Le moringue, art de combat rĂ©unionnais, est encore bien vivace Ă La RĂ©union. Ce sport mĂȘlant danse, gymnastique et combat ayant Ă©tĂ© remis au goĂ»t du jour dans les annĂ©es 80, continue Ă faire son bout de chemin. En effet, ce dimanche 21 juillet 2024 a lieu la demi-finale de moringue au gymnase Cotur sur la commune du Port. CompĂ©tition au cours de laquelle deux finalistes vont se dĂ©partager pour accĂ©der Ă la finale. L'association Somans et le comitĂ© RĂ©unionnais de moringue Ă©tant prĂ©sents, c'est l'occasion pour les plus curieux de s'essayer au moringue entre deux combats (Photo : sly/www.imazpress.com)
"Les face Ă face vont se dĂ©cider directement le jour mĂȘme, car il faut prendre en compte les absents et les catĂ©gories dâĂąge et de poids des combattants. On ne peut pas faire combattre deux moringĂšr qui ont plus de 30 kilos de diffĂ©rence", explique Johnny Lagarrigue du comitĂ© RĂ©unionnais de moringue.
Tous vĂȘtus de blanc â la couleur que portaient les esclaves premiers pratiquants du moringue â les combattants entreront dans le rond pour assurer leur place en finale.
Au total : les six clubs de moringue vont prĂ©senter une douzaine de jeunes licenciĂ©s confirmĂ©s pour des combats qui se dĂ©rouleront sur la journĂ©e. Dâautres participants, des dĂ©butants cette fois-ci, participeront Ă leur premier galo moringue â une initiation Ă lâart de ce combat rythmique qui nâentre pas dans le cadre des championnats.
Au programme :Â

- Une tradition qui a traversĂ© lâoubli -
Et pourtant, mĂȘme si les esclaves avaient lâoccasion de pratiquer le moringue, on oublie presque que ce patrimoine a Ă©tĂ© effacĂ© des mĂ©moires pendant une bonne pĂ©riode de lâhistoire de lâĂźle dans les annĂ©es 1940 / 1950.
NĂ© sur lâĂźle Ă la pĂ©riode coloniale, cet art du combat reprĂ©sentait un loisir pour les esclaves dâorigines africaines et malgaches qui sây adonnaient avec plaisir.
Mais chez les colons et les crĂ©oles de couleur, le son de cloche Ă©tait tout autre : cette parade Ă©tait perçue comme dĂ©gradante - ces derniers pouvant ĂȘtre dĂ©chus de leur statut social en cas de participation.
Un rejet de ces traditions dont les causes restent jusque lors inconnues.
- Un travail de transmission de savoir -
Il faudra attendre entre 20 et 30 ans plus tard pour que le moringue rĂ©apparaisse. Ce second souffle donnĂ© par lâaction du PCR, va permettre de dĂ©mocratiser cette pratique au mĂȘme titre que leur combat menĂ© pour le maloya.
Câest en 1992 que Sudel Fuma et Jean-RenĂ© Dreinaza, dans une optique de conservation de la mĂ©moire et transmission du savoir, vont travailler main dans la main pour raviver la connaissance sur cet art de lâexpression du corps.
Le moringue renaßt sous un nouveau jour : Jean-René Dreinaza, ancien champion de boxe française, modifie certaines rÚgles pour que cette pratique considérée comme un simple combat de rue, devienne un art du combat destiné tout particuliÚrement aux enfants.
Musique, acrobaties et combats : câest ainsi que lâon peut dĂ©crire le moringue, art ancestral de combat Ă La RĂ©union. Aujourdâhui encore, ce patrimoine est toujours ancrĂ© au sein de la sociĂ©tĂ© avec une pratique hissĂ©e au niveau professionnel.
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