A l'occasion de la troisiÚme édition des journées de la mer, du 8 au 13 juin 2011, Kélonia, l'observatoire des tortues marines, sensibilise au problÚme de la pollution marine et son impact sur la vie des tortues. Brosses à dents, capsules de briques de lait, barquettes, sacs plastiques, emballage de barre chocolatée... Tous les ans, Kélonia, récupÚre des tortues, le ventre plein de déchets plastiques.
En 2009, KĂ©lonia a recueilli 16 tortues amenĂ©es le plus souvent par des pĂȘcheurs, tandis qu'elles s'Ă©taient prises accidentellement dans leurs filets. AprĂšs Ă©tude, il s'est avĂ©rĂ© que 90% d'entre-elles avaient ingĂ©rĂ© du plastique qui se trouvait coincĂ© dans leur organisme. " Nous pratiquons des autopsies sur les tortues qui dĂ©cĂšdent. Nous parvenons Ă sauver 70% de celles que l'on nous amĂšne: chez elles, nous observons des dĂ©chets plastiques dans les excrĂ©ments ", indique Muriele DouyĂšre, chargĂ©e de communication Ă KĂ©lonia, l'observatoire des tortues marines basĂ© Ă Saint-Leu.Les plus touchĂ©es sont celles de l'espĂšce caouanne, qui vivent au large et du coup, sont plus souvent pĂȘchĂ©es accidentellement. La photo ci-contre montre ce qui a Ă©tĂ© trouvĂ©, rĂ©cemment dans le ventre d'une d'entre-elles. " Les tortues remontent Ă la surface pour respirer. Elles avalent ce qu'elles croient ĂȘtre de la nourriture mais en fait, elles ingĂšrent du plastique ", poursuit Muriele DouyĂšre. Jeton de jeu pour enfant, gobelet, couvercle de pot de glace, vieux bidons, barquette.... Ce sont toutes nos ordures qui se retrouvent dans le ventre des tortues de mer.
A la moindre forte pluie, les déchets plastiques abandonnés sur terre sont rejetés dans la mer via les ravines. TrÚs lents à se dégrader, ils constituent une véritable menace pour la survie des tortues marines, des espÚces menacées, et pour la vie marine en général.
" A La RĂ©union, en raison de la taille et du relief de l'Ăźle, encore plus vite qu'ailleurs tous les dĂ©chets produits Ă terre risquent de finir en mer sans une gestion adaptĂ©e. Et chacun d'entre nous peut agir pour que cette pollution se ralentisse et cesse ", indique encore Muriele DouyĂšre pour KĂ©lonia. Les rĂ©flexes sont simples : ne rien jeter dans les ravines, utiliser les poubelles et les filiĂšres de traitement des dĂ©chets mis Ă disposition. MĂȘme pour prĂ©server la mer.
Moins visible, cette pollution touche tous les océans du globe. En 2008, des scientifiques avaient confirmé l'existence d'une ßle de déchets fragmentés de la taille de la France dans le Pacifique. Et d'autres plaques de ce type pourraient exister dans d'autres océans. Une étude de l'organisation Greenpeace estime par ailleurs que 80% des tortues marines de la planÚte ont déjà mangé du plastique. Une ingestion, bien souvent, mortelle.
Marine Veith pour

