Ce jeudi, le Sénat a adopté à l'unanimité la proposition de loi de la sénatrice Audrey Bélim, visant à expérimenter l'encadrement des loyers et adapter les normes de construction dans les Outre-mer. Une victoire saluée par les acteurs économiques et du bâtiment de La Réunion (Photo : rb/www.imazpress.com)
C'est une avancée majeure pour l'habitat ultramarin. Face à une inflation galopante des loyers, jusqu'à +35% à Saint-Denis, et à une crise du logement social touchant 80% des Ultramains éligibles mais sans offre suffisante, la proposition de loi de la sénatrice Audrey Bélim vise à permettre aux communes d'expérimenter un encadrement des loyers dans le privé, sur 5 ans. Inspirée des dispositifs existants à Paris, Bordeaux ou Montpellier, elle prévoit de plafonner l’augmentation des loyers à 20% au-dessus des prix du marché.
Mais au-delà de la régulation des loyers, la proposition de loi s’attaque à une autre problématique majeure : le coût et la disponibilité des matériaux de construction.
"Le dispositif existe déjà en hexagone. Ce n'est pas obligatoire, explique Audrey Bélim. Les communes auront 2 ans pour candidater".
- Vers une construction plus adaptée et moins coûteuse -
Aujourd’hui, les normes de construction en vigueur en Outre-mer sont issues du cadre réglementaire européen, imposant l’obligation du marquage CE pour les matériaux. Une contrainte qui freine l’innovation et alourdit considérablement les coûts, les acteurs étant obligés d'importer des matériaux certifiés depuis l’Hexagone au lieu d’exploiter les ressources disponibles localement.
Le comité référentiel de construction, validé par le Sénat, permettra enfin d’adapter les normes aux spécificités ultramarines en réunissant État, assureurs, industriels et experts du bâtiment.
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Concrètement, si un bois d’Afrique du Sud répond aux mêmes critères qu’un bois de Lettonie, il pourra être utilisé sans certification européenne, réduisant ainsi les coûts et les délais de transport. Un changement qualifié d’historique par la sénatrice Bélim.
- Un enjeu économique, écologique et social -
Pour les professionnels du secteur, cette adaptation normative est une nécessité économique et écologique. Haroun Gany, premier vice-président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat de La Réunion a tenu à remercier la sénatrice d'avoir mené ce combat au Sénat : "Je félicite Audrey Bélim. C'est un moment crucial pour l'habitat à La Réunion".
Stéphane Brossard, président de la commission technique de la FRBTP (Fédération Réunionnaise du Bâtiment des Travaux Publics) a assuré que le sujet anime la filière du BTP depuis plus de 20 ans : "Enfin", a-t-il soufflé. "C'est une révolution pour le bâtiment à La Réunion et nous espérons montrer la voie à d'autres secteurs d'activité".
En plus de réduire les coûts, elle permettra de dynamiser les filières locales tout en limitant l’empreinte carbone des constructions.
De plus, la création de normes spécifiques aux Outre-mer assurera une meilleure adaptation des constructions aux conditions climatiques locales, comme l’a prouvé le lycée des métiers de Mayotte, bâti en BTC (béton de terre comprimé) et ayant résisté au cyclone Chido.
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Le Centre d'Innovation de Recherche du BAtît Tropical (CIRBAT) réfléchit de son côté aux problématiques liées aux changements climatiques et à l'intensification annoncée des cyclones dans l'Océan Indien. "Nous accompagnons notamment des entreprises en mettant à leur disposition des plateformes techniques", précise Frédéric Chanfin, directeur du CIRBAT.
- Prochaine étape : le vote à l’Assemblée nationale -
Si le Sénat a adopté cette loi à l’unanimité, la prochaine bataille se jouera à l’Assemblée nationale. Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, soutient ces mesures et pourrait les reprendre dans une grande loi sur les Outre-mer. La sénatrice Bélim, quant à elle, déterminée, n’exclut pas d’accélérer la procédure pour une adoption plus rapide.
"Les filières économiques et moi-même appelons désormais les députés à inscrire et voter rapidement cette proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Il est en effet urgent de passer à une nouvelle étape et de parvenir à l’adaptation des normes de construction dans les Outre-mer", assure la sénatrice réunionnaise.
"Agir pour le logement, c’est agir pour le pouvoir d’achat", a-t-elle martelé en conclusion, appelant à un soutien massif pour faire aboutir ce texte essentiel pour les Outre-mer.
vg/www.imazpress.com / redac@ipreunion.com
Brava Mme BELIM. Le PS travaille pour la Reunion tandis que d'autre travaille pour zot quota de pêches.
Alléeee .... C'est parti pour nous faire venir des produits de m.... à très bas prix de chine où d'ailleurs, nous faire payer EXACTEMENT le même prix et encaisser des marges encore plus phénoménales.
Condamné à subir tjrs et encore les monopoles familiales déjà en place !!!
Dans quelques années on ne comprendra pas pourquoi les maisons s'envoleront comme celle des petits cochons...
Continuez à croire au père Noël commissions à près commissions, lois après lois, ça ne changera jamais car ça remplit bien trop les poches de ceux qui vous veulent que du bien.
Mr Leclerc a t-il "défoncé" les prix comme il était venue l'annoncer il y a longtemps ? Évidement que non, ce n'est qu'un exemple parmi des centaines depuis le temps que ça dure !!!!!!!!!!!!!!!!!
Le foncier est cher à la reunion
Si on plafonne les loyers il faudrait plafonner aussi le M2 à l achat du terrain
Et plafonner aussi les taxes foncières dans les communes…