Rapport du cabinet Egaé

L'Abbé Pierre visé par 17 nouvelles accusations de violences sexuelles, la Fondation va changer de nom

  • Publié le 13 janvier 2025 à 20:05
  • Actualisé le 13 janvier 2025 à 20:08

L'Abbé Pierre est visé par 17 nouveaux témoignages qui l'accusent de violences sexuelles, selon un rapport du cabinet chargé d'enquêter sur le sujet. Dans le même temps, la Fondation Abbé Pierre a annoncé ce vendredi qu'elle avait commencé des démarches pour changer de nom. (Photo : AFP)

Près de deux mois après les premières révélations visant l'Abbé Pierre, 17 nouveaux témoignages ont été recueillis contre le prêtre, accusé de violences sexuelles entre les années 1950 et les années 2000, selon un rapport du cabinet spécialisé Egaé transmis à l'AFP ce vendredi.

Déclenchée le 17 juillet, la première vague de témoignages visant l'Abbé Pierre, icône et défenseur inlassable des sans-abri et des mal-logés, a provoqué une onde de choc en France.

- Une nouvelle salve de témoignages -

"À ce jour, il est possible d'identifier au moins 17 personnes supplémentaires ayant subi des violences de la part" du prêtre décédé en 2007, peut-on lire dans le rapport du cabinet Egaé, chargé en juillet par Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre de recueillir de potentiels nouveaux témoignages.

Certains des témoignages portent sur des faits pouvant s'apparenter à des viols ou concernent des mineures : ils font dans leur grande majorité état de contacts "non sollicités sur les seins", de "baisers forcés", mais également de "contacts sexuels répétés sur une personne vulnérable", d'"actes répétés de pénétration sexuelle" ou encore de "contacts sexuels sur une enfant".

Les faits dénoncés remontent à une période des années 50 aux années 2000, la plupart du temps en France mais également aux États-Unis, au Maroc ou encore en Suisse.

Les personnes qui ont témoigné sont ou ont été bénévoles d'Emmaüs, salariées de lieux dans lesquels l'Abbé Pierre a séjourné, membres de familles proches du prêtre ou encore des personnes rencontrées lors d'événements publics, précise Egaé.

Cette nouvelle salve de témoignages intervient sept semaines après les premières accusations révélées par Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre.

Les sept femmes qui témoignaient dans ce premier rapport faisaient état "de comportements pouvant s'apparenter à des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement sexuel commis par l'abbé Pierre entre la fin des années 1970 et 2005". D'autres femmes avaient ensuite pris à leur tour la parole.

- La Fondation Abbé" Pierre va changer de nom -

Dans un communiqué commun publié vendredi, la Fondation Abbé-Pierre, Emmaüs France et Emmaüs International réaffirment leur "soutien total aux victimes ", saluent "leur courage " et assurent être " à leurs côtés".

La Fondation Abbé Pierre a annoncé avoir "initié" des démarches pour changer de nom, après la publication de ces nouvelles accusations.

 

Dans le même communiqué, le mouvement Emmaüs annonce la fermeture définitive du lieu de mémoire dédié à l'Abbé Pierre, figure emblématique de la lutte contre le mal-logement et le sans-abrisme, situé à Esteville en Seine-Maritime.

Une commission indépendante chargée "d'expliquer les dysfonctionnements qui ont permis à l'Abbé Pierre d'agir comme il l'a fait pendant plus de 50 ans" va également être créée. Mis en place en juillet, le dispositif d'écoute et d'accompagnement restera quant à lui "ouvert et disponible jusqu'à la fin de l'année".

- "Effroi" dans l'Église catholique -

La Conférence des évêques de France (CEF), qui avait déjà dit sa "douleur" et sa "honte" après les premières révélations, a exprimé vendredi son "effroi" et promis de coopérer avec Emmaüs. Les nouveaux témoignages sont "extrêmement graves", "faisant état en particulier d'agressions sexuelles sur des jeunes filles mineures", a ajouté la CEF dans un communiqué.

"Ça n'efface rien de tous les malheurs, les drames, les crimes, les violences subies par les victimes et leurs conséquences traumatiques", mais "c'est la seule manière de respecter les victimes et de pouvoir redonner confiance à tous les bénévoles, les salariés, et à tous les donateurs. C'est indispensable, c'est le seul chemin possible", a aussi réagi sur franceinfo sœur Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref).

AFP

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1 Commentaires
HULK
HULK
2 mois

Arrêtez avec l'abbé Pierre svp. Tous les moralisateurs qui savaient et continuaient à le couvrir méritent d'être punis à sa place.Leur morale à deux balles est une gigantesque hypocrisie pour tromper les gens. Il y en plein comme çà et plus personne n'est crédible.