Quand un "petit" candidat aux primaires devient Premier ministre

Manuel Valls et le tango des élus socialistes

  • PubliĂ© le 21 mai 2014 Ă  11:53
Manuel Valls

Au dĂ©but du mois d'octobre 2011, Manuel Valls, alors candidat aux primaires socialistes pour l'Ă©lection prĂ©sidentielle, Ă©tait venu faire campagne Ă  La RĂ©union dans l'indiffĂ©rence de la plupart des Ă©lus et parlementaires socialistes de l'Ăźle. Un manque de considĂ©ration qui a bien changĂ© maintenant que l'ancien maire d'Évry occupe le fauteuil de Premier ministre...

Les temps peuvent vite changer en politique. Promu Premier ministre le 31 mars 2014, Manuel Valls peut en tĂ©moigner. BoudĂ©, critiquĂ©, vilipendĂ© dans son propre camp Ă  l’aube de la primaire socialiste pour l’élection prĂ©sidentielle de 2012, le voici dĂ©sormais – pour une partie du PS tout du moins – l’homme providentiel, le sauveur d’un gouvernement bien mal embarquĂ©.

Il n’y a qu’à se pencher sur l’attitude des Ă©lus socialistes rĂ©unionnais, exemplaires en la matiĂšre. À l’instar des cinq dĂ©putĂ©s reçus Ă  Matignon ce mardi 20 mai : Ericka Bareigts, Monique OrphĂ©, Patrick Lebreton, Jean-Claude Fruteau et Jean-Jacques Vlody. Tous posent fiĂšrement autour de Manuel Valls et de la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, pour une photo qu’ils n’hĂ©sitent pas Ă  diffuser via les rĂ©seaux sociaux.

Et tous de saluer, Ă  l’image de Monique OrphĂ©, un Manuel Valls "Ă  l’écoute des attentes de la population rĂ©unionnaise", au cours d’un "Ă©change constructif". Il faut dire que la dĂ©putĂ©e de la 6Ăšme circonscription avait Ă©tĂ© la seule Ă©lue socialiste Ă  rencontrer le futur Premier ministre en visite Ă  La RĂ©union en octobre 2011, lorsqu’il n’était qu’un "petit" candidat aux primaires.

Ses collĂšgues du PS local s’étaient en effet montrĂ©s bien plus discrets autour d’un Manuel Valls esseulĂ© dans son propre parti comme lors de son sĂ©jour rĂ©unionnais. Certes, il avait Ă©tĂ© reçu Ă  la chambre de commerce par le prĂ©sident Ibrahim Patel et au conseil gĂ©nĂ©ral par la prĂ©sidente Nassimah Dindar. Il avait rencontrĂ© une dĂ©lĂ©gation du parti communiste rĂ©unionnais et sillonnĂ© les rues de Saint-Leu aux cĂŽtĂ©s de Thierry Robert. Mais en dehors de Monique OrphĂ© pour une petite visite de l’hĂŽtel de ville de Saint-Denis, pas un seul dignitaire socialiste ne s’était manifestĂ©.

C’est que l’ancien maire d’Évry ne reprĂ©sentait qu’un courant minoritaire au sein du parti socialiste. Il Ă©tait l’émanation d’une "aile droite" honnie par toute une partie de son camp, voulait revenir sur les 35 heures, prĂŽnait des thĂšses sĂ©curitaires. Pas question donc de prendre le risque de rouler pour un candidat crĂ©ditĂ© d’à peine 5 % des voix. MĂȘme si Manuel Valls fut le seul Ă  avoir fait le dĂ©placement jusqu’à La RĂ©union lors de cette campagne des primaires.

La donne a bien changĂ© aujourd’hui. On se presse autour d’un des rares socialistes dĂ©passant – pour combien de temps ? – la barre des 50 % d’opinions favorables.

En rencontrant le Premier ministre, les parlementaires socialistes sont dans leur rĂŽle. Mais l’on peut se demander si ce dernier a gardĂ© en mĂ©moire son sĂ©jour rĂ©unionnais et le peu d’égards qui lui avaient Ă©tĂ© accordĂ©s. Se demander aussi si les Ă©lus socialistes locaux n’ont pas manquĂ© de vision politique en nĂ©gligeant Ă  l’époque la visite de l’ambitieux Manuel Valls...

Nul doute qu’ils sauront se rattraper lors du prochain passage du Premier ministre, attendu Ă  La RĂ©union avant la fin de l’annĂ©e...

www.ipreunion.com

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