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Pandas roux, loutres et cervidés en "colocation" au zoo de Mulhouse

  • PubliĂ© le 17 juin 2016 Ă  20:35
Le panda roux lors de l'inauguration de l'espace asiatique au zoo de Mulhouse le 15 juin 2016

Trois espĂšces dans un mĂȘme enclos: c?est le pari que fait le zoo de Mulhouse (Haut-Rhin) pour amĂ©liorer le bien-ĂȘtre de ses pensionnaires, en inaugurant un nouvel espace asiatique oĂč cohabitent pandas roux, loutres et cervidĂ©s, une tendance en progression dans les zoos.


Trois pandas roux, une espÚce menacée, trois muntjacs d'Inde, une forme primitive de cerfs, et des loutres naines cohabitent depuis quelques jours dans cet "enclos mixte", ceint de fourrés de bambous.
Dans cet espace - le cinquiÚme du genre à Mulhouse - on peut observer les pandas roux grimper sur de grands arbres, sous le regard placide de muntjacs, juchés sur des rochers.
En contrebas, des loutres s'affairent avec des branchages en nageant dans une petite riviĂšre.
Créé il y a 148 ans, le zoo de Mulhouse a aménagé ses premiers espaces mixtes il y a une dizaine d'annnées.
Depuis, ce parc réhabilite peu à peu ses espaces, devenus parfois vétustes, pour proposer des installations censées offrir plus de confort aux animaux.
"Il est important que les animaux se sentent le mieux possible, il y a un besoin d'augmenter la taille des enclos pour créer du confort", estime Brice Lefaux vétérinaire et directeur du parc zoologique de Mulhouse, à l'AFP.
Ces enclos multi-espÚces participent à la "sensibilisation du public" dont l'attention est portée sur la biodiversité, précise ce responsable.
Pour se défouler, les colocataires asiatiques disposent de cordages et d'un grand tronc d'arbre creux en suspension. En cas de conflit, un abri avec des trappes individualisées pour chaque espÚce sert de lieu de repli.
- Suivi sanitaire -
L'installation a nécessité 215.000 euros d'investissement et cinq mois de travaux.
L'idée de mélanger des espÚces en captivité est assez ancienne: les premiÚres expériences ont commencé il y a plus d'un siÚcle avec les voliÚres à oiseaux.
Mais depuis la fin des années 1990 la mise en place d'enclos multi-espÚces "correspond à l'évolution des zoos", souligne Brice Lefaux.
"De plus en plus de zoos installent des enclos multi-espÚces", confirme Steven Seet, de l'Institut Leibniz pour la recherche zoologique et la vie sauvage de Berlin. "Du point de vue de l'enrichissement comportemental, les animaux sont occupés de façon intelligente", note ce spécialiste allemand.
"Ces trois espÚces ne vont pas se manger entre elles", mais "leur cohabitation va certainement nécessiter un suivi sanitaire plus important: il faudra voir comment les animaux se comportent sur le territoire et évaluer le stress" lié à la cohabitation, relÚve l'expert.
Ainsi "les loutres naines sont trÚs ingénieuses et intelligentes et peuvent causer quelques soucis aux autres espÚces", souligne M. Seet.
Le zoo de Zurich (Suisse) compte dĂ©jĂ  une quinzaine d'espaces mixtes. Le parc est allĂ© jusqu'Ă  recrĂ©er une forĂȘt tropicale malgache qui abrite sur 1,2 ha une vingtaine d'espĂšces d'oiseaux, des lĂ©muriens et des roussettes de Rodrigues, des chauves-souris menacĂ©es d'extinction.
"En mettant ensemble des animaux, on crée des combinaisons qui racontent des histoires. L'avenir des zoos se joue certainement, au moins en partie" dans le développement de ces espaces, estime le Dr. Robert Zingg, responsable animalier du zoo suisse.
- EspĂšces incompatibles -
En terme de risques, les zoos doivent cependant veiller à ne pas créer une "chaßne alimentaire" entre les locataires, rappelle le scientifique suisse.
En 2014, au zoo de Leipzig (Allemagne) un iguane vert s'est retrouvé piégé dans un bassin aprÚs une chute et a été dévoré par des loutres.
Certaines espÚces sont aussi réputées incompatibles, comme les félins et certains primates qui défendent un territoire.
La sélection doit "rester cohérente, il doit y avoir au minimum une entente cordiale entre les espÚces", explique Marine Giorgiadis interne-vétérinaire au zoo mulhousien devant une colocation de moutons d'Ouessant et de vautours moines.
Une colocation qui montre que ce charognard réintroduit dans les Pyrénées dans les année 1990-2000, n'est en rien un prédateur. "Chacun fait ça vie de son cÎté", commente la jeune interne.

Par Laurent GESLIN - © 2016 AFP
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