La RĂ©union veut ĂȘtre classĂ©e au patrimoine de l'HumanitĂ©

La nature est aussi un atout économique

  • PubliĂ© le 22 juin 2007 Ă  00:00
Les atouts naturels de La RĂ©union peuvent aussi ĂȘtre des atouts Ă©conomiques

Réunis autour d'un petit déjeuner ce jeudi 21 juin 2007, les patrons de la Réunion étaient invités à découvrir la nature réunionnaise dans son intimité. Le dossier du classement de l'ßle au patrimoine mondial de l'humanité était à l'honneur. Une telle reconnaissance de la part de l'UNESCO serait un atout incontestable pour l'économie réunionnaise.

Ce jeudi 21 juin 2007, les patrons adhérents au MEDEF de la Réunion étaient invités "à dépasser les lourdeurs quotidiennes, les contraintes économiques et sociales journaliÚres, pour se recentrer sur la conscience du patrimoine fantastique réunionnais ". Une initiative prise dans le cadre de la démarche d'inscription de la Réunion au patrimoine mondial de l'UNESCO. Si celle-ci aboutissait, nul doute que les touristes se montreraient encore plus intéressés par notre ßle. Forme de label internationalement reconnu, l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO a sauvé de la désuétude, de nombreux sites fabuleux en péril.
Dans un contexte oĂč les touristes se montrent toujours frileux aprĂšs la crise du chikungunya, une telle nouvelle serait un coup de pouce inespĂ©rĂ© Ă  une industrie fortement fragilisĂ©e.
René Robert était l'invité de ce petit déjeuner organisé par le président du MEDEF François Caillé. Ce géographe est un des porteurs du projet et passionné de la nature réunionnaise. Avec plusieurs universitaires et chercheurs locaux, il est en train de monter le dossier auprÚs de l'institution culturelle internationale.

Suffisamment exceptionnelle

Actuellement, l'UNESCO compte environ 800 sites inscrits au patrimoine mondial et devrait arrĂȘter sa liste Ă  1 000 lieux. L'institution est sollicitĂ©e pour deux types de dossiers : des sites culturels (comme Port Louis sur l'Ăźle S?ur) ou pour des sites naturels (comme la RĂ©union).
La premiĂšre Ă©tape consiste Ă  identifier le lieu (sites et paysages volcaniques) puis Ă  le dĂ©crire. Le contenu scientifique doit ensuite ĂȘtre comparĂ© aux autres sites pour prouver son caractĂšre unique. Il faut ensuite justifier que le bien va ĂȘtre gĂ©rĂ© et suivi pour assurer qu'il ne va pas pĂ©ricliter : ce sera la mission du parc national. Le but est de chercher l'originalitĂ© des phĂ©nomĂšnes naturels par rapport Ă  ce qui existe Ă  travers le monde, de trouver la meilleure illustration de l'universalitĂ© d'un phĂ©nomĂšne. Un des phĂ©nomĂšnes exceptionnels observĂ©s Ă  la RĂ©union Ă©tant l'incroyable rapiditĂ© d'Ă©volution des espĂšces et des phĂ©nomĂšnes naturels, cette particularitĂ© pourrait ĂȘtre l'argument central. Par ailleurs, Ă  l'heure actuelle, le taux d'endĂ©misme est un des plus importants du monde, mais il faut protĂ©ger ce patrimoine.

Atout touristique

AprĂšs le volet scientifique vient une partie administrative longue et tatillonne. Le dossier doit ĂȘtre dĂ©posĂ© en septembre 2007 date Ă  laquelle une premiĂšre analyse critique est effectuĂ©e par les Ă©quipes de l'UNESCO. Le dossier dĂ©finitif est dĂ©posĂ© dĂ©but 2008 et soumis Ă  l'UICN (union mondiale pour la nature) qui enverra une Ă©quipe d'experts dans l'Ăźle. Un comitĂ© statuera ensuite dĂ©but 2009.
La Nouvelle CalĂ©donie prĂ©sente Ă©galement un dossier, ce qui n'est pas forcĂ©ment une bonne nouvelle sachant que ces classements sont aussi politiques : on ne classe pas deux sites du mĂȘme pays Ă  peu d'intervalle et surtout, l'UNESCO cherche Ă  privilĂ©gier les pays du sud. NĂ©anmoins, cette "compĂ©tition " reste une chance incontestable pour le tourisme. Au moins, la RĂ©union pourra faire connaĂźtre ses spĂ©cificitĂ©s et ses beautĂ©s au niveau international. Reste que les difficultĂ©s structurelles en termes d'accueil touristique ne seront pas rĂ©glĂ©es pour autant. Lors d'un prĂ©cĂ©dent petit-dĂ©jeuner du MEDEF consacrĂ© au tourisme, le prĂ©fet, mais aussi des professionnels avaient soulignĂ© les problĂšmes structurels liĂ©s Ă  l'Ă©conomie du tourisme. De cette matinĂ©e de discussions, il Ă©tait apparu que les freins rencontrĂ©s aprĂšs le chik par les professionnels du tourisme ne font que mettre en exergue des dysfonctionnements structurels qui existent depuis plusieurs annĂ©es. Au premier rang desquels : le manque de concertation. Mais ça, c'est indĂ©pendant des atouts naturels fantastiques de la RĂ©union.
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