Trafic routier

A Savanna (comme ailleurs) les embouteillages n'en finissent plus

  • Publié le 25 septembre 2023 à 12:08

Des embouteillages, toujours des embouteillages…Matin et soir, les Réunionnais se retrouvent coincés dans leur voiture, et ce qu'un accident soit survenu ou pas. Et si l'on parle beaucoup des galères pour accéder au chef-lieu ou à Saint-Pierre, l'ouest n'est vraiment pas épargné, notamment au niveau de Savanna à Saint-Paul (Photo d'illustration rb/www.imazpress.com)

Les bretelles d'insertion et de sortie de Savanna sont le cauchemar de tous les automobilistes qui doivent passer par Saint-Paul.

Chaque matin, les embouteillages débutent un peu avant 6 heures. "La congestion se forme au niveau de l’échangeur de Savanna, avec une bretelle d’insertion saturée, et remonte en moyenne jusqu’à l’échangeur de Plateau Caillou" précise le centre réunionnais de gestion des routes (CRGT).

Environ 5 km d'embouteillages se forment quotidiennement, avec quelques pics visibles parfois avant le tunnel Cap Lahoussaye, ce qui ajoute plus d'un km et demi de bouchons. Ces embouteillages se résorbent aux alentours de 9 heures.

- Eternel recommencement -

Le soir, l'histoire se répète…dans l'autre sens. Les embouteillages débutent vers 15h, et "la congestion se forme au niveau de l’échangeur de Savanna, avec une bretelle de sortie saturée, et remonte en moyenne jusqu’à l’échangeur du Sacré Cœur" détaille le CRGT.

Ce qui représente environ 4 km, auxquels on peut ajouter quelques pics certains après-midis à l’échangeur de la Possession ce qui ajoute…5 km sans évènement apparent. Le bouchon se résorbe vers 18h30 généralement.

Et tout cela arrive lors d'une journée normale. En cas d'accident, on peut souvent arriver à 10, voire 15 km de bouchons. Un véritable enfer pour les automobilistes.

"Les embouteillages dans la zone de Cambaie sont récurrents, ils durent depuis plus de 20 ans. Les choses n'ont pas jamais vraiment évoluées, malgré la mise en place de nouveaux axes de circulation comme la route des Tamarins par exemple" se plaint Fatima, qui emprunte régulièrement cet axe.

- Long exercice de patience -

"Se rendre à Saint-Paul ou plus dans le sud lorsque l'on est en provenance de Saint-Denis, de la Possession ou du Port relève d'un long exercice de patience, surtout à partir du début d'après-midi, y compris le samedi" abonde Clément, qui fait la route quotidiennement.

"On doit faire face à des km de bouchons sans que l'on sache vraiment pourquoi si n'est que nous avons affaire à un manque de voies de circulation : la zone commerciale de Savannah voit passer des milliers d'automobilistes qui se rendent dans les différents commerces ou pour avoir accès à la plaine Saint-Paul. Les voiries sont nettement sous dimensionnées" observe-t-il

Pour tenter de résoudre le problème, de nombreux travaux ont été réalisés dans la zone ces dernières années. "Dans le sens nord/sud, nous avons réalisé d'une voie d'entrecroisement Cambaie/Etang et plus récemment une bretelle de sortie plus longue accessible dès la sortie du pont de la rivière des Galets" indique la Région.

"Dans le sens nord/sud, des travaux sont en cours pour le doublement de la bretelle de sortie de Savanna" ajoute-t-elle. Enfin, " à court terme (fin 2023-mi 2024) de nouveaux travaux très importants sont programmés sur la zone Cambaie/Savanna avec la mise à 2X3 voies de cette section sur tout son linéaire et dans les deux sens."

- Le chef-lieu, haut-lieu des embouteillages -

Malheureusement pour tout le monde, c'est toute l'île qui est congestionnée matin et soir. "En période hors vacances scolaires, sur les axes principaux ‘sensibles’, nous dépassons largement le seuil de saturation des voies estimé à 2 000 véhicules/h pour un réseau 2x2 voies, d’où la formation de congestion en heure de pointe" explique le CRGT.

La commune de Saint-Denis est particulièrement touchée par cette problématique. Aux heures de pointe du matin, on retrouve de façon récurrente des congestions sur l'entrée Est de Saint Denis.

"Cela débute avant 6h, la congestion se forme en moyenne entre Quartier Français Sainte Suzanne et ravine des Chèvres Sainte Marie, pour environ 7 km de bouchon. Puis aux alentours de 7h c’est un bouchon continu qui se forme depuis Quartier Français jusqu’au secteur des Banians sur le front de mer Saint Denis soit une vingtaine de kilomètres avec des zones roulantes. Le bouchon se résorbe aux alentours de 9h30" détaille-t-il.

Le boulevard Sud est aussi concerné, avec des bouchons visibles à partir de 6h30, et ce jusqu'à 9h. "D’après les remontées d’usagers, la circulation se fait très difficilement dans les deux sens" souligne le CRGT. Le boulevard Lancastel est évidemment concerné, dans le sens nord/est, avec environ 3.5 km d'embouteillages, qui se résorbent vers 9 heures.

L'après-midi, "la congestion de forme en raison de la section à feux sur la rue Léopold Rambaud aux alentours de 15h30 sur le boulevard Lancastel" précise le CRGT. "Il remonte en moyenne au carrefour avec la rue Labourdonnais sur environ 3,5 km. Il se résorbe vers 18h30."

La sortie Est de Saint-Denis commence à bouchonner vers 16h20. "La congestion se forme au niveau de l’échangeur des Jacques et du Verger (bretelles de sortie). Il remonte en moyenne à l’échangeur de Gillot sur environ 4 km. Il se résorbe vers 17h30" précise le centre de gestion.

Enfin, sur le boulevard Sud, "les bouchons sont visibles à partir de 16h00 et la route est congestionnée jusqu’aux alentours de 18h30 voire 18h45".

- Le sud tout aussi embouteillé –

Entrer et sortir de Saint-Pierre peut s'avérer tout aussi chronophage. Le matin, les embouteillages débutent vers 7h10 dans le sens nord/sud.

"La congestion se forme d’abord à l’échangeur de Pierrefonds (bretelle de sortie saturée), ensuite au niveau de l’entrée du pont de la rivière Saint Etienne (bretelle d’insertion de l’échangeur de Bel Air saturée)" souligne le CRGT. "En moyenne le bouchon remonte dans la zone des Sables à l’Etang Salé, sur environ 6 km. Le bouchon se résorbe vers 8h40."

A noter que, "sans raison apparente, certains matins on observe que ce bouchon remonte au secteur du Gouffre à l’Etang-Salé, ajoutant 4km de bouchons, qui se résorbent beaucoup plus tard dans la matinée".

Sur la RN3 Saint-Pierre sens descendant, la congestion débute vers 7h10 et se forme au niveau de l’échangeur de Mon Caprice, en raison de la bretelle d’insertion saturée. Les bouchons remontent en moyenne au secteur des 400 sur environ 4km, et se résorbent vers 8h30.

Le soir, dans le sens sud/nord, le bouchon débute vers 16h20, et la congestion se forme au début du pont de la rivière Saint Etienne et remonte en moyenne à la Ravine des Cabris sur environ 4.5 km avec zones roulantes. Il se résorbe vers 17h30. "Certains après-midis, le bouchon remonte à la RN3 boulevard Banks, dans ce cas le bouchon se résorbe plus tard" note le CRGT.

Enfin, si le trafic est plus clément dans l'est de l'île, des bouchons se forment tout de même sur la RN2 Saint-Benoît Bras Canot dans le sens nord/est. "Ils débutent vers 7h10 et se forment au carrefour de Bras Canot. Le bouchon remonte en moyenne à la fin de la 2x2 voies sur environ 1,5 km. Il se résorbe vers 9h00 et reprend en fin de matinée" détaille le centre de gestion.

Le soir, la congestion débute vers 15h30 et se forme au carrefour de Bras Canot. "Elle remonte en moyenne à la fin de la 2x2 voies environ 1,5 km. Il se résorbe vers 17h40 et reprend en fin de matinée" précise le CRGT.

- Quelles solutions ? –

Les travaux sont constants sur les routes, mais malgré cela il devient de plus en plus difficile de contenir le nombre toujours plus important de voitures sur l'île.

Dans les mois à venir, d'autres chantiers sont prévus :

"Les questions liées aux mobilités constituent un enjeu fondamental pour l’avenir de notre île, tant d’un point de vue du développement économique que de la transition énergétique, et ont un impact certain sur le quotidien de chaque Réunionnais" note la Région, interrogée par Imaz Press.

"Particulièrement sur notre territoire, où le manque criant de transport en commun et les multiples points de congestion routiers se font ressentir depuis beaucoup trop d’années, il y a urgence à agir. C'est la raison d'être des Etats Généraux de la mobilité, initiés et pilotés par la Région Réunion" rappelle-t-elle.

"Il y a aussi une volonté de la collectivité de développer les modes doux (développement des VVR sur plusieurs zones de l'île), les aires de covoiturage et parkings relais (je vous joins une petite carte récapitulative ), et les voies bus (St Paul/Ste Marie/Ste Suzanne/St Denis/NRL etc.)" conclut le CRGT.

Lire aussi : Transports : les citoyens consultés dressent un tableau assez sombre des mobilités sur l’île

as/www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

guest
9 Commentaires
MarieM
MarieM
5 mois

Il faut envoyer tous les décideurs dans les pays souvent très peuplés et où les routes sont super bien conçues. La France n’est pas un modèle. Mais les pontes techniques sont formés à l’ENPC Ponts et Chaussées donc en France. Pas de solution sur 100 ans et plus !

Alain
Alain
5 mois

Merci Bleep, tellement vrai!
La région et la mairie ont commencé le sale boulot il y a quelques années en rasant une foret classée au profit d'un entrepôt le long de la 4 voies à coté de l'Urcoopa. Puis se fut le tour du merlon à l'entrée lu lotissement Ylang, là aussi, bulldozer vs arbres....et maintenant ce que vous décrivez. Région plus écolo sans DR? pas sur....!

always on the road
always on the road
5 mois

Arrêter de présenter la voiture individuelle comme symbole de réussite sociale, généraliser le télétravail (agent de la région, je constate que Mme Bello fait tout son possible pour arrêter le télétravail au sein de la collectivité, qui par ailleurs, a la compétence des routes les plus empruntées !!!), penser autrement l'aménagement du territoire.... mais aucun homme politique digne de ce nom, à la Réunion...

Don corleone
Don corleone
5 mois

faut vendre en plus de voitures, on multipliera ce chiffre par 4 !!!

cherchez l'erreur
cherchez l'erreur
5 mois

les services publics réduisent leurs effectifs puis contraignent leurs agents a circuler aux 4 coins de l'ile en mobilité forcée pour palier aux manques...

les entreprises disent vouloir reduire le télé travail...

on se souvient que verges disait que la route des tamarins allait permettre de creer de nouveaux quartiers

KZU
KZU
5 mois

multiplier les solutions aiderait grandement : transports en commun performants (Maurice y arrive, pourquoi pas nous ?), développement des deux roues (vélo, comme moto) en supprimant l'octroi de mer par exemple.

jean peuplu
jean peuplu
5 mois

En voyant le comportement d'une partie de nos concitoyens, il est normal que cela provoque des embouteillages. Lorsque l'on a une sortie ou une voie d'insertion, que bon nombre de gens empruntent pour resquiller, pour passer devant, allant même a forcer le passage après la fin de la voie d'insertion.... comment voulez vous que tout cela fonctionne? Le manque de respect et de discipline sont une bonne partie de l'explication. Observez d'ailleurs que lorsqu'on sort d'une zone ou il y a des sorties et des voies d'insertions, magie! l'embouteillage se dissipe aussi tôt! L'état a besoin d'argent? il s n'ont qu'a faire des contrôles et verbaliser ce genre de comportements.
J'aimerais pour finir rappeler une chose sur l'utilisation des voies d'insertions, aussi appelées voies d'accélération. Ils faut bien accélérer sur ces voies et aller jusqu'au bout (pour avoir le temps d'accélérer eh oui...) non pas en sortir au début et a 70 km.... Et lorsque ça bouchonne, par respect pour les gens qui font la queue, c'est la bien l'inverse qu'il faut faire, s'insérer le plus top possible et non pas aller jusqu'au bout pour au final forcer le passage.
Le respect est il une valeur d'un autre temps?

Bleep
Bleep
5 mois

Rajouter des voies à Savanna est un massacre écologique. Ils ont rasé la forêt. Il y avait des endormis, des lapins, du petit gibier, c'était agréable de se promener là. Lorsqu'il y a eu la concertation publique on était quelques opposants, pour empêcher ça et arrêter le goudron. On nous faisait comprendre qu'on avait tort et que ça se ferait quand même. J'espère que l'histoire se souviendra d'eux. La forêt a cet endroit formait une barrière sonore pour les gens qui habitent l'étang d'un côté, pour protéger d'expobat de l'autre. Maintenant on entend les voitures en permanence à l'étang, et la musique d'expobat jusqu'à bois de nèfles. Tout ça pour la voiture? Honte aux décideurs et à tous ceux qui sont seuls dans leurs grosses voitures (80% des gens).
Je n'ai pas de problème d'embouteillages. Je suis en vélo ou en moto.
Les bouchons ce sont les autres. Je ne comprends même pas qu'on ai le droit d'acheter des pickups énormes ou tous ces SUV sur cette île.

leon
leon
5 mois

On ne résoudra ces problèmes qu'en recherchant des solutions vraiment efficaces : voies réservées avec radars covoiturage et parkings en nombre suffisant, vrai réseau de transports en commun rapides et ponctuels.