Santé

Un traitement expérimental prometteur contre Alzheimer

  • PubliĂ© le 3 novembre 2016 Ă  06:42
Une patiente souffrant de la maladie d'Alzheimer dans une maison de retraite Ă  Saint Quirin, dans l'est de la France, le 18 octobre 2016

Un traitement expérimental contre la maladie d'Alzheimer s'est révélé potentiellement prometteur et sans effets toxiques, selon les résultats d'un petit essai clinique publiés mercredi.

Cette étude, qui paraßt dans la revue médicale américaine Science Translational Medicine, a ouvert la voie à deux essais cliniques plus étendus qui sont en cours avec prÚs de 3.000 participants.
Une molécule, appelée verubecestat, développée par les laboratoires américains Merck, réduit la présence de protéines toxiques beta-amyloïdes dans le cerveau en bloquant une enzyme appelée BACE1.
Dans la maladie d'Alzheimer, une dégénérescence neurologique incurable liée au vieillissement, ces protéines forment des plaques en s'agglutinant, ce qui altÚre le fonctionnement des neurones, affectant les capacités cognitives dont notamment la mémoire.
Les laboratoires pharmaceutiques mondiaux sont mobilisĂ©s pour dĂ©velopper des molĂ©cules capables d'arrĂȘter ou d'inverser la formation de ces plaques.
Les traitements dĂ©jĂ  commercialisĂ©s pour traiter Alzheimer minimisent les symptĂŽmes de la maladie mais aucun n'est encore capable de l'arrĂȘter ou de ralentir sa progression.
Les 32 participants au premier petit essai clinique souffraient de la maladie d'Alzheimer à des stades précoces et modérément avancés.
Contrairement aux autres molécules neutralisant l'enzyme BACE1 développées et testées précédemment, la verubecestat n'est pas toxique.


Elle n'a ainsi pas provoqué d'effets secondaires hépatiques et neurologiques sévÚres, explique Matthew Kennedy, du laboratoire de recherche de Merck dans le New Jersey.
Les chercheurs ont mesuré les effets de cette molécule et constaté qu'une ou plusieurs doses de verubecestat pouvaient abaisser les niveaux nocifs de beta-amyloïde.
Ces mĂȘmes chercheurs avaient prĂ©cĂ©demment observĂ© qu'une seule dose de cette molĂ©cule rĂ©duisait les taux de cette protĂ©ine chez des rats et des singes sans toxicitĂ©.
Les deux essais cliniques internationaux en cours, dits de phase 3, pour évaluer l'efficacité clinique du verubecestat seront terminés en juillet 2017.


Si les rĂ©sultats sont probants, ce traitement sous forme de comprimĂ©s pourrait ĂȘtre mis sur le marchĂ© d'ici deux Ă  trois ans.
Deux autres molécules permettant de réduire les plaques amyloïdes,- le solanezumab, des laboratoires américains Eli Lilly, et le aducanumab, de la firme Biogen Inc -, font également l'objet d'essais cliniques de phase 3, derniÚre étape avant la mise sur marché.
Mais leur mécanisme d'action diffÚrent. Il s'agit d'anticorps destinés à déclencher une réaction immunologique contre la protéine beta-amyloïde.
Le nombre de personnes souffrant d'Alzheimer pourraient dépasser les 28 millions d'ici 2050 aux Etats-Unis lorsque toute la génération des baby-boomers aura plus de 80 ans, selon des projections.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 36 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence, dont une majorité de la maladie d'Alzheimer. Ce nombre devrait doubler d'ici 2030 et tripler d'ici 2050 si aucun traitement efficace n'est découvert.

AFP

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