Ce jeudi 14 novembre 2024 au Sénat, était débattue une proposition de loi visant à interdire les combats coqs aux mineurs de moins de 16 ans. Véritable tradition à La Réunion, ces combats rassemblent chaque week-end de nombreux Réunionnais au cœur des arènes. Après de multiples débats, le Sénat a décidé de rejeter la demande d'interdiction (Photo : rb/www.imazpress.com)
Le Sénat s’est largement prononcé contre l’interdiction de la corrida et des combats de coqs aux moins de 16 ans.
Les élus ont successivement voté en faveur de deux amendements de suppression des deux articles du texte, avec 254 voix puis 237, avec l’accord du gouvernement qui ne soutenait pas la proposition, précise le Sénat.
Rapporteur de la proposition de loi pour la commission des lois, le sénateur Les Indépendants Louis Vogel estime à ce titre que l’association de la corrida et des combats de coqs dans le texte est inappropriée. "Le combat de coqs est lié à la pratique de paris et est, de ce fait, d’abord réservé aux adultes", affirme-t-il.
Disproportionnée, c’est aussi comme cela que les opposants à la proposition de loi jugent la sanction à laquelle s’exposeraient les organisateurs de ces événements en cas de présence d’un mineur de moins de 16 ans dans le public.
"Telle que la proposition de loi est rédigée, la présence d’un seul mineur de moins de 16 ans transformerait du point de vue pénal un spectacle légal en des sévices graves infligées à un animal, avec des circonstances aggravantes dont celle d’avoir été commises en présence d’un mineur", explique Louis Vogel, un délit qui expose ses auteurs à 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.
L’examen en commission la semaine passée avait déjà rejeté la proposition de loi. Premièrement, selon la commission, le texte est mal adapté aux combats de coqs, notamment dans les départements d’Outre-mer où cette pratique est associée aux paris et concerne principalement les adultes.
"Imposer des contrôles d’accès dans ces contextes serait difficilement applicable et pourrait être mal perçu"; ajoute la commission.
Pour la commission, les corridas et combats de coqs sont des traditions familiales et communautaires, transmises de génération en génération. Interdire aux parents d’emmener leurs enfants à ces événements reviendrait "à limiter leur liberté d’éducation".
C’est au niveau local, en concertation avec les acteurs locaux et les familles, que de telles décisions doivent se faire : " Les règlements taurins adoptés par chacune des municipalités concernées par la pratique de la corrida paraissent être le véhicule adapté tant pour encadrer le fonctionnement des écoles taurines que pour faire évoluer, en fonction du contexte local et du souhait de chaque municipalité dont l’attachement aux corridas diffère, la présence et la participation des mineurs à ces spectacles."
- L'élue défend la limitation au nom de la protection de l’enfance -
À l'initiative de cette demande, la sénatrice macroniste Samantha Cazebonne. L'élue défend la limitation de l’accès aux corridas et combats de coqs au nom de la protection de l’enfance.
"Quelle place une scène de violence où un taureau souffre doit-elle avoir pour un enfant de 5 ou de 14 ans ? Est-il acceptable que les mineurs soient témoins de la souffrance d’un être vivant, alors que leur compréhension des valeurs de compassion et de bienveillance est encore en pleine formation ?"
Samantha Cazebonne entend "aller jusqu’au bout" pour faire adopter son texte. "Beaucoup de pays voisins, en Amérique du Sud, au Portugal ou en Catalogne, où ces traditions sont beaucoup plus ancrées, ont eux-mêmes légiféré sur le sujet. Pourquoi serions-nous les derniers à vouloir protéger nos enfants ?", s’interroge la sénatrice.
????#DirectSenat ❌ Le Sénat a voté des amendements de suppression des articles. Le débat est clos avant d'avoir pu réellement commencer
— Samantha Cazebonne (@scazebonne) November 14, 2024
Merci à tous les cosignataires et à celles et ceux qui ont voté à mes côtés pour protéger les enfants ! Nos opposants n’ont pas fait ce choix ! https://t.co/Tx5M9MJLZl
- Une tradition ancrée à La Réunion -
En France, les combats de coqs bénéficient de dérogations légales. Alors que les sévices sur les animaux sont interdits, les articles 521-1 et 522-1 du code pénal permettent ces pratiques dans des régions où elles sont considérées comme des traditions "ininterrompues", comme à La Réunion.
En 2015, le Conseil constitutionnel a en revanche prohibé l’ouverture de nouveaux gallodromes en France, ce que certains contournent à La Réunion en créant des associations Loi 1901 leur permettant d’organiser des combats dans une semi-légalité.
Spécificité de La Réunion : pas de combat à mort. À la différence d’autres régions du monde, les éleveurs n’équipent pas leurs animaux d’éperons aiguisés qui tuent en quelques minutes.
De quoi évacuer d’un revers de main les accusations de souffrance animale, selon les passionnés.
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... notre barbarie, nous l'a fait ! ! !
imbécile, l'esclavage aussi était la coutume, faut évoluer, mais c'est vrai y a que le fric qui compte on dirait
Que cette senatrice aille voir ailleurs. Le batay coq c notre coutume, notre ambiance, notre heritage.