Pékin, 12 millions d'habitants, 17 000 km2 de superficie et 50 000 nouvelles voitures immatriculées tous les mois. Le vélo, autrefois moyen de transport symbole de la Chine populaire a de moins en moins droit de cité dans la capitale de l'empire du Milieu en plein essor économique
Le ton est donnĂ© dĂšs que l'on se pose sur l'aĂ©roport de PĂ©kin: ici tout est grand, gigantesque mĂȘme. Des dizaines d'avions sont au dĂ©part ou Ă l'arrivĂ©e sur les multiples pistes. L'alignement des portes d'embarquement file sous le regard. "Nous avons plusieurs bĂątiments, infrastructures et routes qui sont les plus grands du monde. C'est normal, il y a beaucoup de Chinois. Nous sommes 1 milliard 300 millions" expliquera un peu plus tard Wang, l'interprĂšte - guide.Elle ne peut cacher un sourire lorsqu'elle apprend que la population de La RĂ©union totalise un peu plus de 720 000 habitants "Vous n'ĂȘtes pas beaucoup" commente-t-elle. PĂ©kin, capitale de la RĂ©publique populaire de Chine, s'Ă©tend sur une superficie Ă©gale Ă la Belgique et rassemble 12 millions de personnes.
Malgré l'heure matinale, les 2 fois 4 voies de l'autoroute menant de l'aéroport à Pékin sont déjà embouteillées. La capitale est desservie par 6 périphériques et aux heures de pointe, la circulation y est de moins en moins fluide. "Tous les mois 50 000 nouveaux véhicules sont immatriculés à Pékin" indique Wang.
Rares cyclistes
"Une petite voiture coĂ»te environ 80 000 yuans (8 000 euros)" dite encore Wang. Le salaire moyen Ă©tant de 6 000 yuans (600 euros), l'achat d'une voiture reste un investissement important, mais de trĂšs nombreux PĂ©kinois l'ont dĂ©jĂ rĂ©alisĂ©. Et pas seulement pour des modĂšles de base. Dans une circulation anarchique oĂč l'accident semble toujours sur le point de se produire et oĂč, en dĂ©pit des feux de signalisations, la loi du plus gros est visiblement la plus forte, les "petites" voitures roulent roues contre roues (l'image est Ă peine exagĂ©rĂ©e) avec les vans et les 4X4. Les vĂ©los, autrefois moyen de transport symbole de la Chine populaire, se font rares. TrĂšs rares mĂȘme. Il y a 10 ans, chaque feu vert donnait le dĂ©part Ă des centaines de cyclistes. Maintenant, ils ne sont plus qu'une grosse dizaine Ă attendre le passage au feu vert. Et malgrĂ© des pistes cyclables clairement identifiĂ©es, les cyclistes doivent ĂȘtre extrĂȘmement vigilants. Les automobilistes ne font que trĂšs peu cas des deux roues. Comme des piĂ©tons d'ailleurs.
Pollution ambiante
Du coup, traverser les larges avenues de la ville relĂšve souvent du parcours Ă haut risque. Ăvidemment un tel afflux de vĂ©hicules et donc de gaz d'Ă©chappement ne pouvait rester sans consĂ©quences pour l'environnement. Un halo gris flou flotte en permanence devant le ciel pĂ©kinois de ce dĂ©but de printemps. Les timides rayons d'un soleil froid n'arrivent pas Ă percer cet Ă©cran de pollution. D'ailleurs, certains piĂ©tons, notamment les personnes ĂągĂ©es, portent des masques pour se protĂ©ger les voies respiratoires. PhĂ©nomĂšne rĂ©vĂ©lateur, mĂȘme dans les parcs et les jardins pourtant nombreux Ă PĂ©kin, aucun vol d'oiseau ne vient Ă©gayer le ciel. "Pendant la rĂ©volution, nous avons fait la chasse aux oiseaux qui venaient dĂ©vorer les cultures. Aujourd'hui nous ne le faisons plus. Les oiseaux sont retournĂ©s dans les campagnes, mais ils viennent plus en ville parce qu'il y a trop de bruit et de pollution" remarque Wang.
Ă l'assaut du ciel
Alors les buildings de 20, 30 ou 40 Ă©tages, sont les seuls Ă se lancer Ă l'assaut du ciel. Et ils sont nombreux Ă le faire. En pĂ©riphĂ©rie ou dans l'immense centre-ville, impossible pour le regard de se porter au loin. En ville, la vue est arrĂȘtĂ©e par les immenses tours neuves ou en construction qui jouxtent les grandes avenues. Design, elles abritent ou abriteront, des commerces, souvent de luxe, des bureaux et des appartements haut de gamme Ă 10 000 yuans (1 000 euros) le m2...










