Le conseil général a tenu une conférence de presse ce vendredi 15 janvier 2010 afin de mettre "les points sur les i" quant à sa responsabilité dans la liquidation de l'ARAST (association régionale d'accompagnement social territorialisé). "Nous ne sommes ni coupables, ni responsables" a insisté Ibrahim Dindar, vice-président du conseil général. Il est revenu sur "la mauvaise gestion" de l'ARAST depuis sa création en justifiant de nombreuses tentatives du Département pour redresser la barre. Il a reçu délégation de quelques salariés de l'Arast s
"La position de l'AGS (association pour la gestion du rĂ©gime d'assurance des crĂ©ances des salariĂ©s - ndlr) est aberrante. De mĂȘme que les accusations portĂ©es contre Nassimah Dindar selon lesquelles elle aurait souhaitĂ© la liquidation de l'ARAST" continue le vice-prĂ©sident du DĂ©partement. Ibrahim Dindar s'est exprimĂ© longuement afin de reporter les responsabilitĂ©s de cette liquidation sur les dirigeants de l'association."Les dirigeants de l'ARAST n'ont cessĂ©, depuis la crĂ©ation de cette structure en 2003, de demander des avances sur trĂ©soreries au DĂ©partement", a affirmĂ© le conseiller gĂ©nĂ©ral. "Nous leur avons apportĂ© ces avances tous les ans depuis 2004. Elles se sont toutes transformĂ©es en subventions d'Ă©quilibre pour compenser les dĂ©ficits".
Pour contrer toute accusation de laxisme quant Ă l'obligation lĂ©gale du DĂ©partement de surveiller la gestion des structures qu'elle subventionne, le vice-prĂ©sident rĂ©sume, documents Ă l'appui, les mesures mises en place afin de remĂ©dier Ă la situation. "Trois procĂ©dures d'alerte ont Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©es par un commissaire au compte entre 2005 et 2007. Le conseil gĂ©nĂ©ral a ensuite diligentĂ© un audit avant de saisir la Chambre rĂ©gionale de la Cour des comptes en 2007. Instance qui n'aura finalement jamais enquĂȘtĂ© sur la gestion de l'ARAST faute de temps" explique-t-il. "Je ne pense pas qu'il y ait eu malversation mais mauvaise gestion" a-t-il conclu.
Accompagné de quelques élus ainsi que de trois dirigeants d'entreprises d'aide à la personne (Proxim'Services, Korbey d'Or et le GIHP), le représentant du conseil général a réaffirmé la volonté du Département de trouver une solution à la situation des anciens salariés de l'Arast.
à noter que depuis deux semaines, 7 anciens salariés de l'Arast ont été recrutés par Proxim'Services. Son directeur, M. Dijoux, évalue à 150 le nombre de ex-salariés que son entreprise pourrait absorber. Il propose aux travailleurs sociaux un premier CDD de six mois qui mÚnerait à un CDI par la suite.
Le GIHP, qui avait fait une offre de reprise de 645 salariés rejetée par le tribunal administratif estime pouvoir progressivement reprendre 320 anciens de l'ARAST en fonction de l'activité. Pour cela, depuis que la liquidation a été prononcée, le groupement d'insertion des handicapés physiques travaille sur une demande d'agrément simple concernant 450 à 500 000 heures de travail.
La société privée Korbey d'Or envisage quant à elle d'embaucher une centaine d'anciens de l'ARAST d'ici à la fin du mois de janvier. Cette derniÚre a mis en place une permanence, 24h/24, 7jours/7 au service des personnes en difficulté qui ne peuvent plus faire appel à l'ARAST.
Certains anciens salariĂ©s de l'ARAST demeurent toutefois rĂ©servĂ©s quant Ă ces propositions. Si le conseil gĂ©nĂ©ral est condamnĂ© Ă intĂ©grer l'ensemble du personnel, cela devra se faire dans les mĂȘmes conditions que celles que proposait l'ancienne structure. "Nous bĂ©nĂ©ficions d'une convention trĂšs adaptĂ©e Ă nos conditions de travail. Je doute que ce soit le cas ailleurs" note Gilles, ancien directeur local de l'Arast.
Par ailleurs, le siĂšge du conseil gĂ©nĂ©ral demeure occupĂ© par une centaine d'anciens de l'ARAST. 600 Ă 700 d'entre eux s'apprĂȘtent Ă porter plainte aux Prud'hommes contre le DĂ©partement afin de contraindre ce dernier Ă intĂ©grer l'ensemble des 1196 ex-salariĂ©s en son sein. Dans le mĂȘme temps, un groupe de 25 anciens de l'Arast ont saisi le mĂȘme tribunal en rĂ©fĂ©rĂ© mais contre l'AGS. Ces derniers exigent que l'AGS leur verse leurs indemnitĂ©s de licenciement. Ce que la structure refuse au motif qu'il revient au conseil gĂ©nĂ©ral d'intĂ©grer les travailleurs sociaux dans le cadre d'une continuitĂ© d'activitĂ© et qu'ils ne sont donc pas licenciĂ©s.
Cette initiative de quelques salariés qui ne sont pas liés à l'intersyndicale provoque des réactions mitigées au sein des manifestants. Si Frederico " s'inquiÚte un peu" de voir leurs deux procédures s'opposer, Alix est quant à lui ravi de savoir que "la pression est mise de toute part". "Toutes les portes sont bonnes à ouvrir. Nous ne pouvons pas occuper le conseil général indéfiniment. Il nous faut trouver une solution" insiste-t-il.
Gilles, l'un des 25 salariés à avoir porté plainte contre l'AGS assure que "la démarche du groupe n'est pas de diviser ou de contrer les salariés qui se retournent contre le conseil général." Il s'agit, pour lui, "de mutualiser tous les recours possibles afin d'arriver à une solution au plus vite". Dans un communiqué publié ce jeudi14 janvier, Pierre Savigny, dirigeant CFDT, s'était également élevé contre la position de l'AGS. "Quel toupet" s'était-il exclamé en insistant sur le fait que les indemnités sont un dû que la structure à obligation légale de verser.
Une commission permanente du Conseil Général se réunira lundi 18 janvier afin de voter les modalités de versement de l'aide d'urgence de 1000 euros promise par Nassimah Dindar, présidente du Département, le 8 janvier dernier.



