Dîners embarrassants chez Thierry Solère

Derrière le "ni LFI, ni RN" de la Macronie, une véritable proximité avec l'extrême droite

  • Publié le 10 juillet 2024 à 12:12
  • Actualisé le 10 juillet 2024 à 12:36

On s'en doutait fortement, c'est désormais confirmé : derrière les "ni LFI, ni RN" de la Macronie, se cache en réalité une proximité avec l'extrême-droite qui devient chaque jour un peu plus évidente. Les votes main dans la main, la reprise des éléments de langages et les lois liberticides nous avaient donné la puce à l'oreille. Dans une enquête publiée ce mardi 9 juillet 2024, Libération confirme ce que beaucoup savaient déjà : entre les Macronistes et l'extrême droite, cela fait plusieurs mois – si ce n'est années - qu'on se rencontre et qu'on discute amicalement. (Photo Photo rb/www.imazpress.com)

C'est chez Thierry Solère, conseiller officieux d'Emmanuel Macron et 13 fois mis en examen, que ces rencontres auraient eu lieu depuis plusieurs mois désormais.

Un véritable ballet s'est mis en place dans la résidence parisienne de cet ancien député, connu pour ses réseaux politiques étendus – et ses multiples mises en examen, relate Libération.

Sébastien Lecornu, ministre des Armées, Edouard Philippe, ancien Premier ministre et prétendant au poste de Président, Marine Le Pen, Jordan Bardella…C'est main dans la main que ces ténors de la politique semblent avoir préparer le boulevard de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite. Un boulevard qui semblait grand ouvert au RN au lendemain de la dissolution décidée par Emmanuel Macron.

Ces rencontres, visant à faciliter la dédiabolisation du RN et à maintenir des canaux de communication avec l’extrême droite, sont difficilement justifiables par de "simples rencontres". Jordan Bardella aurait par exemple été reçu trois jours après la dissolution. Rencontre que Thierry Solère réfute formellement, bien que des témoins ont vu l'aspirant Premier ministre en bas de chez lui.

Manque de pot, tout ne s'est pas passé comme prévu, et le RN, malgré une percée fulgurante, n'est que troisième en termes de bloc politique à l'Assemblée nationale. Jordan Bardella doit donc attendre avant d'entrer – peut-être - à Matignon, et la Macronie doit retarder son annonce publique de normalisation de ses relations avec l'extrême droite.

Edouard Philippe, qui avait adopté la stratégie du "ni LFI ni RN", mettant un signe égal entre un parti d'extrême droite, et un parti de gauche, nie toujours avoir la moindre proximité avec le RN. Pour autant, il semble avoir plus de sympathie pour ces derniers que pour la gauche.

Interrogé sur ce fameux dîner avec Marine Le Pen sur TF1, il répond qu'il "aime bien rencontrer les gens". "Nous avons constaté à l'issue de ce dîner cordial que nous avions des désaccords très profonds, sur de très nombreux sujets" ajoute-t-il. A cette affirmation, nous ne pouvons que répéter la question de Gilles Bouleau : avait-il besoin d'un dîner pour s'en rendre compte ? Affirmant qu'il aurait pu aussi dîner avec Jean-Luc Mélenchon, une question se pose : pourquoi ne l'a-t-il pas fait ?

Face à ces rencontres et ces compromissions, la trahison n'est que plus grande pour les électeurs de gauche. Alors que nombre de députés macronistes ont été réélus grâce au report de votes du NFP – Gérald Darmanin, Aurore Bergé et Elisabeth Borne en tête de gondole – ces petits trafics d'influence avec l'extrême droite n'en sont que plus honteux.

Ces mêmes députés qui aujourd'hui crachent dans la soupe, refusent de cohabiter et insultent les électeurs de gauche. En auraient-ils fait de même s'ils avaient été élus grâce aux électeurs de l'extrême droite, ou si le RN avait, comme pressenti, décroché la majorité ? On en doute fortement.

Depuis la loi immigration, les propos de Gérald Darmanin sur les positions trop "molles" de Marine Le Pen sur l'Islam, l'explosion du nombre de ministres ayant milité contre le mariage pour tous, la reprise de la théorie du "grand remplacement", les accusations d'"islamo-gauchisme", les poncifs transphobes repris par Emmanuel Macron en pleine campagne, et toutes les outrances qui se sont multipliées ces derniers mois, cela n'a finalement rien d'étonnant. On en a aujourd'hui tout simplement la confirmation.

www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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3 Commentaires
Alain
Alain
5 jours

Le géant vert, il prend des vacances parfois?

Papangue
Papangue
5 jours

Derrière la stratégie du ni-ni, il y a toujours une arrière pensée. Macron menant une politique ultra droitière totalement en phase avec le programme du RN, il forme la grande famille de droite et effectue le dernier acte qui dédiabolise l'extrême droite. Quelques LR vont arriver prochainement. Ainsi, le RN va permettre à Macron d'avoir une majorité. Fini les 49-3 mais ceux qui ont voter RN, ils disent quoi quant au fait que Macron va rester président?
Les LR qui auront su garder leur dignité vont se compter sur les doigts de la main.

HULK
HULK
5 jours

Heureusement encore. On n'écarte pas une formation politique qui a 145 députés et recueilli 10 millions de voix. On peut trèscertainemnt critiqué certains choix du RN comme candidats. Mais quand on épluche le CV de certains LFI,quelle honte pour la FRANCE. Je ne vois vraiment pas de différences. Ceux qui en verront seront de très mauvaise foi et celle-ci est un danger pour la démocratie, comme on va le voir très rapidement.