Saint-Paul détient le label ville d'art et d'histoire. C'est dans ce cadre que ce vendredi 5 juillet 2024, le temple Mariamman de l'Éperon ouvre ses portes aux Réunionnais, de quelle confessions qu'ils soient. Et ce, pour partager ensemble l'exposition historique d'un patrimoine cultuel et célébrer les 130 ans de ce lieu sacré (Photos : sly/www.imazpress.com)
"Ce temple de l’Éperon détient un trésor inestimable qui est présent depuis bientôt 130 ans", déclare Emmanuel Séraphin maire de la ville de Saint-Paul. Au temple Mariammen de Saint-Gilles-les-Hauts, trône une des premières statues de la déesse, venue directement de l’Inde. Un pan de l’histoire de La Réunion qui fait l’objet d’une exposition au temple de l’Éperon.
"À La Réunion et particulièrement sur la commune, on a de la chance d’avoir des temples, des églises et des mosquées de plus de 100 ans, ce qui représente notre richesse culturelle et cultuelle à La Réunion", rappelle Emmanuel Séraphin. Il ajoute : "Notre label ville d’art et d’histoire permet de valoriser ce patrimoine et particulièrement aujourd’hui dans le temple de l’Éperon".
Avec une évolution fulgurante du quartier, le maire de Saint-Paul constate : "ce temple représente un véritable écrin d’histoire de 1950 à nos jours". Malgré la fermeture des usines sucrières de l’époque : "il reste encore des traces visibles du travail des engagés dans l’île". Regardez
- Un devoir de mémoire -
À l’origine de cette exposition, il y a Franck Sinamalé, un enfant du quartier de l’Éperon devenu historien qui a toujours eu l’habitude de venir au temple avec ses parents. "J’ai toujours été fasciné par les histoires que les anciens racontaient et j’ai voulu le graver dans le marbre", avoue-t-il.
"Quand on m’a demandé il y a quatre ans de ça de travailler sur cette exposition, j’ai tout de suite dit oui", déclare l’historien. Ce dernier ne voulant pas que l’histoire s’éteigne avec les "anciens", il dédie cette exposition tout particulièrement aux jeunes.
"La chapelle de l’Éperon était l’unique temple hindou de la zone, avant même le temple de la Saline-les-hauts", souligne le chercheur. La légende de l’origine du temple se veut pleine de rebondissement, ce qui rendait le travail d'autant plus passionnant.
- Pour que chacun mange à sa faim -
Les premiers engagés indiens en partance pour La Réunion, avait pour simple bagage une sculpture en bois de la divinité Mariammen haute d’un mètre vingt. Les colons de l’époque décidant que ce "bagage" était trop volumineux, forcèrent les Indiens à jeter la déesse par-dessus bord. Un jour, un des engagés eu une vision, montrant la déesse sur la plage de la Saline-les-Bains. Sans autorisation, tous les engagés se précipitèrent sur la plage et découvrirent la déesse échouée sur le rivage.
C’est ainsi que nait le premier temple de l’Éperon pour devenir un symbole du vivre-ensemble sur l’île. Franck Sinamalé rappelle : "dans cette époque où les gens ne pouvaient pas manger à leur faim, les habitants des alentours profitaient de la présence de ce temple pour partager le Candy, la nourriture typique de la déesse Mariammen". Regardez
Le maitre-mot de cette année : le partage. "L’histoire et l’héritage que nos ancêtres nous ont laissés est un savoir qu’il faut partager, on a trop longtemps été renfermé sur nous-même", clame Christophe Soucraye officiant du temple Mariammen de l’Éperon.
"Il ne faut pas oublier que peu importe la religion ou la méfiance, les gens avaient pris pour habitude de venir au temple pour manger, boire et se divertir après les temps de prières", souligne le président de l’association du temple de l'Éperon. Un temple de quartier qui se retrouvait "noir de monde à ce genre d'événement". Regardez
Dans peu de temps, cette exposition devrait bénéficier d'un nouvel emplacement permanent au temple Mariammen de l'Éperon pour permettre aux curieux de pouvoir apprécier ce travail historique en tout temps.
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