique

Gabriel Attal se frotte aux Français dans le Rhône

  • Publié le 20 janvier 2024 à 07:51
  • Actualisé le 20 janvier 2024 à 08:30

Fort de sa popularité, le Premier ministre Gabriel Attal se rend dans le Rhône samedi pour échanger et entendre les préoccupations d'environ 150 Français, qu'il veut associer à la préparation de son discours de politique générale à la fin du mois.

Le nouveau locataire de Matignon échangera publiquement pendant deux heures avec des habitants et des maires du département, à Saint-Laurent d'Agny, à une vingtaine de kilomètres de Lyon.

Un format d'échange qui rappelle le "grand débat" animé par le président Emmanuel Macron après les manifestations des "gilets jaunes".

Juste avant il aura assisté aux voeux de nouvelle année du maire d'une petite commune voisine, Orliénas, 2.400 habitants, et déjeuné avec les élus locaux, dont le député de la circonscription Jean-Luc Fugit, organisateur de l'événement.

Gabriel Attal entend "nourrir" sa déclaration de politique générale, qu'il prononcera devant le Parlement le 30 janvier, de ces rencontres autant que de ses entretiens avec les forces politiques, syndicales, patronales et les associations d'élus reçues ces jours-ci à Matignon.

Aller sur le terrain est un exercice que le nouveau chef du gouvernement apprécie, inspiré par l'ancien Premier ministre Jean Castex. "La proximité, le terrain, l'écoute, je continue", a-t-il confié à l'un de ses visiteurs cette semaine.

- Manifestants -

Dès sa nomination, il avait effectué plusieurs déplacements, cinq en cinq jours, du Pas-de-Calais inondé au marché de Caen dans le Calvados, en passant par un collège des Yvelines.

De quoi mettre un peu de lumière sur ses priorités, qu'il ne pourra détailler que le 30 janvier, et qui ont été retardées par la longue conférence de presse donnée mardi par le président Emmanuel Macron, qui a disserté sur de nombreux sujets dont il a la charge.

Gabriel Attal promet des "mesures fortes" pour répondre aux attentes des "classes moyennes", qu'il décrit souvent comme "la France laborieuse, qui se lève tous les matins en ayant le sentiment de travailler pour d'autres".

Mais il se dit "lucide" sur les perspectives économiques "incertaines" et le contexte politique "tendu", étant privé de majorité absolue à l'Assemblée.

Cette exposition n'est pas sans risque. Sur le marché de Caen, il a été interpellé par des opposants à la loi sur l'immigration ou sur la situation au Proche-orient, la voix parfois couverte par les cris de manifestants. "Je ne viens pas pour qu'on me dise tout va bien", avait-il répondu sans sourciller.

Dans les Yvelines il a été confronté à une première polémique touchant sa toute nouvelle ministre de l'Education Amélie Oudéa-Castéra sur l'établissement privé Stanislas, où elle a scolarisé ses enfants, accusé de "dérives" dans un rapport de l'Education nationale.

- Protéger le président -

Mais vis-à-vis de l'Elysée, rencontrer des Français "ça permet de protéger le président". "Car quand on va sur le terrain, on est à portée d'engueulade", note le spécialiste de communication politique Christian Delporte.

Son atout reste sa popularité, plus grande que celle du président. En janvier, il est devenu la personnalité politique la plus populaire du baromètre de l'institut de sondages Cluster 17 (réalisé les 13 et 14 janvier), détrônant à cette place Marine Le Pen.

Son aura peut contribuer à envoyer un message "plus audible" au regard d'une parole présidentielle qui semble "démonétisée", analyse l'historien Jean Garrigues.

Aller au contact des Français permet aussi de ne pas rester prisonnier de "l'enfer" de Matignon, souligne Mayada Boulos, une proche qui a dirigé la communication de Jean Castex.

En parallèle, Gabriel Attal continue de recevoir rue de Varenne les "forces vives".

Après avoir réuni ses ministres jeudi, il a reçu les représentants du patronat Medef et CPME et ceux de la droite, dont les voix à l'Assemblée lui sont indispensables.

Il a aussi reçu les syndicats ainsi que le leader du parti d'extrême droite Rassemblement national Jordan Bardella et doit encore échanger la semaine prochaine avec la gauche et les associations d'élus.

AFP

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1 Commentaires
Eve
Eve
1 mois

Il va falloir ressortir les casseroles