Accompagné d'autres scientifiques, le volcanologue Nicolas Villeneuve est allé à la Plaine des Cafres (Tampon) à la redécouverte de la caverne Bateau. Ces "poches" géologiques sont nombreuses dans l'ßle et n'ont pour certains amoureux de la nature parfois plus aucun secret. Récit
En 1936 dĂ©jĂ , l'incontournable naturaliste Alfred Lacroix Ă©crivait " Les tunnels sont trĂšs frĂ©quents Ă la RĂ©union, surtout sous la lave en chenaux ; ils peuvent avoir plusieurs centaines de mĂštre de longueur. ... . J'en ai explorĂ© quelques - uns dans la portion du grand BrĂ»lĂ©, situĂ©s entre la route et la mer, dans les environs du rempart du Bois Blanc, dans la plaine des Osmondes dans le BrĂ»lĂ© de Takamaka, etc ... Ils prĂ©sentent les mĂȘmes particularitĂ©s que ceux dĂ©crits Ă Hawaii, aux Canaries (Lanzarote, las Palmas), Ă Samoa, au Japon, en Islande, etc ..."Belle et cĂ©lĂšbre
Depuis, en dehors de la " sociĂ©tĂ© des cavernes de la RĂ©union " (aujourd'hui disparue), peu de personnes ont pris le soin de recenser et d'Ă©tudier les caractĂ©ristiques des grottes et cavernes de notre Ăźle. En 1999, Diego Coppola, Ă©tudiant de l'UniversitĂ© de Turin et en stage Ă l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise avait rĂ©alisĂ© en collaboration une carte et des descriptions trĂšs prĂ©cises de la Caverne Bateau. C'est cette mĂȘme grotte nous avons explorĂ©. Elle est sans conteste l'une des plus cĂ©lĂšbres et des plus belles cavernes de l'Ăźle. SituĂ©e au c?ur la Plaine des Cafres elle est interdite d'accĂšs. En effet, le Conseil GĂ©nĂ©ral de la RĂ©union ayant l'ambition de l'amĂ©nager de façon Ă la rendre accessible en toute sĂ©curitĂ© a fait l'acquisition des terrains la dominant et rĂ©alise un grand nombre d'expertises de faisabilitĂ© en matiĂšre de sĂ©curisation du site.
Imprudents
Malgré les interdictions d'accÚs des imprudents s'y rendent sans considérer les risques bien réels d'effondrement des voûtes instables. Un fort travail de sensibilisation est mené par l'Unité Aménagements et prospectives Service des Espaces Naturels Sensibles du Département de la Réunion. C'est plus spécifiquement le travail de Daniel Fontaine, responsable du site qui parcourt fréquemment les 2 Km de galeries observant les nouveaux effondrements, ramassant les détritus abandonnés par les inconscients et faisant office de gentil senseur pédagogue lorsqu'il rencontre des personnes en infraction. La beauté du site n'est pas qu'une légende mais sans un contrÎle institutionnel les magnifiques formations géologiques vieilles de 17 000 ans environ ne résisteraient pas à l'affluence. Et que dire des colonies de Salanganes qui viendraient à disparaßtre.
Dioxyde de carbone
L'expédition que nous avons suivie avait un double but. Elle s'inscrivait tout d'abord dans une dimension d'expertise scientifique. Des chercheurs et ingénieurs du Laboratoire Géosciences Réunion (Université de La Réunion) et de l'observatoire volcanologique accompagnés de l'actuel " maßtre des lieux " à savoir Daniel Fontaine (véritable amoureux des lieux, fin naturaliste et surtout garçon intarissable lorsqu'on le questionne sur tel ou tel phénomÚne ou formation), avaient apporté un matériel perfectionné capable de mesurer les teneurs en dioxyde de carbone et en radon contenues l'air de ce milieu confiné. Par ailleurs, ils avaient pour mission de préparer l'actualisation de la cartographie de la galerie notamment concernant les éboulis, voulant estimer l'évolution sur les dix derniÚres années.
Mesures de sécurité
Enfin, profitant de l'occasion, l'équipe de Centre Multimédia de l'Université de la Réunion s'est associée au petit groupe pour mettre la touche finale à un documentaire sur les cavernes de l'ßle. Les premiers résultats de cette étude montrent que les effondrements ne sont pas les seuls dangers dans les cavernes. En effet, il est fort probable que le manque d'aération soit à l'origine des fortes teneurs en gaz toxiques présents dans l'air. Cela n'est pas antinomique avec une l'hypothÚse d'une ouverture au public de cette curiosité de la nature mais il s'agira de prendre en considération ce point. Toujours est-il que c'est un argument supplémentaire pour limiter les accÚs tant que toutes les mesures de sécurité ne seront pas prises.











