Lors d'un point presse sur l'Ă©volution de l'Ă©pidĂ©mie de chikungunya Ă la RĂ©union mercredi 12 octobre 2005, la direction rĂ©gionale des affaires sanitaires et sociales annonce que quatre mille quinze cas signalĂ©s dont mille deux cent douze ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par une analyse de sang. Si la courbe Ă©pidĂ©mique s'Ă©tait quelque peu stabilisĂ©e, un regain d'activitĂ© n'est pas Ă exclure avec l'arrivĂ©e de l'Ă©tĂ© austral selon les services de l'Ătat (photo DRASS)
L'hiver austral n'a pas interrompu la transmission du virus. Pour les services de la direction rĂ©gionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) et de la Cire (centre interrĂ©gional de recherche Ă©pidĂ©miologique), la possibilitĂ© d'un regain d'activitĂ© ne peut ĂȘtre Ă©cartĂ©e.Depuis le mois de juillet, les mĂ©decins signalent chaque semaine entre 50 et 100 cas. L'absence de variation significative du nombre hebdomadaire de nouveau cas depuis 12 semaines est en faveur du passage du mode Ă©pidĂ©mique au mode endĂ©mique. Il convient d'envisager que le virus persiste durablement souligne un rapport de la Cire RĂ©union-Mayotte datĂ© du 11 octobre 2005. Le chikungunya devient un problĂšme de santĂ© publique pour les autoritĂ©s sanitaires du dĂ©partement.
Six cas d'encéphalite
Par ailleurs, six cas d'encéphalite ont été détectés chez des patients infectés par le virus de chikungunya (trois chez des nouveaux-nés et trois autres chez des adultes). Ce type de complication, indique Phillipe Renault, médecin épidémiologiste, n'a jamais été rapporté dans la littérature scientifique. Il ajoute qu'en ce qui concerne les cas signalés à la Réunion, le lien entre le virus et l'encéphalite n'est pas encore établi. La Drass et la Cire ont ce mercredi 12 octobre 2005, mis en place un systÚme surveillance prospective de toutes les méningo-encéphalites hospitalisées, pour lesquelles la responsabilité du chikungunya sera recherchée.
Pour éviter l'infection, la Drass rappelle l'importance des moyens individuels de protection contre les moustiques, en particulier pour les femmes enceintes. Quatre cas suspects de transmission materno-f?tale du virus ont été signalés.
La commune du Port trÚs touchée
Le Port est de loin la commune la plus touchée par l'épidémie, avec prÚs du quart de l'ensemble des cas, soit 913. Suivent ensuite les communes de Saint-Denis et Saint-Pierre, avec respectivement, 563 et 374 cas. Les zones dans lesquelles les foyers de transmission active du virus ont été identifiés au 10 octobre, confirment la persistance d'une circulation virale sur l'ouest de l'ßle : Saint-Pierre (Ravine des Cabris), l'Etang-Salé Les Hauts, la RiviÚre Saint-Louis et Saint-Paul. Quelques cas récents et isolés ont également été signalés au Port, à Saint-Paul, Saint-André, Bras-Panon et Saint-Benoßt.
La surveillance de l'épidémie de chikungunya a débuté à la Réunion le 22 février. Le virus est transmis par un moustique actif toute la journée. En revanche, il ne passe pas de l'homme à l'homme.