Grand espoir de la discipline

VTT descente : Léo Abella, le digne héritier d'un certain Florent Payet

  • Publié le 8 janvier 2024 à 06:07
  • Actualisé le 8 janvier 2024 à 09:52

Troisième de la dernière Mégavalanche à seulement 18 ans, Léo Abella a surtout gagné ses galons de grand espoir réunionnais de la discipline en prenant la troisième place des championnats du monde juniors de DH (descente) en 2023. Comme un certain Florent Payet, vice-champion du monde chez les juniors il y a bientôt vingt ans (2004), qui le voit déjà comme son digne héritier sur le circuit mondial Elite que le jeune Saint-Paulois intégrera en mai 2024 (Photo sly/www.imazpress.com)

 Il a porté à bout de bras le VTT descente à La Réunion. A lui seul, Florent Payet a représenté son île au plus haut niveau, en décrochant une médaille de bronze, par exemple, aux championnats du monde en 2016.

Surtout, monstre de longévité, le pilote originaire de la Montagne a fait partie du gotha mondial pendant dix neuf ans d’affilée, participant à 102 finales de coupes du monde. Un authentique exploit qui a mis en lumière une discipline confidentielle au carrefour des années 2000 à la Réunion.

A 37 ans, Florent Payet est toujours là. S’il se fait encore plaisir sur quelques coupes de France ou d’Europe, il s’est surtout investi dans le coaching de la jeune génération. Et parmi les pilotes en devenir, l’un d’entre-eux, formé dans les structures réunionnaises, est en train de marcher sur ses traces. Son nom, Léo Abella.

A 18 ans, le Saint-Paulois vient de s’illustrer lors de la dernière Mégavalanche, en gagnant les qualifications et en terminant troisième de la finale après avoir été retardé par une chute qui aurait pu lui faire espérer mieux.

Pourtant, l’endurance marathon n’est pas sa spécialité. Mais, sa progression ces deux dernières années a été telle qu’il est devenu un pilote complet capable de se faire remarquer sur des efforts plus longs, de 45 minutes environ, alors que ses qualités le prédisposent d’abord à la pratique de la DH, un effort bref de deux à trois minutes.

- "Il a fait un gros travail physique et mental" -

Ses derniers résultats en descente en ont vite fait l’héritier de Florent Payet. En 2022, il devient champion de France juniors, dès sa première année dans la catégorie.

Cette année, il fait encore mieux. Sacré vice-champion de France juniors, il se distingue au niveau international en se classant troisième aux championnats du monde en Ecosse, et en gagnant une manche du circuit de coupe du monde juniors à Léogang en Autriche. Si bien que Commençal-les-Orres, le Team professionnel qui l’a engagé, lui permettra en 2024 d’intégrer le circuit mondial Elite, où se côtoie la crème des crèmes.

Le gamin formé au BCO puis au Riding Company cher à Olivier Lebeau, le nouveau président de la commission régionale, pourra s’étalonner face aux meilleurs, les Bruni, Vergier et autres Canadiens Goldstone et Iles.

"Je suis super content d’avoir atteint cet objectif, commente l’intéressé. En tant que Réunionnais, c’est une fierté. Je montre que c’est possible de venir d’une petite île et de parvenir au plus haut niveau. Il faut juste en avoir l’envie..."

Et c’est cette envie qui a pu faire douter Florent Payet à un moment donné des capacités du jeune virtuose des pistes à percer au plus haut niveau.

"C’est vrai que Léo était un peu fou-fou, il y a encore quelques années", confie son illustre aîné. Il ajoute "mais entre-temps, je crois qu’il a compris les exigences du haut niveau, ce qu’il fallait vraiment faire pour se battre devant. Il a mis tous les atouts de son côté en travaillant dur, afin d’atteindre ses rêves. Je pense qu’il a fait le bon choix en rejoignant Cédric et Cécile Ravanel qui le coachent désormais en métropole. Il a fait un gros travail physique et mental avec eux"

"Il a performé en juniors. Maintenant, ça va lui permettre de le faire aussi en Elite, même si la transition ne sera pas facile. Car il ne passera même pas par la case U23  puisqu’elle n’existe pas" dit-il encore

- "Il peut faire partie des meilleurs de la nouvelle génération"

Après Florent Payet, membre de l’équipe de France en son temps, Léo Abella intégrera donc à son tour la cour des grands lors de la première manche de la coupe du monde seniors qui se déroulera à Fort William en Ecosse du 3 au 5 mai prochain.

"C’est sa première année parmi l’élite. Il faudra être patient avec lui. Passer les qualifications des coupes du monde et rentrer parmi les trente finalistes serait déjà une belle performance" commente Olivier Lebeau.

"Quand on arrive sur le circuit Elite, il y a pas mal de paramètres qui font qu’une carrière peut basculer d’un côté ou de l’autre, avise pour sa part Florent Payet. Ça se joue sur des détails. Mais clairement, Léo affiche de belles promesses" poursuit Olivier Lebeau.

"Il peut faire partie des meilleurs de la nouvelle génération qui arrive. Commencer sur le circuit à Fort William peut aussi lui convenir. Léo est un pilote très physique et la piste écossaise se prête bien à ses qualités. Ça peut lui permettre d’être dans le coup dès le départ de la saison. Mais attention, la densité de bons pilotes est telle au niveau mondial que ce ne sera pas évident malgré tout" détaille-il.

"Je repars de La Réunion le 11 janvier. Je vais attaquer la préparation hivernale du côté de Fréjus qui sera mon camp de base. Je devrais faire ma première compétition au Portugal en mars, puis je monterai en puissance jusqu’à Fort William" prolonge Léo  Abella,.

Et Florent Payet de conclure : "je me sens proche de lui. En ce sens, on peut parler d’héritier car comme moi, il est très attaché à La Réunion. Il a grandi ici. Il croit en lui et je crois en lui. Il a la volonté de réussir. Il a fait d’énormes sacrifices pour y arriver. Il est sur le bon chemin."

fp/www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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1 Commentaires
Kibboutz
Kibboutz
1 mois

Enfin un long article qui met en avant ce sport.
Avec qui plus est, un espoir local dont on n'a pas fini d'entendre parler.

Merci aussi, de parler d'autres choses que de foot.
Le sport réunionnais est riche, multiple et plein d'espoir.
Mettons le en avant.